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Economie circulaire

Quand la caséine renforce le papier

Quand la caséine renforce le papier

Lactips lance Plastic Free Paper, une enduction offrant une barrière au gaz et aux graisses et de la soudabilité sans compromettre la recyclabilité de la cellulose. - 

Substituer les films à base de plastique par des matériaux comme le papier, réputé plus en phase avec l’environnement : les initiatives se multiplient dans ce domaine, poussées par une réglementation toujours plus contraignante et une forte attente du public. Encore faut-il que le papier permette de remplacer effectivement les polymères en assurant les barrières fonctionnelles et les propriétés mécaniques qu’il ne possède pas au départ. Lactips apporte sa pierre à l’édifice en proposant, au travers de celle qu’il désigne comme une solution de couchage de matrice cellulosique, une barrière aux graisses et aux gaz – à l’oxygène en particulier – tout en assurant la soudabilité du papier, sans pour autant en compromettre sa recyclabilité. « Les emballages en papier ont le vent en poupe, c’est certain, mais, à bien voir, une bonne partie d’entre eux contiennent des adjuvants ou des produits chimiques qui limitent leur recyclabilité ou empêchent leur biodégradabilité », indique Marion Vincent, responsable marketing de l’entreprise. Et de préciser « Notre revêtement en revanche ne contient aucun plastique. »

Renouvelable et hydrosoluble

La société basée à Saint-Jean-Bonnefonds, près de Saint-Étienne (Loire) a mis environ dix-huit mois pour développer Plastic Free Paper, en collaboration avec Citeo. Le procédé se base sur ses travaux sur la protéine du lait, la caséine, qu’elle utilise depuis déjà un certain temps pour en faire un bioplastique, renouvelable donc, de par son origine, mais aussi hydrosoluble. Avec Plastic Free Paper, elle propose une alternative « durable » aux enductions et autres vernis à base de polymères qui sont couramment utilisés dans l’industrie du papier pour lui conférer des propriétés fonctionnelles. Son bioplastique est proposé sous forme de granules, destinés à être ensuite appliqués par enduction sur la feuille de papier. « D’autres procédés d’application sont possibles, comme la fabrication d’un film, ensuite contrecollé sur le substrat, ou l’extrusion-couchage », précise Élodie Chevalier, chef de projet. Lactips a travaillé avec plusieurs papetiers sur ce projet dont Guyenne papier.

Les applications sont multiples. La solution développée par Lactips représente tout d'abord une alternative aux films utilisés dans le conditionnement de produits secs comme le chocolat, les confiseries, l'alimentation animale ou le thé. La barrière aux graisses permet ensuite de remplacer les papiers traités avec des composants perfluorés (PFA) utilisés dans la restauration rapide pour conditionner les burgers. Or, les PFA sont suspectés de représenter un danger pour la santé humaine. Ils ont déjà été bannis par certains pays européens comme le Danemark et sont en passe de l’être en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède et en Norvège. 

Huiles minérales

« Notre revêtement a démontré également une excellente résistance aux huiles minérales, ce qui permet aux industriels d’utiliser des papiers recyclés sans risque de migration des encres qu’ils peuvent contenir », expose Marion Vincent. Au-delà de ses propriétés barrière, le revêtement de Lactips présente une bonne aptitude au scellage qui décuple ses possibilités dans le conditionnement, par exemple dans le cadre de l’emploi sur des machines de type form-fill-seal (FFS), très courantes dans le secteur alimentaire. Reste la barrière à l’humidité qui, bien sûr, n’est pas possible en raison du caractère hydrosoluble du revêtement. Pour autant, Lactips semble déjà avoir trouvé la parade. « Nous travaillons sur plusieurs pistes, la plus sérieuse étant d’associer notre revêtement à un autre bioplastique afin de le rendre encore plus résistant, y compris à l'eau », argumente Élodie Chevalier. L’objectif, reste bien évidemment de faire en sorte que le papier ainsi traité demeure recyclable. Les tests effectués à ce jour avec le Centre technique du papier (CTP) en France et le Papiertechnische Stiftung (PTS) en Allemagne ont validé l’absence d’impact sur la recyclabilité des papiers et cartons pour les deux premières applications disponibles, à savoir en substitution à la couche plastique scellable pour des films de routage et des produits alimentaires et en substitution aux PFA pour les papiers nécessitant une résistance aux graisses. Les premiers produits devraient apparaître sur le marché dans les prochains mois.

Créé en 2014 par Marie-Hélène Gramatikoff et Frédéric Prochazka, Lactips se propose d’utiliser une ressource renouvelable animale pour fabriquer des plastiques hydrosolubles : la caséine, issue du lait. L’entreprise, qui emploie 60 personnes, travaille au déploiement d’un nouveau site de production de 2 500 m² pour porter sa capacité à 3 000 tonnes par an.

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