Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Profession

Consigne ? 30-A, le Sénat au service

Consigne ? 30-A, le Sénat au service

Fondateur de Paprec, Jean-Luc Petithuguenin est vice-président de Federec.

© D.R.

Jean-Luc Petithuguenin déploie ses arguments en faveur de l’extension des consignes de tri. -

Avant l’été comme après, la consigne pour recyclage des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) voire des canettes en aluminium, Jean-Luc Petithuguenin n’en veut toujours pas ! Le patron de Paprec a choisi un tout nouveau centre - Trivalo 69 installé à Chassieu (Rhône) et adapté à l’extension des consignes de tri - pour développer son point de vue. Avec son franc-parler coutumier ! Les oreilles de Brune Poirson ont dû encore une fois siffler. D’autant que Jean-Luc Petithuguenin affirme que le cabinet de la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire l’a appelé la veille de la conférence de presse du mardi 3 septembre pour s’inquiéter de la teneur du message livré aux journalistes. Le patron de Paprec reste résolument sur ses positions : la consigne est une bêtise - euphémisme ! - économique, écologique et sociale.

Pots de yaourt

Économique car le déploiement du dispositif se chiffre en milliards d’euros pour passer, en ce qui concerne les seules bouteilles en PET, de 57 à 90% de taux de collecte après 25 ans de responsabilité élargie des producteurs (REP). Écologique car ce nouveau canal va générer de nouveaux flux de camions et mettre en péril l’équilibre des centres de tri. Si les centaines d’euros que rapporte une tonne de PET échappent aux collectivités locales, comment financer les plastiques difficiles à recycler comme les pots de yaourt ou les films ? Issu d’un investissement de 27 millions d’euros, le centre de tri de Chassieu doit ainsi traiter 60 000 tonnes d’emballages ménagers par an pour produire treize flux comme différentes sortes de papiers et cartons, les emballages légers en métal comme les capsules de café en aluminium, le polystyrène (PS), le polyéthylène haute densité (PEhd) ou les PET clair et opaque.

500 millions

Sociale car le geste de tri devrait rester gratuit alors que la caution ou la gratification induisent un biais financier malsain et dangereux. Partant du principe que 10% des emballages ne seront pas rapportés, la consigne va grever le pouvoir d’achat des Français de 500 millions d’euros et entraîner une hausse significative des impôts locaux. Vous avez dit Gilets jaunes ? « On ne change pas les règles du jeu  à la mi-temps ! C’est inacceptable » : telle est la position de Jean-Luc Petithuguenin, fondamentalement convaincu que « madame Poirson a tort » même si « elle veut se faire un nom ».

30-A

Néanmoins, après plusieurs mois de mobilisation, la cause des opposants - Amorce, la Fédération des entreprises du recyclage (Federec), le Cercle national du recyclage (CNR) ou encore l’Association des maires de France (AMF) - semble progresser. « Le score est actuellement à 30-A contre 30-0 pour le ministère au début », savoure le chef d’entreprise et vice-président de Federec. Alors que le Sénat sera au service dès septembre - la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable doit entendre Brune Poirson dès le 10 - pour discuter du projet de loi relatif « à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire » (Lec), qui comprend l’article sur la consigne, le patron de Paprec est convaincu que de nombreux élus ont désormais bien compris qu’elle allait leur poser immédiatement de vrais problèmes pour le seul bénéfice des Leclerc et autres Coca-Cola. Le match n’est donc pas joué. Le fait d’en avoir reporté la mise en œuvre après les municipales de mars 2020 constitue d’ailleurs pour les connaisseurs une première défaite pour Brune Poirson.

Gouvernement

Quant à sa visite, en compagnie d’Edouard Philippe, Premier ministre, et Elisabeth Borne, ministre de l’Ecologie, à Roubaix (Nord) le jeudi 29 août sur la thématique du zéro déchet, elle démontrerait que la secrétaire d’État serait bien seule à croire au projet au sein du gouvernement. Il se dit même que le président de la République Emmanuel Macron n’est pas très chaud. « La consigne ne permet pas d'atteindre les 100% de recyclage » promis par le candidat en campagne. A l’issu du séminaire gouvernemental du mercredi 4 mars, Edouard Philippe entend, pour autant, mobiliser « chacun des ministres » pour la transition écologique.

Extension

Quel est le rôle de Citeo dans ce bras de fer ? Pas simple ! À l’origine d’un appel à la concertation au mois de juin, la société agréée pour la valorisation des emballages et papiers ménagers au titre de la REP jouerait actuellement sur les deux tableaux. Un jeu risqué car « promouvoir la consigne est incompatible avec l’extension des consignes de tri » : le patron de Paprec en veut pour preuve que plusieurs collectivités locales ont déjà gelé ou reporté leurs investissements en attendant d’y voir plus clair… Consigne ou extension, il va falloir choisir.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Les opposants à la consigne satisfaits

Profession

Les opposants à la consigne satisfaits

Dix signataires saluent le travail de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. - Dix signataires saluent le travail de la commission de l’aménagement du territoire[…]

Des substances nocives dans les trois quarts des produits en plastique de consommation courante

Sécurité sanitaire

Des substances nocives dans les trois quarts des produits en plastique de consommation courante

Col de cygne dédouble son ensacheuse

Col de cygne dédouble son ensacheuse

Le Sénat rejette « la consigne de Coca-Cola »

Economie circulaire

Le Sénat rejette « la consigne de Coca-Cola »

Plus d'articles