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Entretien

« Ne pas s’engager maintenant sur le plan sociétal pourrait nous procurer des déconvenues sur le long terme », explique Philippe Tran, directeur général de VPK France

Tiziano Polito

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« Ne pas s’engager maintenant sur le plan sociétal pourrait nous procurer des déconvenues sur le long terme », explique Philippe Tran, directeur général de VPK France

Acteur important du marché du carton ondulé en France, VPK déploie sa politique de RSE en s'intéressant non seulement à l'environnement mais aussi au volet sociétal, parfois laissé de côté par les entreprises. -

Parité homme-femme, lutte contre les discriminations, emploi des travailleurs handicapés, aides aux jeunes défavorisés : VPK s’est lancé plusieurs défis pour les années à venir. Une façon, pour le cartonnier, de mettre en pratique les valeurs dans lesquelles il croit mais aussi un moyen de se différencier alors que nombre de ses concurrents s’attachent souvent davantage à travailler sur le « E » d’environnement que sur le « S » de sociétal dans l’énorme chantier représenté par la RSE. Explications avec Philippe Tran, DG de la filiale française. 

Emballages Magazine : On vous sent engagé sur le front sociétal, l’un des volets du RSE qui passe souvent au deuxième rang dans les priorités des entreprises après l’environnement. D’où vous vient cette motivation ? 

Philippe Tran : C’est avant tout une affaire de conviction personnelle. J’ai la chance de travailler dans un groupe qui laisse une grande autonomie à ses directeurs généraux, ce qui m’a permis de me lancer dans différents projets comme la parité, la lutte contre les discriminations ou les exclusions, l’emploi des jeunes et des seniors. Je pense que tous ces sujets vont devenir importants à l’avenir et qu’il nous faut progresser sur tous ces plans. Il en va de notre réussite personnelle mais aussi de celle du groupe pour lequel nous travaillons. Ne pas s’engager maintenant sur le plan sociétal pourrait nous procurer des déconvenues sur le long terme. 

Pourquoi ? 

Toujours plus de clients nous demandent des comptes sur ces aspects. On parle de sourcing responsable et solidaire. Aujourd’hui il s’agit essentiellement de grands groupes comme L’Oréal ou des ETI comme le groupe LSDH, lesquels, soit parce qu’ils sont déjà engagés dans cette démarche soit parce qu’ils sont dirigés par des personnes comme Emmanuel Vasseneix qui croient dans ces valeurs, et nous demandent ce que nous, fournisseurs de carton, nous faisons dans ce domaine ou, tout simplement, nous inspirent par leurs propres actions. Cela peut déjà compter dans un appel d’offre. Le dossier sociétal est encore peu visible mais sera toujours plus manifeste à l’avenir. C’est un peu comme l’environnement il y a dix ans. Lorsqu’une marque met un produit sur le marché, elle s’engage avec ses clients, il est donc normal qu’elle demande les mêmes engagements aux fournisseurs que nous sommes. 

"Une seule de nos dix usines est dirigée par une femme"

Comment prouvez-vous à un grand groupe comme L’Oréal que vous êtes réellement actifs sur tous ces thèmes ? 

En signant une lettre d’engagement. A partir de là, on leur laisse le droit de nous auditer et de nous demander tout type de document pour prouver ce que nous leur promettons. Le fait de s’inscrire dans cette démarche implique en effet de leur communiquer régulièrement des chiffres qui mesurent notre implication dans les différents domaines comme par exemple l’index d’égalité femmes-hommes. Ces indicateurs, normés, sont extrêmement utiles, même pour nous car ils nous permettent de voir si les choses progressent. 

Commençons par là. Employez-vous beaucoup de femmes et sont-elles présentes dans les instances dirigeantes ? 

Le ratio homme-femme de VPK est correct lorsqu’on le compare aux entreprises de notre secteur qui, comme souvent dans l’industrie manufacturière, a vocation à surreprésenter la gente masculine. Il est à 19% des effectifs et monte à 31% pour les effectifs hors production. Nous sommes par contre nettement plus mauvais pour ce qui relève de la présence des femmes à des postes de direction. Actuellement une seule de nos dix usines est dirigée par une femme. En plus, il ne s’agit pas d’une nomination[…]

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