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« Les vraies ruptures technologiques n’interviennent que tous les sept ans », explique Benoît Chatelard, Pdg de Xeikon

Tiziano Polito
« Les vraies ruptures technologiques n’interviennent que tous les sept ans », explique Benoît Chatelard, Pdg de Xeikon

© Xeikon

Parmi les leaders historiques de l’impression numérique d’étiquettes, Xeikon a dévoilé sa nouvelle plate-forme CX300. Au menu, la vitesse et la productivité, avec une capacité de production de 50 000 m² par mois pour les imprimeurs qui travaillent en 1 x 8. -

Confronté à la progression des acteurs du jet d’encre, mais aussi à la consolidation du leadership de l’israélo-américain HP Indigo, Xeikon cherche à maintenir ses positions sur un marché qui ne cesse de progresser. Le lancement de la plate-forme CX300 constitue une réponse. Entretien exclusif avec Benoît Chatelard, Pdg de l’entreprise.

Emballages Magazine : Comme beaucoup d’équipementiers, vous faites les frais du report de la Drupa à l’année prochaine. Mais cela ne vous a pas empêché de procéder au lancement de la CX300, votre nouvelle presse numérique dédiée à l’étiquette. Qu’apporte-t-elle de vraiment nouveau sur un marché où les lancements se succèdent désormais à un rythme vertigineux ?

Benoît Chatelard : Xeikon est une entreprise qui existe depuis 28 ans. Paradoxalement, même si des lancements ont lieu tous les ans, les vraies ruptures technologiques n’interviennent chez nous que tous les sept ans pour des raisons souvent indépendantes de nous et qui sont liées à la recherche et développement (R&D) dans les semi-conducteurs, la chimie, l’électronique. La CX300 symbolise la quatrième révolution pour Xeikon, car elle permet de doubler la plupart des paramètres de nos machines, que ce soit en termes de vitesse, qui évolue de 15 à 30 mètres par minute, ou de laize, qui passe de 220 à 512 mm, sans oublier la qualité, avec une résolution désormais comparable à celle de l’offset et de l’hélio. Pour autant, cela n’aurait aucun intérêt si la machine tombait en panne souvent ou s’il fallait passer des heures à la régler. Nous obtenons, sur cette plate-forme, l’un des taux de rendement synthétique (TRS) le plus élevé du marché.


La CX300 est la nouvelle presse numérique dédiée à l'étiquette de Xeikon.

« Nous proposons une technologie performante pour quelques centaines de milliers d'euros »

Pour autant, cette offre change-t-elle votre positionnement ?

Nous sommes leader dans le toner sec, un procédé qui a fait ses preuves et qui continue à s’améliorer. Par contre, il est vrai que les vitesses nous limitaient par rapport au jet d’encre qui a fait d’énormes progrès de ce point de vue. Ce n’est plus le cas désormais. Avec la CX300, nous pouvons désormais garantir une capacité de production de 50 000 m² par mois aux imprimeurs, y compris à ceux qui travaillent en une équipe. Et ce, sans renoncer à la qualité, avec nos têtes d’imagerie Led à 1200 x 3600 dpi. Surtout, nous sommes capables de proposer une technologie performante pour quelques centaines de milliers d’euros, soit la moitié du montant qu’un imprimeur doit débourser plus se procurer une machine jet d’encre haut de gamme.

En 2016, à la Drupa, vous lanciez avec Fusion un programme de machines modulaires, combinant impression et ennoblissement avec des opérations telles que le vernissage sélectif, la dorure, la sérigraphie, la découpe, qui semblait correspondre à une réelle attente du marché. Qu’en est-il ?

C’est un programme ambitieux, mais qui n’est pas encore abouti. La chimie des encres est très complexe. Il n’est pas facile de faire coexister le jet d’encre avec la sérigraphie ou un vernis. Malgré des essais fructueux, nous ne sommes pas encore prêts.

Avec Rex, vous vous attaquez par contre au marché de l’occasion. Vous proposez ni plus ni moins de reprendre vos anciennes machines pour les remettre à neuf. Comment le marché réagit-il ?

Nous sommes sur un marché de niche, de quelques dizaines d’unités par an. Les retours sont positifs. L’objectif est d’éviter de mettre à la benne des machines qui peuvent encore fonctionner, de leur donner une deuxième vie. En termes de prix, c’est réellement intéressant puisque l’on est 50% moins cher qu’une machine neuve, soit un budget de l’ordre de 150 000 à 200 000 euros, pour des prestations équivalentes. Grâce à ces tarifs, nous pouvons aller concurrencer des gens comme Konica Minolta, qui se situent sur des segments de marché différents avec des échelles de prix inférieures, pour proposer des machines certes d’occasion, mais plus performante.

« Les concurrents sont toujours plus offensifs »

Vous revendiquez un rôle de leader dans l’impression d’étiquettes avec 800 machines installées dans le monde dont 600 en toner sec, votre spécialité. Quelle est la situation sur le marché français ? La concurrence se fait-elle sentir plus qu’ailleurs ?

Nous sommes très présents en Europe, notamment au Royaume-Uni, en Italie et en France. Dans l’Hexagone le marché s’est beaucoup développé au cours des dernières années. Tous les ans nous atteignons nos objectifs. Les concurrents sont toujours plus offensifs, pour autant les positions ne changent pas vraiment avec HP Indigo qui s’est installé avec un modèle économique qui lui est propre et les constructeurs de machines jet d’encre qui progressent, mais ont du mal à s’imposer. Le marché français se distingue des autres pour ses exigences en qualité. Les imprimeurs y sont très attachés. Or, de ce point de vue, nous sommes plutôt bien positionnés. Notre nouvelle plate-forme devrait nous permettre de consolider nos positions chez les imprimeurs d’étiquettes, voire dans le carton. Et même de gagner des parts de marché sur les concurrents.

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