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Alerte rouge ! Depuis janvier, les prix des matières plastiques se sont littéralement envolés : + 16 % pour le polyéthylène téréphtalate (PET), + 30 % pour le polypropylène (PP), le polyéthylène (PE) et le polychlorure de vinyle (PVC), + 70 % pour le polystyrène (PS). Les causes de ce phénomène sont connues : prix du pétrole, instabilité géopolitique de certains pays fournisseurs de brut, forte demande en provenance des pays asiatiques qui, comme la Chine, doivent « nourrir » leur croissance boulimique (lire notre enquête du n° 721). Mais il y a un fait nouveau. Selon la majeure partie des conjoncturistes, ces hausses, auparavant cycliques, s'inscrivent maintenant dans la durée. En clair : les prix pourraient ne plus baisser. C'est justement la raison qui a amené la Chambre syndicale des emballages en matière plastique (CSEMP) et l'Union nationale des industries de transformation de l'emballage souple (Unites) à tirer la sonnette d'alarme. Dans un communiqué commun, les deux organismes déclarent que « les industriels ne peuvent pas durablement exercer leur activité si les hausses de matières premières ainsi que celles de l'énergie ne sont pas répercutées ». Faut-il encore rappeler que, outre les résines, le prix de l'énergie a lui aussi gonflé de près de 15 % et que de nombreux composants utilisés par les industriels tels que la colle et les encres sont également à la hausse. Bref, le message est clair : les prix des emballages fabriqués à partir des matières plastiques augmenteront. Une augmentation qui, par ricochet, sera forcément répercutée sur les prix à la consommation à moins que les conditionneurs décident, s'ils en ont encore les moyens, de financer ces coûts supplémentaires en rognant sur leurs marges. Or, en amont, ces mêmes conditionneurs, sont vivement priés par le ministre de l'Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy de réduire leurs prix.

Alternative. Difficile pour autant d'entrevoir d'autres issues. Du moins pour le moment. Les bioplastiques qui, comme l'acide polylactique (PLA) sont issus de ressources agricoles renouvelables tel que le maïs, représentent, certes, une alternative aux plastiques d'origine fossile, mais ils sont encore trop chers et ne couvrent pas, du fait de leurs propriétés intrinsèques, l'ensemble des applications. Les opérateurs devront donc s'adapter. Les intérêts en jeu sont considérables. Rappelons que le plastique est le troisième matériau d'emballage en France avec environ 1,9 million de tonnes en 2003. Et que 2,3 milliards de mètres carrés d'emballage souple ont été utilisés sur le marché au cours de la même année. Les deux filières représentent plus de 350 entreprises et près de 42 000 salariés pour un chiffre d'affaires cumulé qui dépasse les 6,1 milliards d'euros.

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