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Les sacs de jute de Leclerc suscitent des interrogations

Arnaud Jadoul

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Les sacs de jute de Leclerc suscitent des interrogations

© Elipso

Les fabricants d’emballage plastique pointent l’impact de la substitution en termes d’emploi, d’hygiène, d’empreinte carbone et de recyclabilité. -

Depuis lundi 21 septembre, les centres E. Leclerc proposent des sacs de caisse en toile de jute « réutilisables, recyclables et échangeables à vie » en remplacement des sacs plastique. L’initiative permettrait à l’enseigne de faire l’économie de 7000 tonnes de plastique par an.

Une production délocalisée

Mais, faute d'informations détaillées sur ses conditions de réalisation, elle fait réagir les fabricants d’emballage plastique à travers leur syndicat professionnel, Elipso. Celui-ci pointe d’abord les conséquences de cette décision pour l’emploi dans l’Hexagone et en termes de recyclage : « Passer de sacs plastique produits en France à une production délocalisée en Inde ou au Bengladesh est une mauvaise nouvelle pour l’emploi en France. Les sacs plastique sont fabriqués dans des usines françaises, contribuent à l’emploi dans nos territoires, sont réutilisables et bénéficient de véritables filières de recyclage. Elipso n’a pas connaissance à ce jour de filières de recyclage en France de sacs de jute accessibles à tous », souligne-t-il. De fait, les sacs plastique intègrent de la matière recyclée et peuvent rejoindre les flux de recyclage du polyéthylène (PE). Une analyse de cycle de vie serait donc nécessaire.

Quelles étanchéité et résistance ?

Elipso soulève également la question de l’hygiène à l’occasion des réutilisations successives. L’organisation professionnelle remarque que les sacs en PE de 50 µm sont réutilisables et lessivables, tandis que « les sacs en jute ne sont pas étanches, et difficilement lavables ». En outre, elle s’interroge sur la solidité de ces sacs en l’absence de traitement, car, dans ce cas, la toile pellicule rapidement et perd en résistance. Et si traitement il y a, quel est-il ? Elipso rappelle la présence d’huiles minérales dans les sacs de jute utilisés pour le transport du cacao dans le passé, justement due à ces traitements. Le syndicat fait enfin le parallèle avec les « tote bags » en coton, « solution pas si verte qu’elle le promet ».

Le distributeur acceptera-t-il de répondre à ces interrogations et de rassurer aussi bien les consommateurs que les associations environnementales ou professionnelles pour ne pas se faire accuser de "green washing" ?

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