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Economie circulaire

Recyclage et recyclé ? Une réalité de l'industrie de l'emballage...

Jamais les Français n'auront autant trié. Et pourtant, les notions de recyclage et de recyclé sont encore floues. Voire même péjoratives... Un paradoxe que les entreprises préfèrent taire, alors qu'elles poursuivent leurs efforts dans le domaine de l'utilisation du recyclé. Le bilan est néanmoins satisfaisant à l'approche des dates clés fixées par la réglementation européenne.

Une vraie course est engagée ! Car deux dates butoir marquent actuellement le recyclage des emballages. Au 1er juillet 2002, seuls les déchets ultimes pourront être acceptés en décharge. Et, fin 2002, 75 % des emballages ménagers devront être valorisés. Or, parmi les méthodes de valorisation, le recyclage matière est celui qui progresse le plus rapidement. En 1999, cinq millions de tonnes de déchets d'emballage collectées sont redevenues de nouveaux produits. Et, depuis cette année, 7 Français sur 10 ont la possibilité de trier les emballages. Preuve que le tri et le recyclage sont aujourd'hui passés dans les moeurs même si, selon une étude Cofremca Sociovision pour le Conseil national de l'emballage (CNE) de février 2001, les consommateurs français ne sont encore que 32 % à répondre qu'une des qualités principale d'un emballage est la « possibilité de le recycler facilement ». Selon Eco-Emballages, la France se situe dans le peloton de tête du recyclage européen avec 45 millions de trieurs, derrière l'Allemagne, plus peuplée, qui compte 80 millions de trieurs.

D'ailleurs, souvent à son propre insu, le trieur est aussi utilisateur de produits recyclés. Il ne sait souvent pas que l'acier recyclé peut se transformer en rails, charpentes, carrosserie de voitures, chariot de supermarché, ouvre-boîte ou boîte de conserve. Que l'aluminium devient pièce pour automobile, capote de tondeuse à gazon, semelle de fer à repasser et aussi tube de rouge à lèvres ou vaporisateur de parfum. Que les papiers et cartons se recyclent en papier peint, en papier-cadeau ou en boîtes à oeuf. Que le verre recyclé va principalement à la fabrication de bouteilles de verre coloré. Ou que le plastique peut être recyclé en une multitude de produits.

Notion encore floue

Le recyclé est, en réalité, une notion encore floue aux yeux du public. Selon l'étude Cofremca Sociovision déjà citée, à la question « pour vous, qu'est ce qu'un recyclé ? », 34 % répondent que c'est un produit « dont le matériau de base vient de la transformation d'un autre emballage » et 28 %, un produit qui a déjà servi ! 23 % y voient « un produit qui connaît une seconde vie », 7 %, « un produit recyclable » et 5 %, un produit biodégradable. Rares sont donc les entreprises qui affichent ouvertement utiliser du recyclé dans la fabrication de leurs produits.

Certaines sont même revenues en arrière. Ainsi, Procter & Gamble qui mettait en avant, il y a dix ans déjà, le fait que sa bouteille Viakal contenait du recyclé. Aujourd'hui, cette bouteille bicouche utilise plus de recyclé de polyéthylène que toutes les autres marques du groupe - 55 % contre 25 % en moyenne - mais l'allusion au recyclage a disparu.

« Toutes les études réalisées au niveau du consommateur ont montré que l'utilisation de recyclé était plutôt négative. C'est sans doute encore plus vrai aujourd'hui avec l'acuité de la question de la sécurité alimentaire », juge Jean-Claude Boucher de Procter & Gamble. Un retour en arrière qui constitue même un paradoxe puisque le recours au recyclé constitue une solution plus avantageuse aujourd'hui qu'il y a dix ans, époque où il fallait payer les pots cassés en investissant dans les nouveaux procédés de recyclage et où le prix du recyclé était moins avantageux.

L'utilisation du recyclé continue cependant d'être à l'ordre du jour dans les entreprises, comme Lever France qui a récemment publié un document sur l'environnement où il est question des emballages. « En réduisant au maximum l'utilisation des matériaux vierges, Lever limite les impacts liés à la production de matières premières et aux déchets qui en découlent », note le spécialiste des produits d'hygiène.

Ainsi, les boîtes de lessive du groupe contiennent au moins 80 % de carton recyclé et les flacons de polyéthylène pour le conditionnement des poudres de lave-vaisselle sont conçus pour accueillir 25 % de plastique recyclé post-consommation dans une couche intermédiaire. Au total, 50 % des matériaux d'emballage utilisés par Lever France proviennent du tri des consommateurs.

Chez McDonald's, l'utilisation du recyclé ne vient, dans l'ordre des priorités, qu'après la sécurité alimentaire et la réduction à la source mais cette préoccupation est bien présente. « Notre objectif consiste toujours à intégrer un maximum de recyclé dans les emballages », souligne Willy Brette du département achats et qualité. L'enseigne de restauration rapide a été à l'origine de la mise au point du Top Color, un carton développé et mis au catalogue du cartonnier Mayr Melnhof.

72 % de recyclé

Le Top Color, est un tricouche contenant 72 % de recyclé. Par ailleurs, les caisses de livraison de McDonald's contiennent 66 % de recyclé avec l'objectif d'atteindre 90 %. Et les emballages pour les consommateurs incorporent en moyenne 41 % de recyclé. En outre, l'enseigne participe directement au recyclage : depuis 1999, elle collecte mensuellement 200 tonnes de caisses en carton qu'elle compacte en balle de 500 kg sur ses six plates-formes de distribution. A charge pour le cartonnier français Otor de venir les récupérer. « Ce système nous coûte plus cher qu'il nous rapporte », indique Willy Brette, qui teste actuellement la récupération de ses films polyéthylène de suremballage.

Le recyclage en boucle, celui qui part d'un emballage pour redevenir un emballage, est donc bien devenu une réalité. C'est évident dans le domaine du verre, où la collecte est ancienne mais qui continue de progresser à la fois quantitativement et qualitativement. La collecte du verre blanc concerne actuellement 1 million de personnes en France. Ça l'est également dans le domaine des papiers et cartons. En France, près de un million de tonnes de capacités de traitement du papier carton récupéré ont été mises en place sur les cinq dernières années.

En revanche le recyclage en boucle se justifie moins pour d'autres matériaux comme le bois ou l'acier. « Cela n'aurait pas de sens », précise, pour sa part, Gilbert de Guerry chez Usinor Packaging (Usinor). Il est vrai que les 250 000 tonnes d'acier pour emballage recyclé représentent peu par rapport aux 6 millions de tonnes d'acier récupérés en France, alors que ces derniers peuvent très bien servir dans la composition des emballages en acier. Isoler un flux d'acier pour emballage recyclé pour refabriquer de l'acier pour emballage n'aurait, en effet, pas de sens.

« Il va falloir s'efforcer de mieux boucler la boucle », affirme, au contraire, Françoise Gérardi, déléguée générale de la Chambre syndicale des emballages en matière plastique (CSEMP). Ce matériau est le seul qui n'a pas atteint le seuil de recyclage des 15 % requis par la directive européenne au 30 juin 2001, mais il devrait y arriver en 2002 : la collecte des emballages ménagers augmente en effet fortement et dépassera largement la barre des 100 000 tonnes en 2001 contre 85 000 en 2000.

Côté débouché, la législation des matériaux au contact alimentaire a longtemps limité les applications du recyclé dans l'emballage dans la mesure où 65 % des débouchés du plastique sont dans l'alimentaire. La montée en puissance du PET recyclé Supercycle (Lire 589), apte au contact alimentaire, de Schmalbach-Lubeca à Beaune (Côte-d'Or) montre cependant que les solutions existent. Mais, si la fibre constitue les trois quarts des débouchés des bouteilles PET blanc collecté, de nouveaux débouchés voient le jour. Signode utilise, par exemple, du recyclé pour réaliser des feuillards. Des feuillards compétitifs avec l'acier. Et la feuille de thermoformage en PET a fait son apparition dans les blisters et les barquettes pour le jardinage ou la quincaillerie.

Mais la filière plastique tient surtout à ce que, pour être effectivement recyclés, les plastiques qui apparaissent sur le marché soient recyclables. La CSEMP (Lire n° 586) vient donc de créer, en collaboration avec Valorplast et Eco-Emballages, le Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques (Cotrep).

Avis technique

Les conditionneurs, fabricants d'emballage, détenteurs de procédé ou les producteurs de matière plastique peuvent désormais s'adresser - c'est même vivement recommandé - à ce comité qui appréciera la compatibilité d'un nouvel emballage avec les dispositifs de collecte et de tri français et de recyclage européen.

Le Cotrep rend ainsi un avis technique qui pourra être joint à la déclaration de conformité des emballages. « Cet avis ne pourra cependant pas être utilisé comme un argument marketing », précise Catherine Klein, de Valorplast. Recyclage et recyclé sont bien une réalité de la filière de l'emballage et du conditionnement.

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