Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Machines sophistiquéespour barquettes soignées

Tiziano Polito
Les constructeurs ne manquent pas d'initiatives pour permettre à leurs clients de conditionner leurs produits dans des emballages plus fonctionnels. Ce qui a impliqué d'adapter quelque peu leurs installations.

U ne technologie de conditionnement basique, intéressante économiquement, notamment pour les grandes séries, mais limitée en termes de possibilités marketing : il y a quinze ans, le thermoformage pouvait se résumer à cela. Soit, pour utiliser une image, à deux feuilles en plastique transparent autour d'une tranche de jambon. Les choses ont bien changé depuis. Au sous-vide s'est ajouté le conditionnement sous atmosphère protectrice. Les complexes ont remplacé les multicouches. Les matériaux rigides ont pris le pas sur les souples. Résultat : des barquettes mieux conçues, permettant de conserver les produits plus longtemps, et davantage de fonctions de service avec des ouvertures faciles, des opercules repositionnables, des couvercles intégrés. L'operculage est passé par là. Cette technologie à plus forte valeur ajoutée, mais aussi plus coûteuse du simple fait qu'elle est mise en oeuvre à partir d'emballages préformés, est venue progressivement concurrencer le thermoformage sur ses territoires de chasse gardée. Et les constructeurs ont dû redoubler d'ingéniosité pour continuer de vendre leurs machines. Si le procédé, en soi, n'a pas véritablement changé - il s'agit toujours de former un film avec de la chaleur, de remplir l'alvéole et de sceller l'emballage à l'aide d'un deuxième film -, les applications, elles, sont devenues plus complexes. « Les principales évolutions techniques sur les machines doivent être reconduites à l'emploi de films plus sophistiqués », explique Bernard Martin, responsable de la division thermoformage chez CFS.

Polypropylène expansé

D'où l'emploi de résines qui, comme les polypropylènes, résistent mieux à la chaleur et qui permettent, par conséquent, de traiter le produit dans le cadre d'une pasteurisation flash ou d'une stérilisation. Mais qui peuvent aussi présenter d'intéressantes propriétés en termes de toucher. Le constructeur néerlandais a été parmi les premiers à proposer des barquettes en polypropylène expansé (XPP), un matériau à l'aspect soyeux, résistant à la cuisson aux micro-ondes et, accessoirement, isolant thermique. Seul problème : il est aussi plus difficile à travailler du fait de sa densité. Pour le former correctement, la machine doit être équipée de systèmes de préchauffe en « sandwich », agissant des deux côtés du film, de manière à diffuser la chaleur lentement sur toute sa surface. L'opération est effectuée en plusieurs étapes. « C'est la seule façon de procéder pour casser la mémoire du film et éviter qu'il ne retourne à sa forme initiale », précise Bernard Martin.

Pistons en fibre de verre

Et quand ce ne sont pas les matériaux, c'est le design de l'emballage qui vient compliquer la vie des constructeurs. Confronté à la réalisation d'un shaker pour salades de 12 cm de long pour seulement 6 cm de diamètre, Mecaplastic a dû réfléchir quelque peu avant de répondre positivement à son client, l'américain Sara Lee, sur la faisabilité de ce projet. « La principale difficulté était de rendre le film assez malléable pour l'emboutir sur une telle hauteur sans le casser », explique Yves Arthaud, ingénieur d'affaires. Le constructeur français s'en est sorti en équipant sa thermoformeuse d'un poste de préchauffage à rubans à infrarouges de 1,2 mètre de long. La matière est d'abord ramollie lentement, puis formée à l'intérieur du moule à l'aide de pistons en fibre de verre - un matériau faiblement conducteur - pour éviter de trop réchauffer le plastique. Les constructeurs ne manquent pas d'initiatives pour proposer eux-mêmes de nouvelles solutions de service à leurs clients. C'est le cas de l'allemand Variovac qui exposait, lors d'Emballage 2006, à Villepinte, en novembre dernier, le MultiLayer, un emballage à double opercule superposé permettant de conserver deux produits séparément sous atmosphère protectrice. « Avec notre système, le consommateur dispose d'un produit toujours frais », explique Stéphane Peslier, responsable commercial chez Boulanger qui distribue la marque en France. Les fonctions de service sont également le quotidien de Multivac, régulièrement questionné sur ce point par la plupart de ses clients. Le leader mondial du secteur - plus de quatre thermoformeuses sortent chaque jour de ses ateliers de Wolfertschwenden en Bavière - a lancé, il y a quelques années, le DoubleDeck, une barquette constituée d'un double film d'operculage. Le premier sert à maintenir le produit dans la barquette, alors que le second - imprimé - recouvre l'ensemble de l'emballage pour améliorer son facing en linéaire.

Charnière latérale

Plus récemment, le constructeur a dû répondre à la requête de la Société des Caves voulant un emballage parfaitement refermable pour son roquefort. Il a réussi le pari en développant un outillage qui permet, d'abord de thermoformer une coque triangulaire, puis de l'appliquer sur le film inférieur et, enfin, de la souder à ce dernier le long d'une charnière latérale renforcée par des points de perforation. « Grâce à cette charnière le consommateur peut ouvrir l'emballage en faisant pivoter le couvercle sur un axe. L'ensemble reste solidaire. Pour le refermer, rien de plus simple : il suffit de rabattre le couvercle pour l'encliqueter dans sa base », commente Bruno Fontanell, directeur commercial de la filiale française de la société allemande. Chez CFS, en revanche, on a pensé à la cuisson. Avec le SteamCook, le consommateur n'a plus à se soucier de rien : il sort son produit du frigo et l'introduit dans le four à micro-ondes. L'emballage fait le reste. Il lui suffira uniquement de soulever la languette située à l'angle de la barquette afin de permettre à la vapeur de s'échapper. Le principe de la cuisson vapeur, dans des barquettes munies ou non de valves, était déjà connu, mais mis en oeuvre, jusqu'à présent, sur des operculeuses. Il est aujourd'hui disponible sur une thermoformeuse. Réaliser un emballage « cocotte-minute » à partir de deux bobines de film, en continu, et sur une seule machine. Jusqu'où ira-t-on ?

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Hinojosa reprend Allard emballages

Acquisitions

Hinojosa reprend Allard emballages

Membre du réseau Blue Box Partners, l’espagnol s’implante sur le marché français de l’emballage en carton ondulé. - Établi à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) depuis 1928, Allard[…]

22/01/2021 | PapierCarton ondulé
Malengé Packaging accélère dans le sachet barrière recyclable

Economie circulaire

Malengé Packaging accélère dans le sachet barrière recyclable

Morancé soudure investit dans la flexo

Investissements

Morancé soudure investit dans la flexo

Bobst met en scène le numérique à Barcelone

Investissements

Bobst met en scène le numérique à Barcelone

Plus d'articles