Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Entretien

« Luxe Pack Monaco sera l’occasion de se retrouver », assure Vincent Joffre, le directeur commercial de PRP création

« Luxe Pack Monaco sera l’occasion de se retrouver », assure Vincent Joffre, le directeur commercial de PRP création

Vincent Joffre est le directeur commercial de PRP création, spécialisé dans les emballages en plastique pour la cosmétique.

© Nathalie Oundjian

À la suite de l’annonce du report du salon de l’emballage de luxe, PRP création explique en quoi ce salon est important dans le monde du packaging. Vincent Joffre, le directeur commercial de l’entreprise, observe un besoin de contact physique, jusqu’alors stoppé par l’épidémie de Covid-19. Il évoque également l’activité du plasturgiste et les changements que la crise sanitaire engendrera sur l’organisation et la production. –

Emballages Magazine : Comment accueillez-vous l’annonce du report de Luxe Pack Monaco ?

C’est une bonne idée de décaler le salon à fin novembre. Tout d’abord parce que les projets eux-mêmes sont décalés. Je pense que les marques ne vont remettre leur planning de nouveautés sur la table qu’à partir de septembre. Il y a donc un intérêt à se rencontrer sur la fin d’année. D’autant plus que les étrangers pourront se déplacer plus facilement qu’en septembre.

PRP création a envie d’aller à Monaco. Ce salon est une institution et nous avons également besoin de recréer un peu de lien. Luxe Pack Monaco est fait pour ça, c’est sa raison d’être. On ne peut pas le comparer aux gros salons tels que Labelexpo ou Interpack. Mais il reste encore une certaine convivialité sur ce rendez-vous.

Il y avait une forte inquiétude sur la venue des clients aux dates initiales à cause du coronavirus. Pensez-vous qu’ils répondront présents en fin d’année ?

Pour toutes les filiales coupées de leur siège, Luxe Pack Monaco est une bonne occasion de se retrouver. Beaucoup d’entreprises profitent de cet événement pour faire des réunions avec leur direction. Il y a aussi le fait que des personnes au sein des marques n’arrivent pas à se libérer dans l’année. Parmi nos clients, nous ne rencontrons certains responsables qu'à Monaco. C’est le cas par exemple avec Benefits ou Clarins. Donc, oui, je pense qu’ils seront au rendez-vous.

« Les salons virtuels, je n’en suis pas pleinement satisfait »

Selon vous, l’épidémie de Covid-19 aura-t-elle un impact sur le visitorat malgré ce report de deux mois ?

Je pense évidemment qu’il y aura moins de monde que l’année dernière. Toutes les personnes qui devaient venir découvrir le salon pour la première fois passeront leur tour. Mais il reste une grosse part d’habitués qui devraient faire le voyage. Certes pas tous, mais une majorité. C’est dans ces moments que l’aspect relationnel a le plus de sens.

Certains salons ont lancé des éditions numériques faute de pouvoir accueillir des visiteurs. Qu’en pensez-vous ?

J’ai essayé, mais je ne suis pas pleinement satisfait de ce qui est proposé. J’ai tout de même pu suivre quelques webinaires. Finalement, j’ai reçu beaucoup de mails, mais c’est la seule chose qui en est ressortie. Selon moi, si un client cherche une solution sur le Web, il la trouve sans avoir besoin de passer par le biais d’un salon virtuel. Sur les rendez-vous numériques, je crois davantage à ce que peut faire un fournisseur avec l’un de ses clients autour de thématiques précises.

La relation avec vos clients a-t-elle besoin d’un rendez-vous physique ?

Avant, le côté humain passait par le contact physique. Le téléphone était réservé à la gestion des urgences, c’était uniquement un raccourci pour le business. Aujourd’hui le contact est beaucoup plus structuré et les relations beaucoup plus bienveillantes. Mais il va bien falloir que la situation change. En ce moment, nous avons des BAT machine à réaliser avec Dior. La distance complique les choses. Les rendez-vous physiques continueront d’être un temps d’action alors que les temps de préparation pourront se faire par téléphone ou visioconférence.

« Une journée de télétravail pour le bureau d'études optimisera la préparation des projets »

La période de confinement va-t-elle changer les habitudes de PRP création ?

Cette période a véritablement modifié le rythme de travail. Le télétravail va se développer. Il y a des bienfaits à ne pas être constamment dans l’urgence. Aussi, le fait que tous les collaborateurs ne soient pas à un même endroit au même moment aide sur certains points. Le travail de chez soi oblige à penser et à structurer les choses. Je pense que je demanderai donc aux équipes du bureau d’études d’être au moins une journée en télétravail par semaine pour optimiser la préparation des projets.

Vous avez participé à l’effort national en fournissant des flacons pour conditionner du gel hydroalcoolique. Avez-vous repris une activité plus traditionnelle ?

Nous continuons de fabriquer des packagings de gel hydroalcoolique pour les « vrais » acteurs de ce marché. Les intervenants d’opportunité, sans jugement de valeur, sont désormais moins nombreux. Nous avons observé une évolution dans les besoins. Au cœur de la crise sanitaire, il y avait une forte demande sur des flacons de 100 à 150 ml. Le marché s’est stabilisé avec, d’une part, des petits contenants pour l’utilisation nomade (25-30 ml) et, d’autre part, des gros formats de 500 ml, voire 750 ml ou 1 l pour alimenter les distributeurs automatiques de gel.

Vous avez fait face à un boom de la demande. La capacité de production a-t-elle augmenté ?

Nous avons été obligés d’accélérer un peu nos investissements. Cela est passé par l’achat de moules multiempreintes pour revoir à la hausse nos capacités.

« Les standards nous permettraient d'être plus efficaces dans l'amélioration continue et la productivité »

Y a-t-il eu des ajouts à votre portefeuille de produits ?

Nous avons développé des moules pour le bouchage, notamment des capsules-service pour les petits flacons. PRP création ne produisait pas de bouchons avant. Les clients achetaient cette partie de l’emballage en amont ou PRP création se chargeait de faire du négoce. L’objectif est de pouvoir désormais proposer un ensemble standard complet. L’autre point concerne le sourcing de pompes à bec long. Nous regardons pour trouver une source fiable sur ces produits.

Cela signifie-t-il que vous allez gonfler la part de produits standard dans vos ventes ?

Les trois dernières années, nous avons senti des variations sur notre chiffre d’affaires. Une grande part de notre capacité est mobilisée par le développement et le lancement de projets spécifiques. Cela est beaucoup plus périlleux. L’idéal serait d’atteindre un fond de charge de 30 % sur les produits standard. Cela nous permettrait d’être plus efficaces en termes d’amélioration continue, mais aussi de productivité. Ces démarches sont aujourd’hui difficiles à mettre en place sur des commandes uniques que sur des lots réguliers.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Bormioli Luigi dévoile une technique écologique de satinage des flacons en verre

Bormioli Luigi dévoile une technique écologique de satinage des flacons en verre

Le verrier italien a mis au point une méthode de laquage céramique. Sans avoir recours à des substances toxiques ou polluantes, Bormioli Luigi assure reproduire l’effet optique et tactile d’une finition[…]

02/07/2020 | LuxeVerre
La feuille de route de L’Oréal pour rendre ses emballages vertueux d'ici à 2030

Décryptage

La feuille de route de L’Oréal pour rendre ses emballages vertueux d'ici à 2030

Pour So Scandal, Jean Paul Gaultier redonne sa confiance à Cosfibel

Technologie

Pour So Scandal, Jean Paul Gaultier redonne sa confiance à Cosfibel

Cosfibel conçoit un coffret métallique en forme de ballon pour Invictus

Technologie

Cosfibel conçoit un coffret métallique en forme de ballon pour Invictus

Plus d'articles