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Marquer en relief sur les emballages

MARION BASCHET-VERNET

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Grande distribution, laboratoires pharmaceutiques et fabricants de produits jugés toxiques passent au marquage en relief sur leurs emballages. Cette généralisation va de pair avec la recherche d'une standardisation des caractères et procédés d'impression.

Fortement recommandé dans un souci de sécurité, le marquage en Braille des emballages pourrait devenir demain la règle générale. Dans l'immédiat, deux secteurs sont concernés à la suite de directives européennes entrées en vigueur en octobre dernier. La première intitulée ISO-EN 11683 porte sur les emballages de pesticides, nettoyants, engrais et autres produits jugés toxiques et impropres à la consommation, qui doivent afficher un triangle non seulement visible, mais aussi décelable au toucher, type Braille, pour signaler le danger qu'ils représentent aux malvoyants. Une pratique déjà courante pour les fabricants tels le groupe Scotts qui possède les marques KB Jardin et Limogène pour l'entretien du jardin. « Cette directive n'est que le résultat d'une précédente réglementation en vigueur depuis plusieurs années, qui nous a obligés à nous adapter très tôt avec le marquage en Braille incrusté dans la matière de nos emballages », note Jean-Pierre Mille, responsable formation et consommateurs chez Scotts. Bouleversement, en revanche, dans le domaine pharmaceutique. A compter d'octobre 2005, les laboratoires ont deux années pour intégrer systématiquement sur leurs emballages de nouveaux médicaments, voire sur les notices, des informations en Braille comme le nom de la spécialité, son numéro de lot et sa date de péremption, afin d'être en accord avec la directive européenne 2001/83/CE. Variables selon les pays, ces informations sont limitées en France au nom du médicament et étendues à son dosage, voire à ses formes galéniques s'il y en a plusieurs.

De plus en plus d'embossage

Selon Peter Seidl, responsable marketing de Schreiner Medipharm, la directive cible tout d'abord les emballages secondaires de médicaments et donc, principalement, les étuis. Les répercussions sur l'activité des fabricants d'étiquettes devraient être limitées dans un premier temps.

L'activisme semble plutôt de mise chez les cartonniers, à l'instar de Field Boxmore (Chesapeake) et Packart (Ileos) qui prévoient, au cours des deux prochaines années, une forte augmentation de l'impression en Braille sur leurs étuis pharmaceutiques grâce à la technique de l'embossage. Chez Packart, spécialisé dans les étuis pliants, la proportion des étuis comportant du Braille est passée de 5 % en 2004 à 25 % aujourd'hui. Selon Franck Lebailly, directeur industriel de Packart, le pourcentage devrait atteindre 40 % en 2006 sur les trois sites français du groupe. Il faut ajouter que l'entreprise travaille actuellement avec le fabricant de machines Bosch pour optimiser les procédés d'obtention du Braille et gagner en temps de mise en oeuvre. L'idée : réaliser l'embossage au niveau de l'opération de collage des étuis et non plus à la découpe. Un procédé intéressant pour les impressions de petites et moyennes séries.

Une hauteur minimale de points

Reste que la directive sur le Braille en pharmacie a déclenché un processus de réflexion salutaire au sein de la filière, qui bute cependant sur l'harmonisation des procédés d'impression. De fait et d'un point de vue technique, la problématique du Braille répond à des dimensionnements précis. Si l'écartement des points est fixe, une hauteur minimale de 0,5 millimètre est réclamée par les associations de non-voyants en Europe. Mais voilà : côté industrie, les cartonniers européens, tels Copapharm et Packart, rassemblés au sein de l'association European Carton Maker Association (ECMA), ont défini un standard technique dimensionnel qui s'appuie sur le Marburg Medium pour le secteur pharmaceutique et qui propose une hauteur approximative de points de 0,12 millimètre, soit 120 microns. Le standard ECMA précise : « Puisqu'il est difficile de mesurer le relief par rapport à la surface du carton, il est recommandé de contrôler visuellement la hauteur. L'amorce de déchirement constitue la limite supérieure acceptable. » Et Franck Lebailly d'ajouter : « Nous ne pouvons pas déroger au standard, pour rester le plus compétitif possible. » Entre optimisation industrielle des procédés d'impression et une meilleure lisibilité des informations pour les non-voyants, que choisir ? La réglementation sur le Braille semblant finalisée à un niveau européen, il y a là un vrai paradoxe qui n'est pas encore résolu. Dans ce contexte, le marquage par points de colle, proposé par Supratec et Nordson France, peut aussi être une alternative pour allier hautes cadences et respect des dimensions, notamment pour les emballages de petites tailles où la technique de l'embossage est très délicate à appliquer, voire impossible.

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