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PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE FRITSCH PHOTOS : JÉRÔME CONQUY

L'ancien modèle datait de 15 ans. Total a décidé d'offrir un nouveau contenant à ses lubrifiants Activa. Même s'il ne sert qu'une fois, le jour de la vidange, le flacon de lubrifiant doit présenter une ergonomie parfaite, pour la préhension à deux mains, un versage propre, sans parler de la logistique. Mais modifier un emballage appelé a être fabriqué, rempli et vendu dans le monde entier est un chantier immense...

A qui s'adresse ce bidon ?

Laurent Toutain : il sera vendu principalement en grande distribution et dans les centres auto dans de multiples pays, à l'attention des hommes qui réalisent eux-mêmes la vidange de leur voiture, une fois par an. Il était temps de changer. Dans un groupe comme Total, l'effort principal porte sur la technicité des produits au service du bénéfice client. Le packaging ne fait pas partie de la culture profonde. Mais les lubrifiants sont pratiquement les seuls produits à la marque Total qui soient achetés par le consommateur dans un emballage. Il était d'autant plus important de le remettre au goût du jour.

Ces produits sont donc achetés par des hommes.

LT : Souvent, oui, et ils prennent le temps de bien étudier le rayon, de vérifier la référence. Dans d'autres cas, ils confient à leur femme une référence très précise à acheter. Dans tous les cas, ce sont les hommes qui sont prescripteurs, et ils sont relativement fidèles. Garder une huile qui a fait ses preuves les rassure.

Quelles améliorations fonctionnelles offre ce nouveau bidon ?

Lionel Forget : Nous avons beaucoup travaillé sur le design en multipliant notamment les zones de préhension de façon à ce qu'il soit facile de verser l'huile. L'ancien bidon était trop large ; or, les utilisateurs sont très attachés à la sensation de bonne prise en main. Nous avons même ajouté un sabot sous le bidon, qui renforce l'impression de maniabilité alors que, dans les faits, elle sert rarement. Le bouchon est équipé d'un tube télescopique qui sort automatiquement avec le bouchon. A l'intérieur, de ce tube, une marguerite réaspirante « anti-gloup » permet de verser l'huile rapidement mais sans à-coups et de travailler proprement. Nous avons aussi redessiné le cran et la bague d'inviolabilité du bouchon. On se fait moins mal aux mains en les ouvrant. Outre ces améliorations fonctionnelles, nous avons renforcé la bague d'inviolabilité ce qui est important pour l'export vers certains pays de l'Est où les tentatives de substitutions sont récurrentes.

Pensez vous avoir trouvé une esthétique universelle ?

LT : En fait, le design a été « drivé » par la France où - c'est une spécificité - un tiers des particuliers font eux-mêmes leur vidange. Nous avons recherché une certaine « universalité » en utilisant les codes du monde automobile. La couleur gris nacré s'est imposée comme une évidence, car elle symbolise l'univers de l'automobile et de la technologie. Les étiquettes ont un rôle important et doivent clairement hiérarchiser les informations. La marque occupe un grand espace : elle est garante de la qualité du produit. Doit apparaître ensuite nettement le grade de l'huile et si elle est destinée aux moteurs à essence ou diesel. L'étiquette arrière offre un service supplémentaire : une partie est détachable et repositionnable sur le carter ou sur le livret d'entretien par exemple, pour indiquer la date et l'huile utilisée pour la vidange.

LF : Pour l'export, la face arrière porte une étiquette livret qui rassemble les indications réglementaires pour différents pays dans leurs différentes langues. C'est le caractère mondial du produit qui a fait du changement d'emballage un parcours du combattant. Il sera soufflé et rempli localement souvent. L'étiquette sera posée par le souffleur, ou au remplissage selon le cas, ce qui demande des colles différentes vu les différences de température du bidon au moment de la pose. Dans d'autres cas, il devra supporter un voyage au long cours en conteneurs.

Combien de temps a pris le développement ?

LF : Environ 18 mois, mais il a impliqué énormément de personnes. Nous avons travaillé en visioconférence avec les usines pour adapter les carrousels, les têtes de remplissage, les palettiseurs. Il fallait également revoir les plans de chargement des camions, ou installer des stockages adaptés chez les logisticiens. Car la conception, et notamment cette poignée en ligne avec le bouchon, qui va horizontalement jusqu'à l'arrière du bidon, a contribué à augmenter la résistance à la compression verticale, qui passe de 35 à 80 kilos ! Du coup, on peut superposer sans problème cinq caisses sur une palette contre quatre auparavant. Et tout cela avec pratiquement le même poids de matière, à savoir 220 grammes.

N'y a-t-il pas moyen d'alléger le bidon ?

LF : D'après les tests en laboratoire, ce sera possible. Mais avant d'y travailler, nous laissons passer un été pour vérifier que le bidon résiste bien, sous toutes les latitudes. Dans les cargos ou sur les aires de stockage, il fait parfois très chaud ; le polyéthène haute densité ramollit, d'où des risques de fuites pour les caisses inférieures. Il faut prendre des précautions particulières pour pouvoir utiliser le même bidon de Vladivostok à Djibouti.

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