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Comment les marchés façonnent le conditionnement à façon

Tiziano Polito

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Afin de mieux connaître ses marchés, la Fédération européenne du conditionnement à façon (Eurocaf) suit les besoins de ses clients au travers d'une enquête annuelle. D'après cette étude, 24% des entreprises françaises externalisent leur conditionnement. Et les résultats révèlent que le conditionnement à façon évolue différemment selon les secteurs. Analyse.

En juin dernier (lire EM n° 622), Emballages Magazine publiait les résultats de l'enquête annuelle sur le conditionnement à façon. Cette étude, réalisée par ISC Promo Etudes pour la Fédération européenne du conditionnement à façon (Eurocaf), a servi à la fois à quantifier ce phénomène et à caractériser les rapports entre donneurs d'ordre et sous-traitants. La deuxième étape, dont les résultats font l'objet de cette enquête, a permis d'analyser la sous-traitance dans chacun des cinq secteurs qui y recourent, à savoir la chimie, l'agroalimentaire, l'hygiène-cosmétique, la distribution et la pharmacie. Première conclusion : en fonction des secteurs auxquels elles appartiennent, les entreprises n'externalisent pas toutes de la même façon leurs activités de conditionnement. Sur le plan quantitatif par exemple, le recours à la sous-traitance est beaucoup plus marqué dans l'hygiène-cosmétique et dans la pharmacie que dans la chimie ou l'agroalimentaire. Les écarts sont parfois considérables : 43,5 % des entreprises de l'hygiène-cosmétique sont concernées contre 12,2 % seulement dans l'agroalimentaire. Plusieurs facteurs sont à l'origine de ces différences. « Dans notre domaine d'activité les conditionnements sophistiqués sont monnaie courante. Formes complexes, diversité des formats sont autant de contraintes en termes de mécanisation qui impliquent de modifier en permanence l'outil de production et de recourir massivement à la main d'oeuvre. Nos clients n'ont plus le temps de s'occuper de ces problèmes. Ils préfèrent se concentrer sur le marketing et la commercialisation pour confier la fabrication de leurs produits, y compris le conditionnement, à un spécialiste », explique Catherine Tivollier, gérante de la société Alerys spécialisée dans le conditionnement à façon de produits cosmétiques. D'autres dissimilitudes subsistent dans la proportion des activités de conditionnement confiées en sous-traitance : moins de 10 % de la production pour la majorité des entreprises de l'agroalimentaire, jusqu'à 40 % pour celles du secteur distribution, entre 70 et 100 % pour la plupart des entreprises des secteurs hygiène-distribution et pharmacie. « Pour de multiples raisons liées à la qualité, à l'hygiène, aux cahiers des charges, le conditionnement à façon ne s'est développé que relativement tard dans le secteur agroalimentaire. Néanmoins, les sous-traitants ont su apporter les réponses qu'il fallait, ils ont su aussi se spécialiser et ,depuis, la sous-traitance a fortement progressé dans notre secteur », observe Alain Planchard, président-directeur général de Technopack et responsable de la commission agroalimentaire d'Eurocaf.

Réel partenariat

D'après les résultats de l'enquête, la plupart des entreprises s'accordent à considérer l'absence d'outils industriels et les coûts comme les deux premières raisons de recours à la sous-traitance. Sauf dans l'agroalimentaire où les raisons d'ordre capacitaire priment largement sur toutes les autres. « Nous avons affaire à deux types de clients : ceux qui nous demandent d'intervenir pour faire face à une augmentation subite de la demande et ceux qui se tournent vers nous pour le lancement de produits nouveaux », souligne Alain Planchard. Et la réactivité semble d'ailleurs constituer la première arme des conditionneurs à façon. « Dès qu'une production sort de l'ordinaire nos clients font appel à nous. Pour l'essentiel, notre travail consiste à intervenir très rapidement sur des petites et moyennes séries », explique Didier Lesueur, responsable marketing de Stock Express en charge de la commission distribution-promotion au sein d'Eurocaf. Autre aspect, fort intéressant, celui des relations qui s'établissent entre les donneurs d'ordres et leurs sous-traitants. La prestation de conditionnement à façon est plutôt récurrente et partenariale dans l'agroalimentaire, l'hygiène-cosmétique, la promotion-distribution, alors qu'elle est davantage assimilée à un simple rapport de sous-traitance dans la chimie. « Il existe parfois un lien très fort entre le sous-traitant et son donneur d'ordre. Qu'il s'agisse de clauses de confidentialité liées à la formulation du produit, de coûts de revient ou de technologies, le sous-traitant devient souvent le dépositaire de secrets industriels importants. Ce n'est donc pas un hasard si, dans notre secteur, la relation de sous-traitance est davantage assimilée au partenariat », explique Catherine Tivollier.

Didier Lesueur donne, quant à lui, une interprétation un peu différente de ces résultats : « Il existe un réel partenariat avec nos clients mais il n'est pas formalisé. Dans le domaine de la promotion par exemple, nous travaillons sur des missions ponctuelles, souvent avec les même clients, mais sans pour autant bénéficier de contrats de longue durée ».

L'étude met aussi en évidence des disparités quant au nombre de sous-traitants auxquels les entreprises ont recours : 58 % des donneurs d'ordre de la chimie ne font appel qu'à un seul conditionneur à façon contre deux ou trois en moyenne dans les autres secteurs. Et dans la pharmacie 15 % des interviewés déclarent avoir recours au moins à une dizaine sous-traitants. Le principal mérite de cette étude aura justement consisté à établir ces différences et à démontrer que l'avenir du conditionnement à façon se joue désormais sur le terrain de la spécialisation.

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