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Cet insupportable plastique !

Henri Saporta

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Cet insupportable plastique !

Michel Fontaine est président du Conseil national de l'emballage (CNE).

© D.R.

Et si le plastique, "enfant terrible" des Trente Glorieuses, faisait simplement sa crise de la cinquantaine ? Président du Conseil national de l’emballage (CNE), Michel Fontaine livre son point de vue. -

Il y a longtemps, en 1973, la société française découvrait avec effroi que l’automobile, son icône absolue, synonyme de liberté, adorée et vénérée depuis l’après-guerre, l’automobile, donc, tuait 18 000 personnes par an sur les routes. Les journaux se déchaînèrent, la classe politique se déchira, l’opinion publique se divisa, mais chacun comprit en son for intérieur que la situation devenait insupportable, qu’il fallait absolument faire quelque chose. Un chansonnier suggéra même d’interdire les routes et les voitures, il n’y aurait ainsi plus de morts. Une proposition radicale et stupide qui eut le grand mérite de ne pas faire rire, mais de faire réfléchir.

Quelque 45 ans plus tard, les routes et les voitures sont heureusement toujours là, la circulation a plus que triplé et le nombre de morts par an est descendu à 3 500. C’est encore trop, mais c’est quinze à vingt fois moins, en proportion, qu’au pire de la situation. Grâce à des routes en meilleur état, des signalisations plus explicites, des voitures beaucoup plus solides, des pneus de meilleure qualité, des airbags, des ceintures de sécurité, des citoyens mieux formés et plus responsables, des contrôles de vitesse, des consommations d’alcool limitées… Une situation beaucoup mieux gérée en somme. Quant au vif débat sur la limitation à 80 km à l'heure, il montre que le sujet demeure épidermique !

Supprimer les plastiques

Aujourd'hui, les plastiques, sans qu’ils soient très bien définis d’ailleurs, empoisonneraient la planète. Ils tournent dans l’océan, bloquent le cou de nos pélicans adorés et de tous leurs copains animaux. J’ai entendu récemment un héritier putatif du chansonnier clamer haut et fort sur les réseaux sociaux que la solution était évidente, qu’il fallait tout simplement interdire et supprimer les plastiques.

Oui, débarrassons-nous de ces créations multiformes, symboles de notre vie de tous les jours, ces produits étonnants, légers, transparents ou colorés à volonté, étanches à l’air et à l’humidité. Ces plastiques que l’on retrouve partout autour de nous, dans nos maisons, dans nos automobiles, dans nos emballages, dans nos peintures, dans nos téléphones, dans nos vêtements, dans les jouets de nos enfants... Toi, petit Français consommateur, la vindicte médiatique et populaire l’a bien dit et répété à l’envi : tu es responsable de cette situation.

Des solutions à portée de main

J’espère que cet héritier lira ces lignes, car j’ai envie de lui dire que les plastiques sont fichtrement utiles, que l’on doit simplement veiller à mieux les exploiter, à mieux concevoir les produits qui les emploient, à les écoconcevoir. J’ajoute qu’il faut probablement éduquer et motiver encore plus les citoyens consommateurs à mieux les trier, à ne pas les jeter n’importe où ; que les opérateurs du déchet et les collectivités locales doivent également permettre de tous les récupérer et les recycler ; qu’il sera sans doute un jour nécessaire de les produire sans faire appel au pétrole.

Rien n’est simple ni évident pour ce matériau très jeune encore, mais il y a des solutions à portée de main, ici en France et ailleurs autour du Pacifique. En tant que citoyens du monde, nous devons aider cet insupportable plastique, enfant de notre société moderne, car qu’on le veuille ou non, il fait maintenant partie intégrante de notre famille.

Michel Fontaine est président du Conseil national de l’emballage (CNE).

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