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Editorial

Qu’est-ce qu’un emballage à usage unique ?

Qu’est-ce qu’un emballage à usage unique ?

Les marques de boissons basculent vers le polyéthylène téréphtalate recyclé (rPET).

Propice aux querelles byzantines, la directive Sup pourrait bien devenir un objet juridique non identifié (Ojni). -

Pour les consommateurs français et européens, avec les bols en cellulose moulée et les couverts en bambou, la traduction la plus concrète de la directive sur les plastiques à usage unique (Sup) est sans doute le bouchon dit « solidaire » – autrement dit attaché – des bouteilles en plastique et briques en carton pour liquides alimentaires. Une évolution qui n’est d’ailleurs pas forcément à leur goût à en croire une étude menée par Sidel. Mais ces mêmes consommateurs ignorent que ces bouteilles et briques pourraient être des « emballages à usage unique » dont le législateur peine à donner une définition exacte. Et pour cause ! Cette directive a pour particularité d’avoir été élaborée et adoptée en un temps record… Au risque de renvoyer à plus tard des clarifications pourtant essentielles. Et voilà des industriels qui se demandent à quelle sauce ils vont être mangés alors que les prochaines échéances courent à partir de juillet… 2021. Or, de retards en retards, la Commission européenne vient juste de publier ses « guidelines », des « orientations » qui ont valeur de simples recommandations. Comme l’explique Sébastien Jacques, responsable des affaires publiques du syndicat des entreprises de l'emballage plastique (Elipso), ces « orientations » ont plutôt tendance à faire passer « du flou au brouillard ». Pas de quoi rassurer ! D’autant plus que la France élabore sa propre interprétation avec la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) et son décret dit « 3R » relatif à la réduction, au réemploi et au recyclage, tandis que les sénateurs discutent du projet de loi Climat et résilience. Pour Syndilait, l'organisation professionnelle qui regroupe en France la majorité des fabricants de laits de consommation liquides, le constat est limpide : pas d’emballage, pas de lait. 

Plastiques recyclés

Qu’est-ce qu’un emballage à usage unique ? Est-ce un emballage qui ne se réutilise pas ? Un emballage de la restauration rapide ? Qu’est-ce qu’une portion individuelle ? Posées dès la publication de la directive Sup en 2019 par Emballages Magazine, ces questions demeurent donc entières. Faut-il intégrer des plastiques recyclés pour ne plus être « à usage unique » ? Mystère. La question est légitime, car les industriels sont tenus d’incorporer de plus en plus de matières recyclées dans des emballages censés disparaître. Vous avez dit étrange ? Et comme les canettes métalliques et les bouteilles en verre échappent au champ de la directive, peut-on évoquer une distorsion de concurrence entre matériaux ? Surtout quand la notion de « plastiques » intègre tous les traitements qui confèrent à la cellulose des propriétés spécifiques. Relèvent donc de la directive Sup tous les emballages associant cellulose et plastique sans le critère de pourcentage qui prévaut habituellement. Quant aux matériaux biosourcés tels que l’acide polylactique (PLA) et le polyhydroxyalcanoate (PHA), ils sont bien des plastiques comme les autres. Qu’ils soient biodégradables ou compostables n’y change rien. 

Choc de la demande

Dans une tribune publié le 22 juin par le quotidien économique Les Echos, Philippe Bolo, député Modem du Maine-et-Loire, Angèle Préville, sénatrice PS du Lot, Arnaud Leroy, président de l'Ademe, Jean-Marc Boursier, directeur général France de Suez, Jean Hornain, directeur général de Citeo, François Excoffier, président de Federec, Emmanuelle Perdrix, présidente de Polyvia, Joël Viry, président de Polymeris, et  Aymeric Bourdin, directeur de l'Institut des transitions, veulent créer « un choc de la demande pour les plastiques recyclés » afin d’en « finir avec la pollution plastique ». Encore faut-il des débouchés pour utiliser ces matériaux recyclés... Les signataires de la tribune participent à un colloque ce 24 juin à l’Assemblée nationale. 

Gaspillage alimentaire

En ce 24 juin, les participants de la conférence annuelle proposée par Emballages Magazine vont pouvoir échanger autour de ces notions dignes des querelles byzantines. Avec toujours dans l’idée fondamentale que l’emballage sert avant tout à protéger son contenu. Les experts sont, en outre, bien conscients que la directive Sup s’ajoute aux réglementations très anciennes sur l’emballage ou le contact alimentaire. En France, le gaspillage alimentaire atteint 10 millions de tonnes par an tandis que le total des emballages ménagers s’élève à 5 millions de tonnes. Le taux de recyclage doit atteindre 75% à terme.       

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