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Nouveau départ pour SES

Arnaud Jadoul

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Nouveau départ pour SES

SES a fabriqué 800 000 sacs pour linge contaminé en 2019.

En redressement judiciaire depuis septembre 2019, le spécialiste des sacs pour hôpitaux et emballages souples en plastique est repris par l’ivoirien Plastica. -

La chambre commerciale de la cour d’appel de Riom (Puy-de-Dôme) a tranché : aujourd'hui 30 mars, Stephany emballages services (SES) est repris par le plasturgiste ivoirien Plastica et son directeur général Abbas Baddredine, en son nom propre. Les 35 emplois du spécialiste des sacs pour hôpitaux et emballages souples en plastique, basé à Saint-Pal-de-Mons, en Haute-Loire, et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 8,5 millions d’euros en 2019, sont maintenus. La section syndicale CGT de l’entreprise avait milité pour cette solution. Elle se félicite de « cette victoire » due à la mobilisation des salariés. Ceux-ci s’étaient effectivement mis en grève après la décision du tribunal de commerce du Puy-en-Velay (Haute-Loire), le 20 janvier ; ne suivant pas le ministère public, il s’était prononcé pour le projet de reprise de Leygatech, qui prévoyait de ne conserver que la moitié de l’effectif et de déménager l’activité sur son site de Saint-Romain-Lachalm (Haute-Loire). Le parquet avait ensuite fait appel, provoquant le retrait de l’offre de Leygatech.

Incompréhension

Le précédent dirigeant de SES, Jean-Philippe Grail, ne cache pas son amertume et son incompréhension, qualifiant la décision de « précipitée, irraisonnée, inacceptable et suicidaire ». « Au vu du contexte actuel, je m’attendais à un report de cette décision », déclare-t-il. Il rappelle que SES est le seul fabricant en France de sacs à ouverture soluble pour le linge contaminé pour le secteur hospitalier et de sacs à fermeture étanche pour les transports biologiques. « Nous avons développé une gamme spécifique de plus de 400 emballages souples en stock permanent couvrant tous les besoins en hygiène, que ce soit en blanchisserie, restauration collective, laboratoire, service d’urgence. Et nous avons été les seuls à bien vouloir servir les hôpitaux alors qu’ils étaient considérés comme des mauvais payeurs. Mais les économies qu’on leur a imposées leur ont fait réduire les stocks et les consommations et les appels d’offres ont été emportés par des sociétés qui importent à bas coût. »

Pour compenser cette baisse d’activité, Jean-Philippe Grail avait envisagé de produire des emballages compostables, sacs pour fruits et légumes, films de routage… SES avait ainsi investi 7 millions d’euros dans de nouvelles machines. « Malgré les promesses, ce gouvernement n’a pas mis en place les contrôles indispensables au respect de la loi de transition énergétique et a laissé la porte ouverte à des fraudes et à un marché parallèle. Nous nous sommes donc retrouvés avec du matériel sans commande. Nous avons aussi été pénalisés par l’incendie qui a touché Sigoplast », qui était le client le plus important de sa filiale Seid, sortie du périmètre de SES en février dernier.

Enfoncé plutôt qu’aidé

« Nous avons sonné à toutes les portes, en vain ! Les sociétés en redressement judiciaire ne sont pas aidées. » « Depuis le début de la pandémie, nous faisons face pourtant et répondons présent, alors qu’aucun importateur ni gros distributeur ne livre, faute de stock, par manque d’anticipation, ajoute-t-il. La demande actuelle représentait plus de six années de vente. Ce n’était donc pas le moment de statuer sur SES. On ne change pas un général qui a 25 ans d’expérience en pleine guerre ! J’aurais pu sauver mon entreprise si j’avais été aidé plutôt qu’enfoncé. J’envisage donc de déposer plainte. » Toutefois, Jean-Philippe Grail ne vise pas le nouveau propriétaire. « Je ne suis pas contre la reprise par Plastica. Mais son patron est confiné en Côte d’Ivoire. Qui va faire tourner l’usine ? »

Tête de pont

Plastica, installé à Abidjan (Côte d’Ivoire) et au Togo, compte faire de SES la tête de pont de son développement en Europe. Annonçant un effectif de 1900 salariés et un chiffre d’affaires de près de 50 millions d’euros dans l’injection, l’extrusion et l’impression de sacs, bâches et bidons, entre autres, l’entreprise avait indiqué dans son offre vouloir investir 1 million d’euros dès la reprise et 15 millions sur trois ans.

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