Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Dossier

La conception hygiénique s'impose

Tiziano Polito
La prévention des risques de contamination lors du conditionnement passe d'abord par la conception des machines selon des principes hygièniques. Du design, au choix des matériaux et des composants, en passant par la facilité de nettoyage.

Le milieu, la main d'oeuvre, la matière première, la méthode et le matériel : les adeptes de la méthode dite Hazard analysis critical control point (HACCP) considèrent cinq paramètres afin d'identifier les risques susceptibles d'affecter un processus de production. Ce mode opératoire, également baptisé méthode des 5M, a fait, de longue date, ses preuves dans l'industrie alimentaire pour prévenir les contaminations d'origine physique tels que les corps étrangers, chimique par produits nettoyants, par exemple, ou encore microbiologique. La méthode a le mérite de ne rien laisser au hasard. Elle rappelle aussi aux parties concernées que le matériel de production, dont les machines de conditionnement font partie, constitue une source réelle et reconnue de dangers. Surtout lorsque les équipements ne sont pas conçus selon des principes hygiéniques... Comme l'explique John Holah, responsable du département hygiène alimentaire de l'institut de recherche britannique Campden & Chorleywood Food Research Association (CCFRA) : « Les bonnes pratiques d'hygiène et de nettoyage n'y feront rien, une machine mal conçue est toujours une machine à risque ».

Aussi, à l'heure où la sécurité occupe une place prioritaire parmi les préoccupations des industriels, se pose la question de la conception hygiénique des équipements. La notion renvoie de fait à ce que certains appellent le « comportement » hygiénique de la machine à savoir son aptitude, d'une part à éviter les contaminations et, d'autre part, à être facilement nettoyée. Elle implique naturellement le design de la machine, mais aussi le choix des matériaux et des composants qui la font fonctionner. Le sujet est donc particulièrement sensible.

Faciliter le nettoyage

D'autant plus que les utilisateurs des machines de conditionnement portent un jugement partagé sur la qualité de l'offre. « L'écart type entre les constructeurs est important, notamment dans des domaines comme l'ensachage vertical où les fournisseurs sont nombreux », note Gérard Chambet, directeur de l'usine de Fleury Michon de Mouilleron-en-Pareds (Vendée), spécialisée dans les plats cuisinés. Si beaucoup reconnaissent que les constructeurs ont fourni de gros efforts au cours des dernières années pour améliorer l'hygiène de leurs machines en adoptant, par exemple, l'inox ou en généralisant les systèmes de nettoyage en place (NEP), force est de constater que des zones d'ombre persistent. Les principales critiques concernent le nettoyage, à cause de la mauvaise accessibilité des équipements ou des difficultés de démontage des composants, mais bien souvent les problèmes sont de nature plus sérieuse : présence de zones de rétention, manque d'étanchéité, corrosion des matériaux.

Loin d'être réjouissant, ce tableau n'a pourtant rien d'étonnant. Sur le plan réglementaire par exemple, les textes régissant la conception hygiénique des équipements sont quasiment inexistants. La directive 98/37/CE du 22 juin 1998 fournit une liste des principes généraux afin que les machines soient conçues de manière à répondre aux exigences essentielles en matière de sécurité et de santé mais ne donne aucune indication sur la manière dont les constructeurs doivent procéder. Qui plus est, en 46 pages, la directive ne consacre qu'une demi-page à la conception hygiénique. Et, bien sûr, pour les modalités pratiques, les constructeurs sont priés de se référer aux normes, par définition, volontaires. Du coup, la démarche des professionnels varie fortement en fonction des domaines d'activité. Sur des marchés très sensibles comme la pharmacie, la cosmétique ou le conditionnement aseptique de produits alimentaires, les constructeurs de machines sont soumis au respect de cahiers des charges très précis en matière d'hygiène. Raison pour laquelle, les principes de conception hygiénique sont appliqués systématiquement. Pour ce faire, les constructeurs recourent au système normatif et aux référentiels publiés par des organismes qui font autorité en la matière comme l'European Hygienic Engineering Design Group (EHEDG).

L'hygiène a un coût

Dans les autres secteurs, la démarche en hygiène répond plutôt à une logique du cas par cas dépendante du savoir-faire et de la tradition du constructeur, des attentes de sa clientèle. Résultat : à parité de prestations, en termes de cadences par exemple, une machine peut être plus ou moins hygiénique qu'une autre. C'est ce qui explique aussi que les différences de prix soient parfois considérables.

Comme le rappellent de nombreux constructeurs, une machine bien conçue sur le plan hygiénique, ce sont aussi des années de recherche et développement, des matériaux plus coûteux et des composants triés sur le volet. L'hygiène se résume donc à une question de volonté pour l'utilisateur.

Sans oublier, comme le rappellent les spécialistes de l'HACCP, qu'il est parfaitement inutile de posséder une machine parfaitement conçue sur le plan hygiénique si son environnement ne l'est pas.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

PAI Partners devrait racheter SGD Pharma auprès de JIC

Acquisitions

PAI Partners devrait racheter SGD Pharma auprès de JIC

Le fonds propriétaire du verrier China Jianyin Investment (JIC) a reçu une offre de PAI Partners. Le potentiel acheteur a confirmé être dans la dernière ligne droite pour acquérir SGD Pharma. – Six[…]

17/06/2021 | VerreStratégie
Sanner réalise un chiffre d’affaires record en 2020

Résultats

Sanner réalise un chiffre d’affaires record en 2020

Des briques pour lutter contre la dénutrition

Innovation

Des briques pour lutter contre la dénutrition

Neopac ajoute un sceau d’inviolabilité à son Nozzle tube

Neopac ajoute un sceau d’inviolabilité à son Nozzle tube

Plus d'articles