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Entretien

« Le recyclage est une question d’engagement citoyen », confie Anne Charlès-Pinault, la directrice générale de Lactel

Arnaud Jadoul

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« Le recyclage est une question d’engagement citoyen », confie Anne Charlès-Pinault, la directrice générale de Lactel

Anne Charlès-Pinault est la directrice générale de Lactel.

© Romain Gaillard/REA

Le contexte particulier de l’année 2020 a profité au marché du lait, qui, après des années de baisse structurelle, a retrouvé des couleurs, en volume (+5,3%) comme en valeur (+5,9%). Lactel, qui en reste le leader avec 17% de part de marché en volume et 21% en valeur, en profite pour réaffirmer ses engagements et ses réponses aux enjeux sociétaux. Anne Charlès-Pinault, directrice générale de la marque, détaille les actions entreprises dans le domaine des emballages. -

Emballages Magazine : Lactel annonce cette année une feuille de route axée sur la santé, le plaisir et l’environnement, avec un volet spécifique à l’emballage. Or, la marque paraissait en retrait sur cet aspect jusqu’à présent. S’agit-il d’un tournant ?

Anne Charlès-Pinault : C’est vrai que les préoccupations environnementales sont plus que jamais au cœur des attentes des consommateurs. Mais n’oubliez pas que le lait est un marché de volume, où le poids et le transport comptent beaucoup, et sur lequel la capacité à répercuter les impacts reste limitée. Un concept s’y construit pas à pas et non en quelques jours. Le bio, par exemple, est très dynamique aujourd’hui et, pourtant, nous y sommes depuis 25 ans. Quant à la question des emballages, elle n’est pas nouvelle chez nous. Notre bouteille en polyéthylène haute densité (PEhd), créée en 1990 et 100% recyclable, a été pensée pour être conçue dans chacune de nos laiteries. Chaque site dispose à la fois d’un atelier de fabrication et moulage de bouteille pour éviter du transport inutile d’emballage vide, ainsi que d’un atelier de remplissage. En outre, au fil des années, nous n’avons cessé de la faire évoluer : son poids a été réduit de 9% et 30% du plastique qui la compose est recyclé ou issu de la récupération de chutes provenant de la fabrication de nos bouteilles. Nous travaillons également sur des films de regroupement plus vertueux.

Justement, vous restez fidèles au film en polyéthylène quand de nombreuses solutions alternatives apparaissent sur le marché.

Nous les regardons. D’ailleurs, nous utilisons déjà du carton pour les packs de plus de six briques. Pour les bouteilles, la solution avec colle conviendrait peut-être pour des lots de quatre, mais pas pour six. Et le film a fait ses preuves. En outre, nous avons été les premiers dans le lait, en 2016, à y intégrer 20% de plastique recyclé, avec notre partenaire Barbier. Nous l’affichons d’ailleurs sur les packs et nous le mentionnions à l’époque dans notre publicité TV. Cette année, nous accomplissons un pas supplémentaire : le film de la totalité de nos formats 6 x 1 l intégrera 50% de PE recyclé.

Promouvoir le tri et le recyclage

Du côté du recyclage, vous renouvelez le programme Recyc’lait. En quoi consiste-t-il ?

C’est une question d’engagement citoyen. Si les bouteilles en PEhd sont 100% recyclables, elles ne sont pas encore assez collectées et recyclées : 61% seulement des bouteilles et flacons en polypropylène (PP) et PEhd sont triées aujourd’hui en France. Ainsi, Recyc’lait est une opération de sensibilisation pour promouvoir le tri et le recyclage de manière ludique. Nous l’avions lancée en 2019 et la réitérons cette année avec de nouveaux partenaires. Nous nous sommes associés à Plast’if, une start-up qui a développé une machine « trois en un » : le consommateur y dépose ses bouteilles de lait – quelle qu’en soit la marque – et les bouchons, séparés, après avoir ôté les étiquettes, le collecteur les réduit en paillettes et celles-ci, grâce à l’impression 3D, sont transformées en nouveaux objets. Des objets qui ont été définis avec l’association Les Blouses roses, engagée auprès des enfants dans les hôpitaux et des personnes âgées, et à laquelle ils seront offerts. Cette action se déroulera entre mars et juillet dans des hypermarchés de, successivement, Lille, Bordeaux et Paris. Je précise que Plast’if peut traiter le PEhd évidemment, mais aussi le polyéthylène téréphtalate (PET) et le PP.

2024, c’est demain !

Le lait est un aliment, mais il est conditionné en bouteille plastique – ou brique – de moins de 3 l, très majoritairement. Est-il concerné par la problématique du bouchon solidaire ?

Oui. Même si le lait est consommé en grande majorité à domicile. L’enjeu est de taille parce que nous devons veiller à assurer un même confort à l’usage, maintenir la stérilité et offrir les mêmes fonctionnalités et praticité ainsi que la solidité. Nous travaillons donc sur la faisabilité technique et la viabilité économique des solutions, sur une échelle de temps très courte. 2024, c’est demain !

Étudiez-vous d’autres solutions de conditionnement ou d’utilisation ?

Compte tenu des caractéristiques du marché français et des spécificités des produits, les solutions à valeur ajoutée, autres que la bouteille et la brique, dont nous avons connaissance ne nous semblent pas adaptées. Mais rien n’est définitif, d’autant que les exigences réglementaires évoluent très vite.

 

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