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Des échéances impossibles à tenir pour la filière du lait

Arnaud Jadoul

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Des échéances impossibles à tenir pour la filière du lait

Dans un contexte de reprise, Syndilait considère que la loi Agec ne prend pas en compte les spécificités du lait UHT et peut condamner le secteur. -

Produit de commodité, le lait conditionné déclinait depuis une dizaine d’années. Mais le confinement lié à la crise du Covid-19 a inversé la tendance : en 2020, la consommation a enregistré un regain de 4,9% en volume, avec un record à +35% en avril, pour atteindre les 3 milliards de litres, dont 97% de lait ultrahaute température (UHT). En valeur, il progresse même de 5,3% en grande distribution, pour s’établir à 2,4 milliards d’euros. « Un lait à 97% d’origine française, les importations ayant chuté de 70% en cinq ans », se félicite Emmanuel Vasseneix, le Pdg du groupe LSDH et vice-président de Syndilait, l'organisation professionnelle qui regroupe en France la majorité des fabricants de laits de consommation liquides.

Besoin d’emballages très techniques

Des nuages s’accumulent cependant au-dessus de la filière avec la loi Antigaspillage pour une économie circulaire, le décret « réduction, réemploi et recyclage des emballages », dit 3R, et les échéances fixées,  de 2025 à 2040, pour l’interdiction des emballages en plastique à usage unique. « La loi Agec conduit à des échéances inaccessibles pour les emballages de lait UHT, tant pour les bouteilles plastique (53% du marché) que pour les briques en carton (47%), qui contiennent également une couche de plastique protectrice, dénonce le dirigeant. C’est une loi très globale qui ne prend pas en compte les spécificités du lait UHT, un produit fragile qui a  besoin d’emballages très techniques, parfaitement hermétiques, stériles et opaques pour préserver ses qualités sanitaires, nutritionnelles et organoleptiques de la lumière, des micro-organismes et de l’oxygène. Aujourd’hui, seul le plastique possède les propriétés barrière nécessaires. » Aucun des scénarios élaborés par Syndilait ne serait viable, ni le retour du lait pasteurisé, des bouteilles en verre et de la chaîne du froid, ni un passage à la canette, non refermable, ni la conversion totale à la brique – la conception d’une brique sans plastique n’est pas envisagée avant 2050 par les fabricants. En outre, la vente en vrac pour les denrées alimentaires d’origine animale est interdite par le règlement européen 853/2004. « Dans l’état actuel de la loi, le seul scénario plausible serait la disparition de la filière française du lait de consommation qui n’a aujourd’hui ni le temps, ni les moyens de s’adapter aux échéances fixées », lance Emmanuel Vasseneix.

Travail de longue haleine

Les industriels sont pourtant prêts à trouver des solutions « en droite ligne avec la loi ». Syndilait rappelle ainsi que la filière est « largement mobilisée », tant pour le recyclage que pour l’écoconception de ses emballages. De citer la sensibilisation des consommateurs au tri pour accroître le taux de recyclage des bouteilles et briques, qui s’établissent pour l’heure à, respectivement, 61 et 57%, les travaux sur le déploiement du plastique d’origine végétale dans les briques, l’allègement des bouteilles, la mise en place des bouchons solidaires, l’optimisation des filières de recyclage existantes et la création de circuits spécifiques, en boucle fermée. Mais « relever ce défi est un travail de longue haleine qui demande d’importants investissements en recherche et développement ».

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