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Entretien

« Nous voulons nous positionner à l’intersection du numérique et de l’offset », déclare Frédéric Pambianchi, DG de Koenig & Bauer France

« Nous voulons nous positionner à l’intersection du numérique et de l’offset », déclare Frédéric Pambianchi, DG de Koenig & Bauer France

Frédéric Pambianchi.

Leader en France dans l’impression d’étuis en carton, Koenig & Bauer veut devenir un fournisseur de lignes complètes pour l’emballage. Cette stratégie passe par un élargissement de l’offre dans la transformation, l’entrée sur le marché du carton ondulé et le développement de l’impression numérique. Explications avec Frédéric Pambianchi, le nouveau directeur de la filiale française. -

 

 

La prochaine Drupa, prévue fin mai à Düsseldorf (Allemagne) et finalement reportée à l’an prochain pour cause de Covid-19, s’apprêtait à consacrer l’intérêt des équipementiers de l’impression pour l’emballage, un marché qui, contrairement à l’édition et au commercial, ne baisse pas. En coulisses, les manœuvres ont déjà commencé. Parmi les leaders de l’offset, avec un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros dont 40% dans l’emballage, et très présent chez les cartonniers français, Koenig & Bauer a l’ambition de devenir un fournisseur de lignes complètes, de l’impression jusqu’au pliage-collage en passant par l’ennoblissement et la découpe. Le groupe allemand s’attaque aussi au carton ondulé et parie sur l’impression numérique, fort de sa nouvelle alliance avec l’italien Durst. 

Emballages Magazine : Vous avez été très actifs sur le front des rachats au cours de ces dernières années. Duran dans le pliage-collage, Flexotecnica dans l’impression bobine-bobine, Iberica dans la découpe font partie de vos plus belles prises depuis 2013. Jusqu’où voulez-vous aller ? 

Frédéric Pambianchi : L’orientation packaging est très nette. Notre ambition n’est ni plus ni moins que de devenir un multispécialiste de l’emballage, avec une offre qui commence par les machines d’impression et va jusqu’à l’étui fini, en passant par la découpe, le collage-pliage. Cela implique de posséder des compétences qui vont au-delà de notre héritage historique qu’est l’offset, pour aller nous intéresser à d’autres technologies, autant dans l’impression que dans la transformation. Dans le façonnage, nous allons intégrer dix-huit nouvelles machines dans notre portefeuille produits, que ce soit dans la découpe rotative, à plat et le pliage-collage. Nous nous attaquons aussi au carton ondulé, qui constitue un segment en expansion chez nous, avec une offre sur mesure, autant pour ce qui concerne l’impression que le façonnage avec, respectivement, la CorruJet (NDLR : ci-dessous), la CorruFlex, la Durst SPC 130 et la CorruCut.

 

" Le temps est venu pour qu’il y ait un peu plus de concurrence " 

Voulez-vous concurrencer Bobst, leader incontesté dans la transformation de carton plat et intouchable dans le carton ondulé ? 

Nous avons beaucoup de respect pour nos confrères suisses. Bobst est une entreprise sérieuse qui fait d’excellentes machines. Mais nous pensons que le temps est venu pour qu’il y ait un peu plus de concurrence sur ce marché et notre ambition légitime est de devenir « le » challenger.

C'est une suite logique de notre stratégie. Avec notre savoir-faire dans la construction de machines pour le cartonnage, nous pensons avoir un tour à jouer dans le carton ondulé qui est en pleine croissance.

 

Qu’allez-vous proposer de mieux ou de différent ? 

Dans le domaine de la transformation de carton plat, nous pensons pouvoir déjà faire la différence en termes de vitesse et de qualité. Le carton ondulé va suivre. La CorruCut, notre machine à découpe rotative, actuellement en phase de test en Allemagne, nous donne beaucoup d’espoir. Les quelques visites que nous avons réalisées, y compris en France, chez des cartonniers démontrent qu’il y a un réel intérêt. En matière de numérique, nous sommes par contre bien plus en avance. Notre Durst SPC 130, pour le carton ondulé, dédiée au grand format, est en test chez quatre imprimeurs alors que la CorruJet, pour le carton ondulé, va monter en progression. Nous sommes très confiants. Et puis il y a, avec la VariJet pour le carton plat, l’hybridation des machines, une thématique que nous voulons développer ne serait-ce que parce que nous pensons qu’elle pourrait convaincre les imprimeurs équipés en conventionnel de sauter le pas du numérique et parce qu’elle apporte une vraie valeur ajoutée.  

Est-ce un virage vers l’impression numérique ? 

C’est une extension de gamme, un élargissement de notre portefeuille de solutions. Notre cœur de métier reste l’offset, mais le numérique offre de nouvelles perspectives. En réalité, nous voulons nous positionner à l’intersection de l’offset et du numérique. L’idée consiste aussi à proposer des nouvelles solutions par rapport à ce qui existe déjà sur le marché. Les lignes hybrides en sont le parfait exemple, car elles répondent à une approche modulaire. L’imprimeur se sert des groupes offset pour les longues séries, puis passe au jet d’encre pour les petits et moyens tirages. Il peut aussi combiner les deux. Les aplats noirs, par exemple, sont très coûteux à réaliser en numérique du fait des encres, d’où l’intérêt de les imprimer en offset, puis de se servir du jet d’encre pour du "versioning" ou de la donnée variable.  

 

L'impression d'emballages souples est un segment que l'on souhaite développer davantage.  

Votre stratégie semble très axée sur le carton. Pourtant grâce à la maîtrise de la flexo et du numérique que vous vous promettez de développer, vous pourriez vous attaquer à l’impression de films, donc à l’emballage souple ou à l’étiquette. Est-ce un créneau qui vous intéresse ? 

Notre cœur de métier est et reste le carton. Il nous arrive de livrer des machines pour l’impression d'étiquettes, voire d’étiquettes dans le moule (IML), mais ce marché est peu représenté chez nous. Et il n'est pas une fin en soi. En revanche, en ce qui concerne l'impression d'emballages souples, nous avons prévu d'intégrer les machines Flexotecnica dans notre portefeuille dans les mois à venir car c'est un segment que l'on souhaite développer davantage.  

Après des débuts compliqués dans le numérique, votre alliance avec Durst semble enfin vous apporter des bénéfices. À la prochaine Drupa, vous allez présenter avec votre partenaire pas moins de trois machines pour l’emballage, dont deux dans le carton ondulé. Qu’apportez-vous de nouveau par rapport au leader HP ? 

Nous nous positionnons en tant que partenaire global, capable d’intervenir d’un bout à l’autre de la chaîne d’impression, jusqu’à la transformation, avec la découpe et le pliage-collage, ce que certains de nos concurrents ne sont pas encore capables de faire. Pour un client, le fait de disposer d’un seul intervenant qui soit capable de tout maîtriser représente un atout indiscutable, car l’efficience de la ligne ne dépend pas de telle ou telle machine, mais d’un ensemble harmonieux de machines qui fonctionnement correctement l’une à la suite de l’autre. Il y a aussi une approche plus industrielle de l’impression qui passe par un modèle économique différent. Contrairement à certains, nous ne nous rémunérons pas au clic. Nous sommes persuadés que cette démarche sera appréciée.  

 

 

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