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Tiziano Polito

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Les emballages en plastique ont rarement eu bonne presse, notamment en fin de vie, lorsqu'ils deviennent des déchets à éliminer. Encombrants, polluants, dangereux pour la nature : les attaques ne manquent pas. Elles sont souvent assorties d'images à forte charge émotionnelle comme celles de sacs de caisse accrochés à un arbre ou à un grillage, ou, pire encore, de dauphins échoués sur une plage, victimes d'un repas empoisonné. Si beaucoup s'accordent à reconnaître les qualités du plastique, voire sa nécessité en tant que matériau d'emballage, la profession cherche depuis longtemps à se débarrasser de l'image négative qui lui colle à la peau, notamment auprès du grand public. Biodégradation et réutilisation constituent deux pistes de travail dans ce sens. Concernant la première, force est de constater qu'après des débuts timides, les emballages biodégradables commencent à devenir une réalité sur le marché français. Après les produits agricoles et les lessives, c'est au tour de l'industrie alimentaire de s'intéresser à ces matériaux. Outre la compostabilité, certains présentent un deuxième atout, bien plus important que le premier dans une optique de développement durable : être issus de ressources naturelles renouvelables. C'est le cas de l'acide polylactique (PLA), un plastique fabriqué à partir de maïs. « Conscients du message qu'ils peuvent véhiculer, nous nous intéressons toujours plus aux matériaux à connotation écologique », confie Christophe Hyzard, directeur marketing de CGL Pack, fabricant d'emballages alimentaires. Après une première expérience réussie en 2004, la société Mont-Blanc Bio, spécialisée dans les fruits et légumes biologiques, lui a confié la réalisation d'une barquette à double coque pour le conditionnement d'herbes aromatiques. Auchan lui a emboîté le pas avec la commercialisation d'une gamme de salades et crudités elle aussi en barquettes en PLA. Même s'il ne peut répondre à toutes les applications - la résistance à la chaleur constitue l'une de ses principales limites -, ce matériau est aujourd'hui employé dans la fabrication d'articles aussi variés que des sachets, des gobelets, voire de bouteilles comme le prouve l'expérience menée par Biota, un conditionneur d'eau minérale établi dans le Colorado aux États-Unis. Le prix du PLA, qui constituait un frein à son développement, baisse régulièrement. Son surcoût, qui était de l'ordre de 50 % en 2004, ne dépassait pas 30 % en 2005. À l'origine de cette tendance, les effets de volume liés à sa production et, surtout, l'effet « ciseau » dû à l'augmentation du prix du pétrole qui n'a cessé de pénaliser les résines traditionnelles. « Le prix du maïs, lui, n'a pas bougé depuis plus de 30 ans », rappelle ironiquement Michael O'Brien, responsable de la communication de la société américaine Cargill, premier fabricant mondial de PLA. Les Français ne se sont pas contentés de regarder. Moins bio que dégradable, car issu de polyéthylène (PE), le Néosac est un sac bretelle lancé en avril dernier à l'initiative de douze industriels du plateau de Sainte-Sigolène (Haute-Loire). Grâce à ses additifs, il se fragmente en trois mois par oxoréduction, puis se dégrade en compost sous l'action des micro-organismes. Même si son succès commercial reste à confirmer, il constitue une alternative à plusieurs produits concurrents, comme le Biosac fabriqué en Mater-Bi, un matériau issu de ressources végétales développé par l'italien Novamont. Reste à régler le problème de la valorisation, étant donné qu'aucun circuit de collecte spécifique des déchets d'emballages, aussi biodégradables soient-ils, n'existe aujourd'hui en France. « Le gisement actuel ne justifie pas que l'on s'en occupe, mais nous sommes attentifs aux évolutions du marché », prévient Jean-Pierre Barranger, directeur du département producteurs chez Eco-Emballages, qui s'interroge toutefois sur les coûts que la collecte et le tri sélectif de ces matériaux pourraient engendrer. L'autre voie, souvent évoquée pour améliorer l'image environnementale des plastiques, consiste à les réutiliser. Si les exemples d'emballages retournables ne manquent pas dans les circuits logistiques - il suffit de penser aux palettes ou aux caisses pour fruits et légumes -, ils sont, en revanche, moins nombreux dans le commerce de détail depuis la disparition, il y a maintenant une trentaine d'années, du célèbre casier à bouteilles CFP. Il est vrai que les sacs-cabas réutilisables des centres E. Leclerc ne datent pas d'hier. Depuis, d'autres enseignes ont suivi le même exemple, mais personne n'a jamais su si ces emballages étaient effectivement réutilisés ou s'ils terminaient dans les poubelles, faisant douter certains de leur impact environnemental. Pour faire taire les critiques, Eco-Emballages a commandé une étude. Elle démontre non seulement que les sacs-cabas sont effectivement réutilisés mais surtout que l'expérience gagnerait à être généralisée. En effet, les clients des magasins ne distribuant plus de sacs jetables ont déjà les mêmes habitudes de réutilisation que ceux qui fréquentent des supermarchés les ayant déjà supprimés depuis plusieurs années. Cette rapide adaptation est d'autant plus étonnante que le nombre de rotations est important, soit 13 fois en moyenne.

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