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Henri Saporta

Le Point vert représente environ 400 millions d'euros de recette.

Deloitte estime que 70 millions d'euros sont gelés.

Des conclusions sévères : ainsi se résume l'audit, dévoilé par Pro-Environnement.com, sur la gestion d'Eco-Emballages commandé au cabinet Deloitte par le ministère de l'Ecologie. Pour mémoire, à la fin de l'année 2008, la découverte de placements hasardeux chez Eco-Emballages avait entraîné l'éviction de Bernard Hérodin, le directeur général de l'organisme agréé pour la gestion du Point vert. Il avait été également demandé un audit sur la gestion de l'entreprise. Société anonyne avec mission de service public agréée pour la valorisation des emballages ménagers, Eco-Emballages reverse aux collectivités territoriales le montant du Point vert versé par les entreprises. Soit plus de 400 millions d'euros en 2008. Comme il y a un décalage important entre la collecte du Point vert et le versement des soutiens, Eco-Emballages gère, depuis plusieurs années, d'importantes réserves.

Perte potentielle. Deloitte chiffre entre 23 et 70 millions d'euros la perte potentielle de trésorerie. Les placements à risque semblent relever d'une pratique ancienne : 34 millions d'euros à fin 2001 contre un maximum de 300 millions atteints fin 2006. Directeur financier de 1992 à 2003 puis directeur général de 2003 à 2008 après le départ d'Eric Guillon, Bernard Hérodin est présenté comme un spécialiste de la finance. Pour l'occasion, il était conseillé par un ami financier : Michael Kraland avait créé France Trinity Capital Partners, qui avait perdu son agrément bancaire en août 2002.

Fonds très spéculatifs. Environ 43 % des réserves d'Eco-Emballages ont été placés sur des fonds très spéculatifs gérés par le suisse Primores. Eco-Emballages détenait 37 % de Primores Opportunity ainsi que 13 % de Primores Growth, domicilié aux Iles Caïman. Le rapport pointe le décalage entre la prise de risque et le gain réel : alors que les placements ont été profitables jusqu'en 2007, la rentabilité s'est élevée à 4,3 %, contre 3,9 % pour une Sicav monétaire classique. Avec la dégradation de la situation en 2008 puis la crise financière, quelque 70 millions d'euros ont été gelés. Deloitte préconise de provisionner 50 millions.












 

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