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L’Académie des sciences invite à la rupture

Arnaud Jadoul

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L’Académie des sciences invite à la rupture

Dans un rapport intitulé Les Plastiques dans l’environnement, l’institution présente une série de recommandations pour mieux maîtriser l’économie des plastiques. -

Poursuivre les efforts pour réduire la pollution à la source et développer des programmes de recherche ambitieux afin de mieux comprendre le devenir des déchets plastique et leur impact sur le vivant : telles sont quelques-unes des recommandations présentées par l’Académie des sciences dans le rapport intitulé Les Plastiques dans l’environnement qu’elle vient de publier. Elle appelle notamment politiques, industriels et économistes à s’engager conjointement dans une démarche de rupture pour permettre d’intégrer la filière plastique dans les principes d’une économie circulaire.

Constat préoccupant

L’assemblée de scientifiques fait d’abord le point sur le rôle des plastiques dans le monde et dresse un constat préoccupant quant à l’ampleur de la pollution dont ils sont responsables. Avec leurs multiples propriétés (légèreté, résistance mécanique et chimique, rigidité, souplesse ou élasticité), les plastiques sont devenus en l’espace de quelques décennies des matériaux incontournables, tant dans le secteur industriel que pour les usages de la vie domestique. Pourtant, issus d’une matière première non renouvelable, difficiles à recycler et à digérer par les micro-organismes, ces plastiques sont aujourd’hui reconnus comme source de pollution pour l’environnement dès lors qu’ils sont produits massivement pour des utilisations à durée brève ou à usage unique. Ils affectent la totalité des enveloppes superficielles de la planète – océans, eaux douces, continents et atmosphère – jusqu’aux régions les plus reculées. Leur impact toxicologique sur les êtres vivants, bien qu’encore mal documenté, constitue une préoccupation croissante.

Action commune

Face à ce constat, l’Académie des sciences note que, si des efforts ont déjà été consentis pour réduire la pollution aquatique par les plastiques, ils sont insuffisants pour empêcher une accumulation massive de ces déchets dans les écosystèmes continentaux et océaniques au cours des prochaines décennies. Posant en premier lieu les conditions d’une utilisation et d’une production raisonnées de ces polymères, elle formule une série de recommandations. Ainsi, outre l’indispensable tri à l’échelle individuelle et l’information des citoyens qui doit l’accompagner, l’institution insiste sur les efforts à consentir de la part des acteurs industriels, pour repenser de manière radicale la production des plastiques et réduire la pollution à la source. « Cette démarche doit nécessairement s’inscrire dans une action commune impliquant également les politiques et les économistes », souligne-t-elle. Il s’agit notamment de remplacer les plastiques de commodité – plus stables et moins chers à fabriquer – par des polymères plus facilement dépolymérisables, de prendre en compte le recyclage des plastiques dès leur conception, en prévoyant un marquage facilitant le tri, de lutter contre l’obsolescence programmée, de favoriser les plastiques recyclables en instaurant des taxes sur le principe polleur-payeur et, de manière générale, de réduire leur production, que ce soit en proscrivant le recours à des polymères ou des adjuvants inutiles (notamment pour la fabrication des plastiques colorés), en arrêtant la fabrication de petits objets lorsque des produits de substitution existent, ou en bannissant le suremballage.

Recherche fondamentale et appliquée

En outre, la transition vers une nécessaire économie circulaire doit s’accompagner d’une compréhension précise du devenir des déchets plastique et de leur impact sur la santé et l’environnement. D’où sa préconisation du développement d’un programme ambitieux de recherche fondamentale et appliquée à l’échelle mondiale, au sein duquel la recherche française pourrait tenir un rôle moteur. Elle cite par exemple des études sur la chimie des polymères qui devraient permettre la mise au point de produits et méthodes garantissant un meilleur recyclage. En matière d’écologie, il est nécessaire de mieux documenter le cycle biogéochimique global des déchets plastique, et en particulier les phénomènes de fragmentation et de dégradation de ces déchets mal gérés menant à la production de micro et nanodébris qui se retrouvent à terme par dizaines de millions de tonnes dans les océans. Enfin, sur le plan sanitaire, de nouvelles recherches doivent être entreprises pour évaluer l’impact des déchets plastique sur les écosystèmes et les êtres vivants.

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