Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Economie circulaire

Les sacs compostables biosourcés ont la cote

Les sacs compostables biosourcés ont la cote

Neuf Français sur dix estiment qu’il faut encourager les alternatives au plastique d’après une étude réalisée par Nielsen IQ. - 

 

Des échéances réglementaires qui approchent, à l’image de la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (dite loi Agec) qui vise le recyclage de 100% des plastiques d’ici au 1er janvier 2025, mais aussi la proposition C3.3 de la Convention citoyenne sur le climat (CCC) qui veut favoriser les emballages biosourcés compostables, sans oublier l’envie de faire le point, cinq ans après l’interdiction des sacs à usage unique, sur l’instauration des pochons compostables au rayon fruits et légumes : les motivations qui ont conduit l’Association française des compostables biosourcés (AFCB) et Novamont France à réaliser une étude sur la perception des matériaux compostables biosourcés étaient nombreuses. Le président de l’association, Christophe Doukhi de Boissoudy, également directeur général de Novamont France, rappelle lors de la présentation des résultats : « Cette étude était aussi l’occasion de savoir si les sacs pour fruits et légumes sont réellement assimilés à des bioplastiques par les consommateurs, si ces derniers leur préfèrent les sacs en papier et si encore, ils les compostent avec les déchets organiques. »  

Alternatives au plastique

Le sondage, effectué par Nielsen IQ, sur un échantillon représentatif de la population française de 2012 personnes, en février dernier, a fourni de nombreux éléments de réponse. Il démontre, tout d’abord, l’importance des questions environnementales pour les Français et leur perception positive des bioplastiques dans l’emballage. Il établit ensuite que le tri représente le passage obligé pour valoriser, comme cela est prévu, lesdits emballages par compostage. Neuf interviewés sur dix estiment ainsi que pour réduire la pollution, il faut d’une part diminuer et trier les déchets et que, d’autre part, il faut encourager le recours à des matières alternatives au plastique. Alors que le tri des déchets alimentaires deviendra obligatoire fin 2023, 94 % des sondés disent trier leurs déchets quand 86 % estiment que ce moyen est « pertinent » pour mieux gérer les déchets. Toutefois, 73 % des Français s’attendent à davantage d’implication de la part des pouvoirs publics pour rendre la collecte sélective des déchets alimentaires plus efficace et pratique, particulièrement dans les zones urbaines.

Perception du mot bioplastique

Fait intéressant, Nielsen IQ les a aussi interrogés sur leur perception du mot bioplastique, lequel renvoie – en raison de son préfixe – à l’origine (bio) du produit, s’il est par exemple issu de ressources renouvelables, comme le maïs ou la canne à sucre, et à la fin de vie, à savoir la biodégradation et le compostage. En l’occurrence, selon l’étude, le consommateur français montre une bonne maîtrise de la signification des termes « biodégradable » et « compostable », mais reste partagé quant à la signification du mot « bioplastique », même s’il reconnaît l’intérêt de ses caractéristiques physiques, techniques et environnementales. Hasard ou coïncidence, l'AFCB, qui s'appelait jusque-là Club Bio-Plastiques a décidé de changer de nom, en remplaçant le terme qui pouvait prêter à confusion par les mots compostable et biosourcé.

Les sacs fruits et légumes plébiscités

Après les problématiques de matériaux et de tri, l’étude Nielsen IQ s’est attachée à analyser de plus près les sacs biosourcés et compostables utilisés au rayon fruits et légumes. Il en ressort un véritable « plébiscite » pour utiliser les termes des analystes : « adaptés et performants », ces emballages sont en effet déjà utilisés par un Français sur trois pour trier les déchets alimentaires, 78 % d’entre eux estimant même qu’il faudrait les rendre obligatoires. Les interviewés les préfèrent même aux sacs en papier tout en pointant leurs difficultés d’ouverture. Forte de ces différents constats, l’AFCB prône un développement encore plus massif du tri à la source des biodéchets qu’elle identifie comme un moyen favorable pour développer l’usage des sacs qu’elle promeut et pour « boucler la boucle » en termes de valorisation. D’après l’association, 6 millions de Français pratiquent déjà le tri des déchets putrescibles alors que 31% des interviewés utilisent les sacs biosourcés compostables comme réceptacles pour ces déchets.

Une industrie encore fragile

L’occasion de rappeler que l’industrie européenne des bioplastiques produit 460 000 tonnes de produits par an et que la France est le deuxième producteur continental. Mais que cette économie, naissante, est encore fragile… Pour mémoire, la loi de transition énergétique (LTE) portée par Ségolène Royal qui a rendu obligatoires, en 2015, les sacs biosourcés et compostables au rayon fruits et légumes avait permis de limiter les importations de sacs à usage unique en provenance de Chine et de développer une industrie locale du plastique biosourcé et compostable. « 3000 emplois directs et indirects sont concernés en France  », rappelle Jean-Marc Nony, directeur du développement durable chez Sphere, également vice-président de l’AFCB, qui suggère la mise en place d’aides concrètes dans le cadre du plan France relance. En l’occurrence, et afin de développer ultérieurement l’emploi de sacs biosourcés et compostables, l’AFCB espère que le législateur progressera sur au moins trois points : l’autorisation de la collecte des sacs avec les biodéchets, la création d’un marquage spécifique et la mise en place d’une expérimentation avec une poubelle spéciale dans les grandes villes. 

La proposition C3.3 restée lettre morte

« Certains de nos voisins européens, à l’exemple de l’Italie, ont déjà développé toute une filière industrielle relocalisée, alliant développement industriel, valorisation des déchets alimentaires par compostage et régénération des sols. Toutefois, en dépit des aspirations environnementales des Français, la proposition des membres de la Convention citoyenne pour le climat est pour l’instant restée lettre morte », pointe l’AFCB qui compte sur le soutien de l’État pour conserver l’avance technologique de ses affiliés. Et de conclure : « Il serait certainement regrettable que les distributeurs français se heurtent à devenir, par manque de production locale, à nouveau dépendants des importations chinoises alors que cette innovation a été développée dans les laboratoires de nos instituts de recherche, chez nos industriels et avec des matières renouvelables cultivées sur nos territoires. »

Le marché des sacs pour fruits et légumes représente en France l’équivalent de 20 000 tonnes de bioplastique. 

 

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Vrac, polystyrène, échantillons et réemploi au menu de la loi Climat

Economie circulaire

Vrac, polystyrène, échantillons et réemploi au menu de la loi Climat

Le Parlement a définitivement adopté le projet de loi Climat et résilience. Les articles 11, 11 bis et 12 concernent plus particulièrement les emballages avec des échéances en 2025 ou en 2030. - Le[…]

Rovip et Millet-Forestier créent Hyléance

Exclusif

Rovip et Millet-Forestier créent Hyléance

L’empaquetage de l’Arc de triomphe est lancé

Profession

L’empaquetage de l’Arc de triomphe est lancé

Progroup bat un record dans l’ondulé

Carnet

Progroup bat un record dans l’ondulé

Plus d'articles