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L’emballage en bois pèse 1,5 milliard d’euros

Tiziano Polito

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L’emballage en bois pèse 1,5 milliard d’euros

Les palettes et caisses-palettes représentent plus de la moitié des ventes du secteur.

Les résultats de l’enquête nationale font état d’une filière dynamique, avec des performances contrastées par segment, mais globalement résiliente face au Covid-19. -

Réalisée à l’initiative des trois syndicats représentatifs de la filière que sont la commission palettes de la Fédération nationale du bois (FNB), le Syndicat national des industries de l’emballage léger en bois (Siel) et le Syndicat de l’emballage industriel (Seila), l’enquête nationale sur l’emballage bois souligne le poids économique de cette industrie dans son ensemble en France. Les données, qui portent sur l’exercice 2019, ont été recueillies par le cabinet Galileo auprès de 351 entreprises, soit 70% des intervenants du secteur. Elles mettent en évidence un chiffre d’affaires cumulé de 1,5 milliard d’euros, constitué pour plus de la moitité de ce montant par les palettes et les caisses-palettes et, pour la partie restante, par l’emballage léger (cagettes pour fruits et légumes, boîtes à fromage, barquettes pour les métiers de bouche) et l’emballage industriel, constitué de caisserie pour l’essentiel. En ajoutant les activités hors emballage réalisées par certaines de ces entreprises – le cas est fréquent dans l’emballage industriel avec des fournisseurs qui proposent aussi des prestations de logistique et de transport – le chiffre d’affaires « embarqué » grimpe à 2,4 milliards. À titre de comparaison, le marché de la construction représente, à lui seul, un chiffre d’affaires de 1,9 milliard pour le bois. 

Le bois revient à la mode  

L’emballage en bois rassemble 860 entreprises qui emploient 17400 personnes. Quant aux matières premières, elles sont issues des forêts françaises à hauteur de 93%. Ces approvisionnements représentent 513000 m³ de grumes, 1,8 million de m³ de sciages et 175000 m³ d’autres intrants ligneux. Parmi les sous-filières les plus dynamiques, l’emballage léger regroupe 45 entreprises pour un chiffre d’affaires cumulé de 389 millions d’euros, en hausse moyenne de 2,5% par an. « Les barquettes pour les métiers de bouche et les plats cuisinés sont en progression continue, ce qui prouve un regain d’intérêt pour notre matériau », explique François de Viviés, coprésident du syndicat. Et d’ajouter : « Le bois revient à la mode, face au plastique, car il est naturel tout en offrant, parmi ses propriétés intrinsèques, des fonctionnalités bactéricides et d’hygrorégulation très appréciées en ces temps compliqués ». Dans cette filière, qui emploie 2000 personnes, le principal débouché reste les cagettes pour fruits et légumes (49% des ventes), suivi du fromage (21%), des barquettes collées pour les artisans des métiers de bouche (18%) et l’ostréiculture (9%).

Une industrie ancrée dans le territoire

L’emballage industriel représente pour sa part un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros, toutes activités confondues, et de 413 millions d’euros si l’on ne considère que la caisserie, soit 171 entreprises pour 3400 salariés. L'activité relative à la caisserie est en progression constante depuis 2015 et évolue à un rythme de 2,1% par an en moyenne. Comme c’est le cas pour l’emballage léger et les palettes, cette industrie est implantée très localement sur le territoire : 69% des clients sont situés à moins de 100 km des usines. Il s’agit aussi d’un secteur atomisé – neuf entreprises sur dix affichent moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires –, tourné vers les industries manufacturières (aéronautique, machines, défense…) qui représentent 78% de son activité.

 

La concurrence en provenance de l'Est

Les palettes et caisses-palettes constituent le gros des troupes. Cette activité, qui regroupe 645 entreprises pour 12000 emplois directs, représentait un chiffre d’affaires de 842 millions d’euros en 2019, générés, à hauteur de 60% de ce montant, par les palettes neuves et pour le reste par les palettes reconditionnées. La concurrence internationale s'est accrue sur ce marché, plus que dans l'emballage léger et l'emballage industriel. Selon Jean-Philippe Gaussorgues, président de la commission palettes Sypal de la FNB et d’Epal France, les fabricants français de palettes neuves ont souffert des importations en provenance de la Pologne, de la Lituanie et de l’Ukraine. La collecte de palettes à reconditionner a baissé quant à elle de 7% par rapport à 2015. Pour autant, cet outil logistique reste fondamental dans les échanges et il y a fort à parier que dès que la reprise, la demande repartira. Côté matériaux, le bois demeure ultramajoritaire sur le marché par rapport au plastique. La France a produit 128,5 millions de palettes neuves et reconditionnées en 2019. À elle seule, cette industrie consomme 1,5 million de mètres cubes de sciages par an.

Une année 2020 constrastée 

L’année 2020 se présente de façon contrastée, en fonction des sous-filières. Si le Seila met en évidence un double impact, avec des clients qui, comme c’est le cas dans l’aéronautique sont à l’arrêt total depuis quelques mois et prévoient de ne redémarrer que dans cinq ou six ans, d’autres, en revanche, ont plutôt bien résisté et se redéploient progressivement comme dans les télécommunications ou l’électronique.  « Les conséquences du Covid-19 sont bien là, mais nous les avons minimisées grâce à une fin d’année plutôt positive », détaille Nicolas Derouault, président du Seila. L’optimisme est aussi de rigueur au Siel-Grow. « Bien que nous ayons été touchés par la fermeture des restaurants, qui a provoqué une baisse des livraisons de cagettes de fruits et légumes, le confinement a bénéficié aux producteurs locaux, peu concurrencés par l’Espagne, ce qui a favorisé les ventes », indique François de Viviés. Quant aux palettes, 2020 devrait se traduire par un recul modéré, en raison des mouvements erratiques de la demande, positive dans l’alimentaire, la pharmacie ou la chimie, mais quasi inexistante dans d’autres secteurs comme les bâtiment et travaux publics (BTP).

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