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Dossier

Quand les plastiques se passent du pétrole

Tiziano Polito

En novembre dernier, la filiale australienne de Cadbury annonçait avoir choisi une barquette en plastique biodégradable hydrosoluble pour ses chocolats. Une décision commentée ainsi par l'entreprise : « Ce n'est qu'un début mais, avec ce geste, nous espérons contribuer à la réduction des déchets d'emballages sur la planète ». Le matériau constitutif de la barquette, baptisé Plantic par la société australienne éponyme qui en est à l'origine, est obtenu en mélangeant des molécules d'amidon de maïs avec d'autres composés organiques, et présente la particularité de se dissoudre totalement au contact de l'eau. Ainsi, une fois accomplie sa mission, l'emballage disparaît comme s'il n'avait jamais existé. Pas de déchets et moins de pollutions donc.

Si d'aucuns peuvent voir dans ce lancement un « coup » publicitaire de Cadbury, nous sommes pourtant loin de l'épiphénomène... Le Plantic ne fait que s'ajouter à la liste, déjà bien garnie, des polymères biodégradables, hydrosolubles ou pas, qui commencent à faire leurs preuves dans l'industrie du conditionnement. C'est le cas du NatureWorks de l'américain Cargill Dow, du MaterBi de l'italien Novamont et, en général, de tous les dérivés de l'acide polylactique (PLA) utilisés dans la fabrication de barquettes, films, sachets et vaisselle jetable.

Alors que, sur un plan purement technique, les biopolymères atteignent des performances similaires à celles des plastiques traditionnels tels que le polyéthylène, mais en étant encore plus coûteux, faut-il encore rappeler que les principaux avantages liés à leur utilisation sont d'ordre environnemental ? Issus de denrées agricoles renouvelables et disponibles à bon compte, comme le maïs, la pomme de terre ou la betterave, ils constituent d'abord une alternative valable aux produits obtenus de ressources fossiles qui, par définition, sont limitées. En deuxième lieu, leurs procédés de production ne sont pas polluants et émettent moins de gaz carbonique que les plastiques issus des hydrocarbures. Enfin, le compostage permet de régler le problème de l'élimination des déchets.

Outils de marketing

Les entreprises ayant décidé de franchir le cap des emballages biodégradables ont bien compris que cet argumentaire pouvait leur servir pour des fins de marketing. En Italie, par exemple, Iper et Coop, deux chaînes de supermarchés qui ont choisi de conditionner leurs produits frais en PLA, ne se limitent pas à indiquer sur une étiquette que leurs barquettes sont compostables mais organisent régulièrement des campagnes d'affichage voire des animations sur les lieux de vente pour sensibiliser le public.

Si l'objectif est de motiver le consommateur à effectuer un achat en faveur de l'environnement, quitte à payer le produit un peu plus cher, ces opérations valorisent en même temps l'image de marque de l'entreprise. Et ça marche. En un an, Coop et Iper ont multiplié respectivement par 10 et par 22 le nombre de références conditionnées en PLA. Cette spirale vertueuse, qui voit d'un côté une entreprise « citoyenne » et de l'autre un consommateur « responsable », a du mal à se développer en France. Et ce malgré le fait que l'environnement soit au centre des préoccupations de tous les acteurs de la chaîne. Comme le constate Stefano Cavallo, directeur du développement pour l'Europe du Sud de Cargill Dow : « La grande distribution est très intéressée par les conditionnements biodégradables mais personne n'a envie de faire le premier pas de peur d'échouer ». A l'heure du développement durable, les conservatismes seraient-ils encore de mise ?

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