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La feuille de route de L’Oréal pour rendre ses emballages vertueux d'ici à 2030

Pierre Monnier

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La feuille de route de L’Oréal pour rendre ses emballages vertueux d'ici à 2030

© L'Oréal

Avec « L’Oréal pour le futur », le géant de la beauté a dévoilé des objectifs ambitieux pour ses solutions packaging. Au-delà de la fin du recours au plastique vierge en 2030, l’Oréal veut réduire de 20 % son utilisation d’emballage et inscrire l’ensemble de ses produits dans l’économie circulaire. Philippe Bonningue, le directeur international de l’emballage durable du groupe a détaillé les moyens mis en œuvre pour y parvenir. –

C’est un plan ambitieux qu’a dévoilé L’Oréal le 25 juin. Avec « L’Oréal pour le futur », le géant de la beauté veut aller plus loin dans ses actions de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et prendre la suite de son plan « Sharing Beauty with All ». Les objectifs fixés pour l’horizon 2030 montrent à quel point les emballages représentent un enjeu clé pour le développement durable. Pour détailler en quoi les solutions packaging de l’entreprise seront touchées par cette nouvelle feuille de route, Philippe Bonningue, le directeur International Sustainable Packaging & développement du groupe, a tenu un webinaire le 25 juin.

Des objectifs ambitieux à l’horizon 2030

Le responsable de l’emballage durable chez L’Oréal l’observe : « On voit aujourd’hui que les attentes du consommateur sont très importantes, mais parfois très paradoxales par rapport à l’emballage. » Selon lui, l’industrie se trouve « à un véritable moment pivot ». C’est pour cela que L’Oréal s’est donné des objectifs forts à atteindre d’ici à 2030. Tout d’abord, le groupe devra réduire de 20 % la quantité d’emballage pour ses produits. Ensuite, les plastiques utilisés devront intégralement être d’origine recyclée ou biosourcée. Enfin, le géant de la beauté se donne cinq ans pour que tous les emballages plastique mis sur le marché soient réutilisables, rechargeables, recyclables ou compostables.

Pour matérialiser cette volonté, L’Oréal se basera sur la stratégie adoptée depuis 2007 qui s’appuie sur les trois « R » : respecter, réduire, remplacer. Ce principe général repose sur le respect de la santé du consommateur et de la biodiversité ; l’engagement d’une réduction du poids, des dimensions des produits et, in fine, des ressources nécessaires à la fabrication des produits ; mais aussi sur le remplacement des matériaux afin d’avoir une empreinte environnementale minimale tout en garantissant la performance recherchée. Cette démarche se concrétise depuis quelques années. Le groupe a notamment recours à des emballages aptes au contact alimentaire ou arrêté l’utilisation du polychlorure de vinyle (PVC). Grâce à l’impression 3D, les capsules des produits Kérastase affichent un aspect premium tout en étant plus légères. Enfin, L’Oréal a réussi à lancer le premier flacon 100 % recyclé sur la marque Kiehl’s dès 2011.

L’emballage tient une part majeure de l’empreinte d’un produit

Déjà effectif depuis 2016, l’outil Spot (pour Sustainable Product Optimisation Tool) permettra de mesurer les avancées des produits. Il intègre une méthode d’analyse de cycle de vie développée par L’Oréal. Désormais, l’ensemble des produits sont soumis à une analyse avant d’être mis sur le marché. En 2019, 85 % des nouvelles références ont été améliorées et avaient donc une empreinte globale sur la planète plus faible que leur précédente version. En 2020, l’entreprise s’attend à atteindre les 95 % de produits améliorés. « Nos choix sont guidés par la réalité scientifique de l’impact environnemental au travers de l’analyse de cycle de vie, explique Philippe Bonningue. C’est une approche extrêmement importante pour nous puisqu’elle est garante de prendre des décisions robustes et sincères alors que l’emballage tient une part majeure de l’empreinte d’un produit. »

De nouveaux emballages arrivent dans les rayons

Au vu du chemin parcouru, les nouvelles ambitions de L’Oréal seront difficiles à atteindre avoue le responsable du packaging durable, notamment pour ce qui est de la réduction de 20 % de la quantité d’emballage. « Nos emballages sont déjà conçus de manière allégée. Cela veut dire que notre point de référence est déjà extrêmement élevé, extrêmement performant. Aller vers une réduction supplémentaire est un véritable défi pour nous », reconnaît-il. En premier lieu, cet objectif passera donc par un travail sur la conception technique des emballages : soit en changeant la conception elle-même, soit en imaginant d’autres formats ou possibilités d’emballage. Un second levier réside dans le recours à des matériaux différents. La Roche-Posay a dévoilé ses nouveaux soins solaires conditionnés dans des tubes Albéa à base de carton. L’Oréal est également la seule entreprise du secteur cosmétique à faire partie de Paboco, une société qui vise à créer des bouteilles en papier-carton. Enfin, le développement des produits rechargeables ou des formules concentrées permettrait de réduire le recours aux emballages.

Un fonds spécial de 50 millions d’euros pour l’économie circulaire

En voulant se passer entièrement des plastiques d’origine pétrochimique, L’Oréal fait mieux que les signataires de l’initiative d’Ellen MacArthur, dont le groupe fait partie. Si d’ici à 2030 l’intégralité des plastiques utilisés par l’entreprise seront d’origine recyclée ou biosourcée, l’entreprise s’est fixé une étape intermédiaire pour atteindre 50 % de matière recyclée ou biosourcée dans ses produits en 2025. « Chez Ellen MacArthur, les signataires ont une vision pour arriver à 22 % de plastique recyclés en 2025, rappelle Philippe Bonningue. L’Oréal sera au-delà du double de cette vision. » Pour y parvenir, le géant de la beauté s’appuiera sur le recyclage chimique, qui consiste à casser les molécules des déchets afin de les reformer et ainsi régénérer un matériau plastique. En se rapprochant de Carbios, Loop ou PureCycle, il souhaite étendre le gisement de déchets disponible pour ses emballages. « Aujourd’hui, on fait principalement un flacon à base de bouteilles, remarque le responsable du packaging durable. Demain, nous voulons pouvoir prendre une bouteille pour faire un flacon, mais aussi du textile, du tissu, des moquettes et même du gaz d’activité industrielle – tel que du CO ou du CO2 – pour le transformer en un emballage cosmétique. » Cette volonté s’accompagne d’un fonds spécial de 50 millions d’euros pour financer des projets liés à l’économie circulaire, et principalement au recyclage et à la gestion des déchets plastique.

L’Oréal représente 0,03 % de la production mondial de plastique

Le dernier objectif de L’Oréal d’inscrire l’ensemble de ses produits dans l’économie circulaire en les rendant réutilisables, rechargeables, recyclables ou compostables dans les cinq ans à venir. Un véritable défi pour le groupe, mais aussi pour l’ensemble de l’industrie cosmétique. Car les emballages requis pour conditionner des formules cosmétiques sont très complexes, admet Philippe Bonningue. « C’est d’ailleurs cette complexité qui nous permet d’assurer la performance du produit, le service au consommateur et l’efficacité de la formule », indique-t-il. Le levier de progression de l’entreprise réside donc dans la conception en vue du recyclage. « C’est-à-dire se concentrer sur un minimum de matériau, aider le développement des filières de tri et éviter de les perturber lorsqu’elles existent », précise le responsable du packaging durable de L’Oréal.

En 2019, L’Oréal a mis sur le marché 137 000 tonnes de plastique à travers la commercialisation de ses produits. Cela représente 0,03 % de la production de plastique mondial qui figure autour de 350 millions de tonnes. Pour autant, comme l’a rappelé Jean-Paul Agon, le Pdg du groupe lors de la présentation du plan « L’Oréal pour le futur » : « Nous avons bien vu lors de la création de notre plan "Sharing Beauty with All" en 2013 que l’impact de L’Oréal sur le problème du plastique était très petit. Finalement, il y avait deux formes d’attitude possibles : soit on se disait que notre impact était tellement mineur qu’il ne servait à rien de faire quelque chose, car cela ne serait pas matériel en termes de changement global ; soit on se disait, comme nous l’avons fait, que justement avec un impact mineur, nous pouvions avoir un rôle d’exemplarité. »

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