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Recyclage du papier : point de salut hors de l’emballage

Recyclage du papier : point de salut hors de l’emballage

La mission d’information parlementaire consacrée à la filière du recyclage du papier a remis son rapport à la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale. -

Au mois de janvier 2021, la mission d’information parlementaire consacrée à la filière du recyclage du papier a remis son rapport à la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale. Initiée en juillet 2020, cette mission, présidée par Isabelle Valentin, députée de la Haute-Loire (LR) avec pour rapporteure Camille Galliard-Minier, députée de l’Isère (LaREM), a été notamment déclenchée par la fermeture en octobre 2020 de l’usine UPM Chapelle-Darblay de Grand-Couronne (Seine-Maritime) qui avait pour spécialité le papier journal entièrement constitué de fibres recyclées. Soit la perte d’un débouché majeur dans la logique du recul structurel des applications graphiques... Cette fermeture conduit donc « à s’interroger sur les mesures concrètes qui pourraient être mises en œuvre afin, au-delà du cas de cette usine, d’accroître l’utilisation en France de papiers et cartons destinés au recyclage ». Une autre mission, menée en octobre 2020 par le consultant Alain Tripier, évoquait les papiers pour ondulé (PPO) comme reconversion pour Chapelle-Darblay. Détaillant les déséquilibres en graphique, emballage et hygiène, les rapporteurs soulignent néanmoins que la papeterie française n'agit pas en filièreL'absence de repreneurs pour Chapelle-Darblay, l'usine a été fondée en 1927 sous le nom de Sonopa, illustre, selon la mission parlementaire, les conséquences d'un fonctionnement en « silos ». 

Déséquilibres persistants

Pire ! La cellulose est écartelée entre trois comités stratégiques : « bois », « chimie et matériaux » et « transformation et valorisation des déchets ». Un constat déjà formulé par la mission conduite par Serge Brady en... 2014. Dans sa vingtième recommandation, la mission plaide logiquement pour la création d’un comité stratégique de la filière cellulose. L’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel) pointe les faiblesses du rapport des parlementaires dans la mesure où les vingt recommandations ne permettent pas de répondre précisément aux déséquilibres persistants entre l’offre de papiers et cartons à recycler (PCR) et une demande éclatée en raison de la spécialisation des productions. « À titre d’exemple, une politique d’achats publics de papier bureautique recyclé ne résoudra pas la situation d’excédents de collectes des collectivités locales, pour la simple raison que les « vieux papiers » issus de la collecte municipale ne sont pas utilisés pour produire du papier bureautique recyclé », souligne Copacel. Le rapport détaille avec précision la logique complexe des « sortes papetières ». Dans une analyse de 2017, l’Agence de la transition écologique (Ademe) détaillait ainsi les quatre facteurs qui régulent le recyclage des PCR : les adéquations entre quantité, qualité, délai et prix.

Contact alimentaire

Les rapporteurs évoquent également l’équilibre délicat à préserver entre exploitation du bois de la forêt française et progression du recyclage et invitent, même si les PPO constituent déjà le principal débouché pour les PCR, les papetiers à prendre le train de la substitution du plastique et du commerce en ligne. En ce qui concerne l’emballage en général, le rapport souligne l’enjeu crucial du contact alimentaire (Recommandation n° 14). « Le représentant du Bureau européen des associations de consommateurs (Beuc) auditionné par la mission d’information a en effet insisté sur l’absence de critères précis permettant l’applicabilité de ces règles au papier et au carton », indique le rapport. Dans sa quinzième recommandation, la mission salue l’engagement du Centre technique du papier (CTP) de Grenoble (Isère) qui promeut notamment la chromatogénie. Conclusion, l’emballage, soit les papiers, le souple, la cellulose moulée ainsi que les cartons plat et ondulé, « semble constituer en grande partie l’avenir de la production papetière à base de fibres recyclées ». Score carbone et analyse de cycle de vie (ACV) doivent valider les démarches sur le plan de l'environnement.

Compétitivité

Mais, pour Copacel, le désaccord majeur est économique : « la question de la compétitivité de l’industrie papetière n’est qu’effleurée, alors même qu’il s’agit d’un élément central ». A noter que l'avenir - en pointillé - de l'usine de production de pâte à papier de Tarascon (Bouches-du-Rhône) n'est pas abordé. Président de l’organisation professionnelle, Philippe d’Adhémar conclut : « c’est par l’amélioration de la compétitivité des entreprises et le développement des capacités de production de l’industrie papetière que notre pays sera en mesure de valoriser davantage de papiers et cartons collectés et triés ». L’industrie papetière française assure le recyclage de près de 5 millions de tonnes de papiers et cartons, pour un taux de recyclage global de près de 80 %. 67 % de ses approvisionnements proviennent du tri et de la collecte auprès des ménages. Soit plus de 500 millions d’euros versés par le biais de Citeo aux collectivités locales. 

Découvrez le rapport parlementaire

Découvrez le projet de reconversion de Chapelle-Darblay exposé par la Confédération générale du travail (CGT) devant le Conseil économique, social et environnemental (Ceser) de Normandie en mai 2020.

Découvrez le rapport de l'Ademe de 2017 sur les sortes papetières 

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