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MARION BASCHET-VERNET

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Les laboratoires pharmaceutiques sont conscients de la nécessité d'aider les mal-voyants à suivre les prescriptions en imprimant les étuis de médicaments en braille. Mais beaucoup reste à faire pour passer de l'intention à la réalité.

Tant d'argent investi dans la recherche, le développement et le marketing d'un médicament pour qu'un patient mal-voyant ne puisse pas lire son mode d'emploi au risque de ne pas prendre le traitement correctement ! C'est pourquoi des associations, telles qu'Handicap Zéro et Valentin Hauy, proposent des solutions en fournissant des étiquettes en braille. « Par un simple appel téléphonique, un patient peut commander une notice en braille ou en grands caractères, validée par le laboratoire et l'Agence du médicament et adaptée à son produit », explique Denis Brunel qui dirige le service Pharma Braille d'Handicap Zéro. L'association imprime aussi des étiquettes en braille qui sont appliquées par les pharmaciens ou un parent proche du handicapé sur la boîte de médicament. « Prendre un traitement correctement pose souvent un problème aux personnes qui ne peuvent pas lire les étiquettes, explique Denis Brunel. C'est particulièrement vrai pour ceux qui ont des prescriptions multiples. Les patients utilisent alors un "système maison" tels que des élastiques : un élastique autour d'un flacon, deux autour d'un autre. Mais des confusions sont possibles ». Selon Denis Brunel, « si quelques laboratoires comme UCB impriment toutes les boîtes de médicaments en braille, ils se montrent plus ou moins sensibles à la question. »

La plupart des fabricants d'étiquettes, comme Kenilworth qui travaille depuis dix ans pour la pharmacie, jugent l'attitude des laboratoires dépassée.

Petit marché

« Pour des raisons de coûts, les laboratoires pharmaceutiques pensent qu'une population de seulement deux millions de personnes ayant des difficultés à lire n'est pas une taille critique d'un point de vue marketing », commente Marc Dodinot, qui dirige les opérations françaises de l'entreprise. Pour Dominique Bouchin de Sanofi-Synthelabo, qui travaille à la fois pour Handicap Zéro et pour Valentin Hauy, la solution serait d'imprimer en braille « intelligemment ».

Car la principale limitation du braille est inhérente au braille lui-même : le besoin d'espace. « La plupart des étuis en carton ne peuvent porter qu'un ou deux mots clés, imposés par l'Agence du médicament comme le nom ou le numéro de code international », note Dominique Bouchin.

Et même si cela peut paraître tentant, les fabricants de médicaments ne se contentent pas d'apposer des étiquettes en braille sur les emballages puis de les distribuer sur le marché. C'est particulièrement vrai lorsque le marché en question est l'Union européenne. « L'écriture en braille n'est obligatoire qu'en Italie. En France, elle est limitée à la boîte, tandis qu'en Espagne ou en Belgique par exemple, vous pouvez poser un stick directement sur l'emballage primaire », note Marc Dodinot. Se conformant à la législation et aux réalités nationales, les laboratoires pharmaceutiques adaptent donc le marquage au cas par cas, en demandant à des imprimeurs locaux d'embosser leurs boîtes quand c'est nécessaire.

Cela a-t-il une influence sur les coûts ? « Si le braille peut être réalisé au moment où les cartons blancs sont coupés et marqués, il n'y a pas un accroissement significatif, en gros 15 % à 20 % du coût de l'emballage, assure Dominique Bouchin. Il existe beaucoup de carton embossé sur le marché, ce n'est donc pas un process révolutionnaire. » Pourtant, le manque d'harmonisation européenne rend les choses plus difficiles. Sans parler du coût élevé des techniques d'impression dû au nombre restreint de fabricants de machines pour ce marché.

Surimpression

« L'utilisation du braille représente un autre petit challenge, mais facilement surmontable par les fabricants de machines et d'emballages. Il faut faire attention aux manipulations du carton et ne pas faire passer le braille sous une barre presse-papier sur la ligne. Cela pourrait écraser le carton », note Denis Brunel. Handicap Zéro vient d'opter pour un système de surimpression du braille sur un sticker transparent. Une « bonne solution » que l'association promeut aujourd'hui. « Un point transparent est appliqué directement sur les graphiques. Cela permet aux graphiques d'être aisément lus, alors que l'embossage à tendance à les déformer, note Denis Brunel, qui dispose d'un équipement espagnol capable de faire ces stickers. Si le programme pilote fonctionne sans problèmes significatifs, nous espérons introduire cette machine d'embossage pour les stickers en plastique début 2003. »

Aujourd'hui, deux solutions ont été explorées pour aider les aveugles à suivre correctement leur traitement : l'impression et l'application d'un stick directement par le pharmacien sur le point de vente comme cela est pratiqué sur le marché américain ou bien sur l'emballage secondaire, comme le font les entreprises européennes du médicament. Les fabricants d'étiquettes espèrent toutefois un geste des instances de réglementation pour harmoniser et standardiser l'étiquetage en Europe, et de ce fait, l'utilisation du braille sur le packaging.

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