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Economie circulaire

Imbroglio autour de Chapelle-Darblay

Henri Saporta
Imbroglio autour de Chapelle-Darblay

© UPM

Bercy regrette la décision du papetier finlandais UPM qui a préféré Samfi/Paprec à Veolia/Fibre Excellence. La métropole de Rouen Normandie préempte le site. -

« Paprec remporte Chapelle-Darblay » titrait Emballages Magazine dans la matinée du 15 octobre pour annoncer la décision du papetier finlandais UPM. Comme Paprec n’était pas, dans l'immédiat, en mesure de confirmer l’opération, le doute s’installe. L’imbroglio autour de l'alternative de Veolia se met en place. « Les ministres regrettent qu'UPM n'ait pas retardé sa prise de décision alors même que les deux offres n'ont pas pu bénéficier d'un examen suffisamment détaillé » : dans un communiqué du 15 octobre, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des finances et de la relance, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, prennent leur distance avec la décision du papetier. De poursuivre : « Il est de la responsabilité d'UPM de mener à bien, avec l'ensemble des parties prenantes, une analyse approfondie de toutes les options disponibles, afin de permettre la meilleure réindustrialisation possible de ce site dont il a choisi de se séparer ». Et d'enfoncer le clou : « Nous estimons que l’offre alternative de Veolia mérite d’être examinée dans le détail. »

400 000 tonnes de carton

Comme rapporté par une dépêche de l’Agence France presse (AFP), UPM a voté, le vendredi 15 octobre, pour la vente de la papeterie de Grand-Couronne (Seine-Maritime) à Samfi Invest et Paprec, unis dans une offre conjointe. Or, dans un communiqué du 14 octobre, Antoine Frérot, le patron de Veolia, avait défendu son projet mené avec Fibre Excellence. Les deux partenaires annoncent la production de 400 000 tonnes de carton ondulé issu de papiers et cartons à recycler (PCR) pour fabriquer du papier pour ondulé (PPO). Veolia assure l’approvisionnement en PCR tandis que Fibre Excellence prend en charge la production de carton. L’énergie doit provenir d’une chaudière de cogénération biomasse alimentée par des déchets organiques collectés en Normandie, Bretagne et Hauts-de-France. L’investissement complet s'élève à 120 millions d’euros. Ainsi, 250 emplois sont maintenus.

Un écopôle industriel

Cité par notre confère L’Usine nouvelle le 15 octobre, Veolia maintient : « Nous sommes convaincus que le projet de transformation écologique que nous portons est le seul bénéfique pour l'ensemble des parties prenantes […] C’est un projet robuste et rentable qui s'inscrit dans la continuité historique de la Chapelle-Darblay. » À l’inverse, selon Julien Senecal, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) du comité social et économique (CSE), et Arnaud Dauxerre, représentant des cadres de Chapelle-Darblay, la solution portée par Samfi Invest et Paprec est en rupture avec l'histoire du site et implique « le démantèlement de l'outil industriel ». Dans un communiqué diffusé en fin d'après-midi, Paprec confirme son engagement avec Samfi : « Les deux acteurs vont créer sur la Chapelle-Darblay un écopôle industriel permettant d'inscrire le territoire dans la transition écologique en créant de nouveaux emplois locaux. » Montant total de l'investissement : 450 millions d'euros à terme.

Droit de préemption

Conclusion provisoire : « Les ministres s’entretiendront dans les prochaines heures avec les élus du bassin rouennais pour décider des prochaines actions à mener conjointement. » Résultat :  la métropole de Rouen Normandie veut « user de son droit de préemption » pour racheter la papeterie. Son président socialiste Nicolas Mayer-Rossignol indique : « Le service des domaines fera une évaluation du site » à « plusieurs millions d'euros » en soulignant que « Veolia et Fibre Excellence sont des entreprises sérieuses ».  La collectivité territoriale aura deux mois pour agir une fois qu'UPM lui aura notifié son intention de vendre à Samfi-Paprec. Dans son communiqué officiel confirmant  « l'accord de vente », UPM indique que « la transaction est soumise aux approbations habituelles ». Une formule… habituelle à prendre toutefois au pied de la lettre. 

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