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La boîte pliante s'adapte à la nouvelle donne

Gilles Solard
Pour gagner en productivité, faire face à des délais toujours plus courts et à la concurrence, les fabricants de boîtes pliantes ont massivement investi. Evénementiel et promotionnel sauvent heureusement la mise.

Equipements d'impression, de transformation, nouveaux sites de production : la filière de l'étui pliant - fabriqué majoritairement en carton mais aussi en polypropylène - a largement investi ces deux dernières années.

C'est le belge Van Genechten Packaging qui a réalisé l'investissement le plus significatif. Un plan de plus de 20 millions d'euros en 2003 et en 2004, dicté par « la réduction des coûts et la création de valeur par de nouvelles possibilités techniques et une amélioration de notre vitesse de réaction », fait savoir le transformateur de carton, poids lourd de la boîte pliante dans l'alimentaire. L'ensemble du groupe est désormais équipé en computer- to-plate (CTP) pour que l'impression en multichromie devienne un standard. En France, deux nouvelles presses offset à Lille (Nord) et à Lyon (Rhône), équipées de deux tours de vernis, pourront satisfaire les besoins de différenciation « et concrétiser les efforts de recherche de créativité sur les marchés demandeurs d'innovation ». Et un nouvel équipement de contrecollage a été installé à Angoulême (Charente) pour répondre aux exigences des emballages sophistiqués. VG Goosens, filiale packaging de Van Genechten, pèse 115 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 720 personnes. Le groupe dispose désormais de nouvelles possibilités d'impression, comme les aspects or et argent, la haute brillance et la combinaison du mat et du brillant. Des techniques qui existaient déjà dans le domaine de l'emballage de luxe mais qui ont commencé à s'appliquer à l'alimentaire.

De son côté, l'allemand Edelmann, repreneur de la Société parisienne d'impression et de cartonnage (Spic), a injecté 3,5 millions d'euros dans l'unité de production de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Ont notamment été mis en service une machine offset d'impression en six couleurs, deux postes de vernissage, une machine de marquage à chaud et une pelliculeuse. Après cet investissement, le groupe entend réaliser « une recherche d'économie et d'efficacité accrues avec une organisation plus légère et restreinte ».

Effets spéciaux

Les cartonniers français n'ont pas attendu pour réagir. Le drômois Autajon a coup sur coup créé deux nouvelles usines de production d'étuis pliants. La première, implantée à Montélimar, le siège du groupe, est dédiée aux marchés de la pharmacie et de la parfumerie-cosmétique. « Ce site se caractérise par la montée en puissance de la sérigraphie pour réaliser des décors et des effets spéciaux », indique Gilles Poncato, directeur commercial d'Autajon. La seconde usine, située près de Vevey en Suisse, dessert notamment le marché de la confiserie. Un secteur porteur que la boîte pliante a véritablement conquis. Les deux unités de production ont nécessité un investissement total de 16 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de plus de 150 millions d'euros dans la boîte pliante.

Le leader français de l'étui pharmaceutique, LGR Emballages, a de son côté rationalisé la production de ses étuis en créant une nouvelle unité de production pour Nortier qui était à l'étroit dans ses locaux. Quelque 5 millions d'euros ont été investis sur un site de 9 000 mètres carrés à Cergy-Pontoise. Cette unité constitue désormais le flambeau d'un nouveau pôle dédié au luxe, qui comprend aussi Lhomme Emballages. LGR Emballages comptait jusqu'à présent un pôle étui pliant pharmaceutique réunissant en France Leguay Emballages, Cartonnages Girard, Cartonex et CFL Emballages et un pôle microcannelure, avec Reine Emballages et Rey Emballages. Cette course à l'investissement n'est d'ailleurs pas que le fait des seuls leaders de la boîte pliante en France. Des petites et moyennes entreprises se sont également équipées. Ainsi, Posson (lire 740) a aménagé des locaux flambant neufs à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) et a investi 4 millions d'euros dans un parc de machines neuves.

Quels enseignements tirer de cette avalanche d'investissements ? On peut dire, bien évidemment, que cette activité est fortement capitalistique. Mais aussi que la boîte pliante se porte plutôt bien. On pouvait, en effet, craindre que ce suremballage en carton soit fortement rudoyé par les assauts du plastique, que ce soit sous la forme de sachet ou de manchon. Or, il n'en est rien. Il conserve des positions fortement établies dans la pharmacie, le luxe ou la confiserie. Enfin, en termes techniques, on peut sans hésiter affirmer que l'impression offset sort largement gagnante malgré la montée en puissance, annoncée mais toujours attendue, de la flexographie.

Passé ce premier constat, il faut voir dans cette course à l'investissement une concurrence exacerbée entre les spécialistes de la boîte pliante. L'entrée des pays de l'Est dans l'Union européenne fait, en outre, craindre l'arrivée de nouveaux acteurs à bas coût de main d'oeuvre. Les plus prévoyants ont d'ailleurs pris les devants en s'implantant à l'Est : Van Genechten a investi, en 2004, dans une nouvelle presse offset en Pologne et une autre en Russie ; LGR Emballages est depuis peu installé en Roumanie via une co-entreprise ; Edelmann a annoncé, à la fin de l'année dernière, son intention de s'implanter dans ces pays. Et derrière les pays de l'Est, l'Asie se trouve ligne de mire. Alliora (Ileos) vient justement d'annoncer une implantation en Chine.

Gagner en productivité et en délai est donc une réponse adaptée à l'enjeu.

Evénementiel

Mais, à côté des grandes séries de boîtes standards où seule compte la productivité, les étuis destinés à la promotion et à l'événementiel font l'objet d'une forte demande. La recherche de formes et d'effets de matière y est fondamentale. Les cartonniers s'organisent pour y faire face. Ainsi Alliora a-t-il créé, en 2004, un service développement regroupant la création, la maquette et la recherche et développement (R&D) du groupe. « Il s'agissait de créer une force de proposition pour répondre à des demandes de plus en plus pointues des clients », explique Laurence Madec, responsable création. La Compagnie pour la communication (CPC), de son côté, cherche à mettre le paquet sur l'événementiel en y dédiant des équipes commerciales et des concepteurs. « Il faut savoir parler avec les services marketing en jouant sur les formes, les couleurs et le graphisme », estime Jean-Marc Estavoyer, directeur du développement de CPC qui met aujourd'hui en place un service dédié au « packaging carton événementiel ». Les petites séries, celles qui demandent de la créativité et des temps de réaction courts, ont donc le vent en poupe. Aussi bien dans le domaine pharmaceutique, dopé par les médicaments en vente libre, que dans l'alimentaire, qui revendique des techniques utilisées en cosmétique, ou encore dans le luxe qui cherche éternellement à sortir des sentiers battus.

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