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Chapelle-Darblay : État des lieux avant emballage final

Chapelle-Darblay : État des lieux avant emballage final

L'usine est implantée à Grand-Couronne depuis 1927.

© UPM

Après les rebondissements du 15 octobre, Emballages Magazine propose un état des lieux pour clarifier les enjeux autour de la papeterie d'UPM de Grand-Couronne. -

Depuis l’annonce en septembre 2019 par le papetier finlandais United Paper Mills (UPM) de la cession de la papeterie Chapelle-Darblay de Grand-Couronne (Seine-Maritime), l’avenir de ce site industriel hautement symbolique fait l’objet d’intenses tractations autour de sa relance ou de son arrêt. Les collectifs « Sauvons la Chapelle-Darblay ! » et « Plus jamais ça » mènent de nombreuses opérations de soutien. En mars 2021, 67 élus dont Édouard Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre, appellent à sauver le site ancré dans l'histoire du syndicalisme. Dans un courrier en date du 12 mai 2021 adressé à Nicolas Mayer-Rossignol (PS), maire socialiste de Rouen et président de la métropole de Rouen Normandie, Emmanuel Macron, président de la République, signale « toute l’attention » qu'il porte à la situation de la papeterie. De nombreuses offres sont évoquées, puis abandonnées. Alors qu’UPM s’est engagé à maintenir l’outil industriel, Julien Senecal, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) du comité social et économique (CSE), et Arnaud Dauxerre, représentant des cadres, entretiennent la flamme. Le vendredi 15 octobre, la journée commence par l’annonce qu’UPM a choisi une offre portée par Samfi Invest et Paprec et se termine par un rejet des pouvoirs publics. Un état des lieux s’impose. 

Un site industriel majeur
Construit sous le nom de Société nouvelle de papeterie (Sonopa) à Grand-Couronne (Seine-Maritime) en 1927, le site devient Chapelle-Darblay en 1968 et passe sous le contrôle de Kymmene en 1990 qui fusionne dans UPM. La papeterie faisait partie d’un ensemble industriel qui comprenait notamment une papeterie à Saint-Étienne-du-Rouvray. Si cette dernière, alors spécialisée dans le magazine, est exploitée actuellement par DS Smith pour le papier pour ondulé (PPO), Chapelle-Darblay, équipé en désencrage, fabriquait du papier journal entièrement recyclé. Avec une capacité de traitement de 40% des papiers et cartons à recycler (PCR) collectés en France, l’usine constituait le premier débouché de la collecte française à hauteur de 480 000 tonnes hier et 350 000 à la fermeture. Les deux machines à papier affichent 130 000 et 250 000 tonnes de capacité. Secoué par de multiples crises et plusieurs grèves, le site est notamment victime du déclin structurel de la presse imprimée. Les 230 salariés sont licenciés en 2020. Dans son rapport remis à la commission du Développement durable de l'Assemblée nationale, la mission d’information parlementaire consacrée à la filière du recyclage du papier, initiée en juillet 2020, estime que le salut de l’usine passe par l’emballage. Une position partagée par les syndicats et notamment Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

Deux projets de reconversion
Le jeudi 14 octobre, Antoine Frérot, le patron de Veolia, défend dans un communiqué son projet mené avec le canadien Fibre Excellence. Les deux partenaires annoncent la production de 400 000 tonnes de carton ondulé issu de papier pour ondulé (PPO) fabriqués avec des PCR. La frontière entre la production de PPO et sa transformation en carton n’est pas claire. Veolia assure l’approvisionnement en PCR tandis que Fibre Excellence prend en charge le PPO. L’énergie doit provenir d’une chaudière de cogénération biomasse alimentée par des déchets organiques collectés en Normandie, Bretagne et Hauts-de-France. L’investissement complet s'élève à 120 millions d’euros. Ainsi, 250 emplois sont maintenus.
Le vendredi 15 octobre au matin, Julien Senecal et Arnaud Dauxerre déclarent qu’UPM indique avoir choisi la solution portée par Samfi Invest et Paprec. Paprec confirme dans l’après-midi que « les deux acteurs vont créer sur la Chapelle-Darblay un écopôle industriel permettant d'inscrire le territoire dans la transition écologique en créant de nouveaux emplois locaux. » Montant total de l'investissement : 450 millions d'euros à terme. Les pouvoirs publics, la CGT et des élus rejoignent la position de Julien Senecal et Arnaud Dauxerre qui estiment que ce projet est en rupture avec l’histoire industrielle de l’usine. La production d’hydrogène est jugée hypothétique. Le 20 octobre, H2V a cédé H2V Normandy, implanté à Port-Jérome (Seine-Maritime), à Air liquide. La mise en service de cette unité lancée en 2016 est prévue en 2025.

Un droit de préemption à venir
Dans un communiqué en date du 15 octobre, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, regrettent le choix d’UPM en faveur de Samfi-Paprec. Les deux ministres estiment que « l’offre alternative de Veolia mérite d’être examinée dans le détail. » En fin de journée, Nicolas Mayer-Rossignol annonce qu’il va faire jouer son droit de préemption « à plusieurs millions d’euros ». Les deux offres des industriels valorisent le site à environ 8 millions d’euros. La collectivité territoriale aura deux mois pour agir une fois qu'UPM lui aura notifié son intention de vendre à Samfi-Paprec. 

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