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Enquête

Le Lerem teste les aérosols et homologue les emballages en métal

CYRIENNE CLERC

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Structure originale, pour ne pas dire unique, dans la filière de l'emballage et du conditionnement, le Laboratoire d'études et de recherche des emballages métalliques (Lerem) a pris ses nouveaux quartiers à Creil (Oise). L'occasion de visiter ce site qui, comme son nom l'indique, ne s'intéresse qu'aux seuls emballages métalliques.

Installé depuis un an à Montataire (Oise), le Laboratoire d'études et de recherche des emballages métalliques (Lerem), seul laboratoire français spécialisé dans les emballages métalliques et notamment les aérosols, a agrandi ses locaux et pris un nouveau départ. Auparavant hébergé à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) par une école d'ingénieurs, le Lerem a trouvé ces locaux chez le producteur de fût Mauser (ex-Gallay) dans le parc industriel européen Les Marches de l'Oise à Montataire. Un parc déserté par l'équipementier automobile Chausson mais qui a su se développer en accueillant 80 entreprises. Le laboratoire connaît depuis deux ans une croissance de son activité de l'ordre de 10 % et la clientèle étrangère représente 30 % de son chiffre d'affaires. « Les groupes sont de plus en plus internationaux et leurs laboratoires internes ont souvent été regroupés à l'étranger. Les sites français font donc appel à nous pour réaliser leurs essais lorsqu'ils ont besoin de répondre rapidement à leurs clients », souligne Christian Walbrou, directeur du Lerem.

Atouts essentiels

Le laboratoire dispose aussi d'atouts essentiels : son expérience unique dans le domaine, sa réactivité, son positionnement de niche et sa petite taille sont ainsi des avantages majeurs. Tout comme sa petite équipe de spécialistes. Certes, « sur les quatre personnes employées à Saint-Ouen, une seule a suivi », révèle Christian Walbrou. Bruno Narcy, ingénieur chimiste et docteur en sciences des matériaux et des surfaces est ainsi devenu « l'ancien » et la mémoire du Lerem.

Christian Walbrou, ingénieur des Arts et Métiers est également un excellent connaisseur du secteur. Ce dernier a quitté une société spécialisée dans l'emballage métallique, pour remplacer l'ancien directeur qui a pris sa retraite. Le Lerem emploie désormais trois personnes, mais son directeur espère créer prochainement un nouvel emploi. Et s'intéresse à la possibilité d'obtenir une exonération de ses charges, le Parc des Marches de l'Oise étant situé en zone franche.

Créé en 1961 par le Syndicat national des fabricants d'emballages métalliques et de bouchage (SNFBM), le laboratoire tire actuellement la moitié de ses revenus de la rémunération des tests et essais qu'il réalise, soit environ 100 000 euros par an. L'autre moitié provient des cotisations payées par ses adhérents. Pourtant, actuellement « nous avons plus de clients conditionneurs que de fabricants d'emballages », souligne Christian Walbrou

Tests sur aérosols

« Dans le secteur des emballages pour matières dangereuses, peu de nouveaux emballages métalliques sont créés, explique le directeur du Lerem, et notre activité d'homologation des emballages métalliques ne représente aujourd'hui que 30 % de notre activité. Les premiers certificats que nous avons fournis datent de 1985. Il a fallu alors homologuer l'ensemble de ces emballages. Mais désormais, il s'agit essentiellement de renouvellements d'homologations ».

En revanche, les tests sur aérosols, représentent le gros de l'activité. Les produits pour le corps restent majoritaires en raison de la valse des gammes, avec les déodorants et antitranspirants, les laques pour cheveux et produits coiffants, les mousses et gels de rasage, les dépilatoires, les parfums... Suivent les produits pour la maison : insecticides ménagers, assainisseurs d'air, produits d'entretien. Puis les produits pour peintures.

Lors de la sortie d'un nouveau produit ou d'un changement de vernis à l'intérieur de l'aérosol, les conditionneurs préfèrent tester la compatibilité entre le contenant et le contenu, même si cette démarche n'est pas obligatoire. Il en va de la réputation de la marque. Le Lerem réalise aussi des essais de pression et d'inflammabilité.

Enfin, les litiges entre conditionneurs et producteurs d'aérosols représentent 10 % du chiffre d'affaires. Au Lerem de trouver la faille : modification de la formule, défaut sur un lot d'aérosols, erreur de « dudgeonnage » - la fermeture de l'aérosol - ou parfois fuite au niveau du sertissage pour les aérosols en fer-blanc composés de trois pièces différentes.

D'où une activité croissante, sans doute en partie due à l'image ambivalente de la « bombe » aérosols auprès des consommateurs. L'interdiction des chlorofluorocarbones (CFC) comme gaz propulseurs a également fait quelque tort à la profession. « Mais, désormais, le marché s'est stabilisé car le passage de l'aérosol au flacon-pompe a déjà été effectué lorsque cela s'avérait possible », indique Christian Walbrou.

Attention à la corrosion !

Un des pires ennemis des aérosols reste la corrosion due à l'incompatibilité entre le produit et le flacon nu ou vernis intérieurement. Afin de vérifier la tenue de leurs aérosols, « les conditionneurs ont le choix entre l'entreposage pendant plusieurs mois à 50 °C ou des tests électrochimiques qui demandent au maximum un mois », souligne Christian Walbrou. Mais les conditionneurs veulent commercialiser au plus vite leurs produits. Le Lerem pratique ainsi un grand nombre d'essais, pour la plupart des tests comparatifs avec plusieurs inhibiteurs de corrosion comme le benzoate de sodium ou le nitrite de sodium. « Nous utilisons deux techniques, le procédé d'impédancemétrie en courant alternatif pour les aérosols vernis et l'ampérométrie en courant continu pour le métal nu », explique Bruno Narcy. La courbe obtenue permet d'observer la compatibilité entre le contenant et le contenu afin de déterminer le meilleur inhibiteur de corrosion et le meilleur vernis.

Dans la même salle, un spectromètre à infrarouge permet de déterminer la famille de vernis, généralement des époxy phénoliques. « Il s'agit, la plupart du temps, de caractériser le vernis d'un aérosol fourni par le fabricant d'emballages ou d'examiner si sa composition a changé, notamment quand un problème de corrosion s'est posé sur un lot déterminé », explique Christian Walbrou.

Deux appareils de chromatographie en phase gazeuse à catharomètre ou à ionisation de flamme (colonne remplie ou capillaire) permettent d'analyser les phases gazeuses. « Ces tests ont, par exemple, été réalisés dans le cas de pots de peintures pour analyser l'atmosphère gazeuse entre le couvercle et le produit. Il fallait alors expliquer l'apparition d'une croûte en surface, malgré l'application d'un produit antipeau », indique le directeur du Lerem.

Du fait de la spécificité des aérosols, certains tests sont obligatoires. Le conditionneur se doit de vérifier que son aérosol rempli résiste à la pression interne, une fois plongé dans un bain d'eau à 50 °C. Autre obligation : « le boîtier vide doit résister à une pression supérieure de 50 % à la pression de référence, celle de l'aérosol à 50 °C, sans se déformer ou fuir, et à une pression supérieure de 80 % sans éclater », explique Christian Walbrou. Qui poursuit : « Si le fabricant de boîtiers déclare une résistance à une pression de référence de 10 bars, nous effectuons la pression d'épreuve à 15 bars et la pression d'éclatement à 18 bars. »

Vérifier l'inflammabilité

Reste à déterminer si le produit est inflammable. La législation française et européenne (directive 94/1) a accrû les obligations en matière d'étiquetage. Plus question donc d'oublier le logo représentant une flamme sauf si le test de distance d'ignition révèle que le produit est ininflammable. « Ce test est d'autant plus important pour les aérosols dits de divertissement et de décoration, surtout utilisés au moment de Noël et qui doivent être ininflammables. Ceux-ci risquent d'être manipulés par des enfants et les produits sont parfois vaporisés sur des éléments proches de bougies », explique Christian Walbrou.

Les emballages destinés au transport de matières dangereuses, notamment les fûts métalliques, doivent être homologués et le certificat renouvelé tous les cinq ans. Certifié Iso 9001 (version 2000), le Lerem fait partie des trois laboratoires hexagonaux agréés « pour la réalisation d'épreuves pour l'homologation des emballages destinés au transport de marchandises dangereuses », avec le Laboratoire national d'essais (LNE) et le Bureau des vérifications techniques (BVT). Il s'agit alors de suivre un protocole bien défini : épreuves d'étanchéité, de pression hydraulique, de chute et de gerbage.

Pour les tests de chute, la hauteur dépend de la densité du produit et du groupe d'emballages selon la dangerosité du produit. L'épreuve d'étanchéité consiste à passer l'emballage fermé et soumis à une pression d'air comprimé dans un bain d'eau et de détecter l'apparition éventuelle de bulles. L'épreuve de pression hydraulique vise à vérifier que l'emballage ne fuit pas à une pression donnée, tout comme l'épreuve de gerbage qui consiste à empiler les fûts - sur une hauteur le plus souvent de trois mètres - et à vérifier ainsi leur tenue au bout de 24 heures.

Une fois cette batterie de tests réalisée, le fabricant d'emballages repart avec le précieux certificat et se prépare au passage du Lerem qui assure le suivi et effectue aussi des contrôles sur le site.

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