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« Une barquette en PLA compactable à 70 % »

PROPOS RECUEILLIS PAR ARNAUD JADOUL PHOTOS : LAURENT GILLIÉRON/KEYSTONE
Un produit bio dans un emballage bio, tel est le concept proposé par Mont Blanc Bio, qui vient d'être récompensé par un Oscar de l'emballage dans la catégorie environnement. Dans une logique de développement durable, la jeune société propose en effet l'ensemble de ses salades et crudités biologiques de IVe gamme dans des sachets et barquettes en acide polylactique (PLA), un polymère biodégradable fabriqué à partir d'amidon de maïs.

Pourquoi avez-vous choisi des emballages biodégradables ?

Notre entrée sur le marché de la IVe gamme avec une production biologique était motivée par la rareté de l'offre en France. Mais, pour aller au bout de la démarche écologique, en réduisant significativement les impacts des emballages liés à leur fabrication et à leur recyclage, nous démarquer aussi de l'existant, les matériaux couramment utilisés ne pouvaient pas convenir.

L'acide polylactique constituait-il le seul matériau utilisable ?

J'ai d'abord opté pour l'APET, qui est le plastique le plus propre. Mais c'est un plastique. Le bois était techniquement exclu. La cellulose ne tient pas à l'humidité et n'est pas thermoformable. Il ne restait que le PLA, malgré quelques problèmes techniques de perméabilité à l'oxygène et de tenue à la chaleur et au froid, handicapants pour le stockage des barquettes préformées en particulier.

Pourtant, son prix est élevé...

Quand nous avons commencé l'étude sur les différentes solutions, le PLA était six fois plus cher que le polypropylène. Aujourd'hui, c'est à peine le double. Et la différence ne pourra que se réduire quand Cargill-Dow produira à pleine capacité.

Que vous apportent ces emballages ?

Ils sont complètement en adéquation avec notre stratégie. Le matériau est biodégradable à 100 % en 45 jours seulement. Il est autosoudant, ce qui évite d'utiliser des colles. Il offre aussi une excellente transparence, une brillance bien supérieure à celle du PVC, et il ne nécessite aucun traitement antibuée. Le seul inconvénient, mineur cependant, provient du bruit et de la tendance au froissement.

Ce biopolymère présente-t-il des difficultés particulières de mise en oeuvre ?

Outre la perméabilité à l'oxygène, parfaitement solutionnée puisque nous proposons une DLUO de neuf jours, identique aux emballages traditionnels, le film est plus difficile à thermoformer. Le problème est d'autant plus complexe que je voulais une barquette compactable à plus de 70 % par simple pression. Le film d'operculage, pelable, est également très fragile, il ne tolère aucun à-coup sur la machine, sinon il se déchire. Il a fallu entre trois et douze mois pour surmonter toutes ces difficultés. C'est pourquoi les premières barquettes étaient en APET.

Comment une petite entreprise peut-elle réaliser de tels développements ?

En travaillant à l'économie, en utilisant par exemple les mêmes moules pour toutes les tailles de barquettes et, avec l'aide de nos fournisseurs, qui ont pris en charge certaines opérations. Mais nous avons tout de même investi plus d'un million d'euros dans ce projet, sans recevoir la moindre subvention.

Absence de filière de traitement des déchets, risques liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM)..., le PLA est de plus en plus critiqué. Que répondez-vous à ses détracteurs ?

Les arguments ne manquent pas. Il s'agit d'une matière première végétale, totalement renouvelable, à la différence du pétrole. La production de film en PLA requiert deux fois moins d'énergie que celle d'un film classique. L'utilisation du maïs favorise une économie agricole durable. La biodégradabilité complète du film en 45 jours seulement, par compostage, évite l'incinération des déchets. Enfin, le compost peut enrichir de nouvelles plantations. En ce qui concerne le tri et le compostage, on ne pourra faire l'économie de l'organisation de la filière. D'autres pays l'ont fait. Cela ne doit pas nous arrêter. Les stations-services n'existaient pas quand le moteur à explosion a été inventé. Quant au risque OGM, c'est un faux problème puisque l'ADN est détruit lors de la polymérisation. Treofan nous garantit néanmoins un maïs à 75 % non-OGM. Si l'on veut une filière propre à 100 %, il faut d'abord faire fonctionner celle-ci. C'est la politique des petits pas.

Avez-vous déjà pu mesurer l'impact du conditionnement sur les ventes ?

L'accueil très favorable que nous ont réservé la grande distribution et les visiteurs au Sial et à Emballage 2004 montre que nous sommes en phase avec le marché. D'ailleurs, l'objectif de la société est, à court terme, d'adopter le PLA pour l'ensemble de ses conditionnements, Ire et IVe gamme. n

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