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Le recyclage des plastiques progresse

Arnaud Jadoul

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Le recyclage des plastiques progresse

Le traitement des déchets plastique s’améliore en Europe et en France, selon les chiffres 2018 publiés par PlasticsEurope, mais les producteurs s’inquiètent des conséquences de l’interdiction des emballages plastique à usage unique d’ici à 2040. -

« Des bonnes nouvelles, mais… ! » Ainsi peut-on résumer l’analyse de l’Association européenne des producteurs de matières plastique PlasticsEurope sur le traitement des déchets plastique en 2018. Dans les 28 États membres de l’Union européenne, en Norvège et en Suisse, où le poids des déchets plastique s’élève à 29,1 millions de tonnes, soit 1,1% des 2600 millions de tonnes de déchets postconsommation collectées, le taux de recyclage atteint 32,5%, contre 31,1% en 2016, et est maintenant bien supérieur à celui de la mise en décharge, passé dans le même temps, pour la première fois, sous la barre des 25%, de 27,3 à 24,9%, « et il continue de progresser plus vite que celui de la valorisation énergétique », note Hervé Millet, directeur des affaires techniques et réglementaires de PlasticsEurope. Qui explique cette évolution par le développement – « essentiel » – de la collecte séparée et l’interdiction de la mise en décharge. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes, expose-t-il, les 48% de déchets plastique issus de collectes séparées – du type « poubelles jaunes » en France – sont recyclés à hauteur de 62% quand les 52% de déchets collectés en mélange en Europe ne le sont qu’à hauteur de 6% ! »

La France en retard

En France, si le mouvement est également positif, avec une croissance plus soutenue qu’en Europe, les performances restent médiocres. Sur un gisement de 3,7 millions de tonnes de déchets plastique, le taux de recyclage est, certes, passé de 22,9 à 24,2% en deux ans, mais le taux de mise en décharge stagne à 32,5% (32,7% en 2016). « 68% des déchets plastique sont encore collectés en mélange », et, sur ce plan, « la France est très en retard sur l’Europe », glisse Hervé Millet, pour éclairer cette situation. Il relève cependant quelques signaux qui incitent à l’optimisme, en particulier l’extension des consignes de tri à tous les emballages plastique ménagers, qui concerne 25 millions de Français désormais et 34 millions fin 2020, ainsi que l’interdiction progressive de la mise en décharge des déchets non dangereux valorisables inscrite dans le projet de loi sur l’économie circulaire. Il mentionne également le soutien de l’État au recyclage chimique avec l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé le 14 novembre dernier en vue d’identifier les besoins.

Accélération pour les emballages

Pour les emballages, qui représentent quelque 60% des déchets plastique collectés, soit 17,8 millions de tonnes, les chiffres sont nettement meilleurs. En Europe, leur taux de recyclage est de 42%, 700 000 tonnes supplémentaires ayant ainsi été traitées en 2018 par rapport à 2016, et 18,5% vont en décharge (contre 20,3% en 2016). En France, le recyclage s’accélère aussi : « Il a progressé de 4,2% par an entre 2016 et 2018 – soit 50 000 tonnes supplémentaires environ – contre +2,9% par an en moyenne sur les douze dernières années », observe Hervé Millet. Il n’en reste pas moins que leur taux de recyclage n’atteint que 26,4%, et 32,5% ont encore été mis en décharge. « La France affiche de meilleures performances dans les autres secteurs, en particulier ceux de l’automobile d’une part, de l’électrique et de l’électronique d’autre part », souligne-t-il.

Questionnements

Néanmoins, à travers PlasticsEurope, les industriels expriment leurs « questionnements » à propos de l’objectif « politique » de la France, énoncé dans le projet de loi sur l’économie circulaire, « d’atteindre la fin de la mise sur le marché d’emballages plastique à usage unique d’ici à 2040 ». « Faut-il comprendre qu’il s’agit des emballages non réutilisables, c’est-à-dire la quasi-totalité des emballages plastique ménagers ?, demande Hervé Millet. Pourquoi le plastique, par principe, et pas tout l’usage unique ? » Au-delà des interrogations sur la pertinence de la mesure et de la cohérence de l’ensemble de la stratégie, « son impact sur le développement du recyclage est à considérer », complète-t-il. « Atteindre des taux élevés de recyclage nécessite des investissements importants à toutes les étapes de la chaîne, qui pourraient être découragés par la perspective, dans un horizon pas si lointain, de faire disparaître la ressource à traiter », s’inquiète-t-il. « N’érigeons pas en dogme que l’usage unique est nécessairement à bannir », ajoute-t-il.

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