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Cartonéo augmente la cadence dans le numérique

Tiziano Polito
Cartonéo augmente la cadence dans le numérique

La ligne mesure 36 mètres de long.

© © jean marc baudet studio vision

Le cartonnier basé dans le Jura a démarré la production sur sa nouvelle presse HP PageWide C500, unique machine de sa catégorie en France. -

On aurait tort de croire que ce sont les leaders qui innovent toujours les premiers. Dans le carton ondulé, en tout cas, ce n’est pas le cas. Basé à Vaux-lès-Saint-Claude (Jura), Cartonéo, qui réalise un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros avec 110 salariés pèse peu face aux grands leaders de cette profession. Pourtant, la société familiale a pris le risque d’investir quelque 6,5 millions d’euros – dont 4 millions uniquement pour la machine – dans une nouvelle technologie numérique, en l’occurrence une ligne HP PageWide C500. Emballages Magazine s’est déjà fait l’écho de cette presse qui, grâce à ses 91 têtes jet d’encre, est capable d’imprimer en une passe et à une vitesse de 75 mètres par minute des substrats couchés et non couchés avec des encres à base d’eau compatibles pour un usage alimentaire indirect.

Longueur d'avance 

« Nous avons pris un risque, mais c’est un risque calculé. Nous croyons que le numérique va nous ouvrir de nouveaux marchés dans les petites et moyennes séries. Nos clients s’y intéressent, car ils veulent réduire leurs stocks, mais aussi parce qu’ils peuvent réaliser du versioning à moindre coût dans le cadre d’opérations promotionnelles et tracer leurs emballages pour lutter contre le commerce parallèle », explique Edmond Perrier, Pdg de la société. Cartonéo est le premier cartonnier en France à s’équiper avec cette machine, le troisième en Europe. Onze PageWide C500 seulement ont été vendues dans le monde. « Nous allons sûrement essuyer des plâtres, car nous sommes les premiers, mais cela va nous donner une longueur d’avance sur les concurrents ». Arrivée d’Israël par bateau en janvier dernier et transportée dans le Jura à l'aide de treize camions, la ligne HP a été installée au cours du mois de février. Elle tourne depuis fin mars. Il aura fallu huit semaines de montage et une vingtaine de techniciens pour la rendre opérationnelle. Ses prestations sont hors normes, en tout cas pour une presse numérique : 36 mètres de long, jusqu’à 5000 feuilles par heure, la possibilité d’imprimer des plaques de carton ondulé de cannelures B, C, E, F, EB, BC pour un format allant jusqu'à 1,32 x 2,50 cm et pour une épaisseur maximale de 7 mm.

Quatre constructeurs consultés 

Cartonéo a consulté quatre constructeurs avant de se décider : l’américain EFI pour sa presse Nozomi C18000, l’espagnol Barberàn, l’italien Durst et HP. Ce dernier l’a emporté de par « la qualité offset » du rendu. Installée dans un nouvel atelier de 1000 m², la PageWide C500 ira côtoyer une presse HP Scitex 11000 et deux tables de découpe Kongsberg C66 à alimentation robotisée qui seront déménagées d’un local à proximité afin de constituer le nouveau pôle numérique de Cartonéo. Celui-ci pourra ainsi disposer de machines plus ou moins puissantes pour réaliser ses travaux, en fonction de la longueur des tirages et des applications. Parce qu’elle déploie des encres aqueuses, la C500 ouvre en effet de nouvelles perspectives dans l’alimentaire, ce qui n’était pas possible avec les encres UV de la 11000. « Nous avons fait des essais dans le chocolat avec la Scitex, mais l’odeur des solvants est trop persistante », explique Edmond Perrier. Présent sur de nombreux segments de marchés, allant de l’alimentaire aux boissons en passant par la santé, les jouets, l’industrie et l’électroménager avec une offre qui comprend à la fois des caisses en carton ondulé (en photo ci-dessous) et les présentoirs PLV, Cartonéo est régulièrement confronté aux petites séries.

Consommation d'encre

Grâce à sa productivité, la C500 lui ouvre les portes des moyennes séries. Pour autant, l’entreprise ne se livre à aucun calcul. « Il était important pour nous d’être les premiers à être équipés, mais nous n’avons pas encore établi de business plan ni ne savons précisément quel est le point au-delà duquel l’impression traditionnelle reste plus intéressante. Nous en saurons plus dans un an lorsque nous connaîtrons mieux la machine, et notamment sa consommation d’encre. » explique Edmond Perrier. Les premières commandes devraient commencer à affluer d’ici quelques semaines. La société compte sur le développement des PLV (en photo ci-dessous) dans les grandes surfaces. Des clients habituels comme Dim, les jouets Écoiffier, Atlantic ont fait part de leur intérêt pour la technologie, dans le cadre de séries limitées ou de travaux de versioning de masse. D’autres sociétés qui n'étaient pas clientes, comme Bardinet (Rhum Negrita, Dillon, Canadou, L’Héritier-Guyot), le sont devenues. Cette société spécialisée dans les boissons alcoolisées est même allée jusqu’à signer avec Cartonéo un contrat d’approvisionnement global, comprenant les cartons imprimés en numérique et ceux en offset traditionnel. Enfin, avec My 4.0,  le cartonnier va développer son offre "web-to-print", permettant aux entreprises, aux startup et aux particuliers de concevoir et de commander leurs emballages en ligne, à partir de tracés disponibles. À la clé, des délais plus rapides et des coûts plus intéressants pour ces clients.

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