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L’usine d’anodisation d’Aptar renaît de ses cendres à Annecy

Pierre Monnier
L’usine d’anodisation d’Aptar renaît de ses cendres à Annecy

Ravagé par un incendie en juin 2016, le bâtiment d'anodisation de l'usine Aptar d'Annecy a été inauguré le 18 juin 2019.

© Aptar

Le site haut-savoyard spécialisé dans la colorisation des pièces métalliques par traitement chimique a inauguré sa nouvelle unité de production, la précédente ayant été ravagée par un incendie à l’été 2016. –

Avec l’inauguration du site d’Annecy (Haute-Savoie) le 18 juin, Aptar a mis un terme à deux années de reconstruction. En invitant ses clients et collaborateurs, l’entreprise a célébré la renaissance de l’usine d’anodisation du groupe pour l’ensemble de l’Europe. Un incendie s’était déclaré le 26 juin 2016 dans l’enceinte la plus importante du site, celle où les composants d’emballage en métal sont plongés dans des bains chimiques afin de leur donner la couleur souhaitée par le client. Grâce à une évacuation efficace et à l’intervention rapide des pompiers, l’entreprise n’avait pas eu de victime à déplorer.

Réaménager les outils de production

Cependant, sur le plan industriel, les dégâts se sont révélés plus importants. « La partie qui a brûlé représente moins de 25 % de la surface du site, mais c’est à cet endroit que 80 % de la production est réalisée », précise Jean-François Regnier, le directeur de l’usine d’Annecy. Pour autant, certains équipements ont pu être sauvés. « Sur les onze machines présentes, cinq ont été transférées dans le bâtiment historique, non touché par l’incendie, se souvient-il. Pour le reste, des lignes d’anodisation ont été louées chez des fournisseurs extérieurs. » Au total, l’usine n’aura été à l’arrêt que deux semaines, le temps de sécuriser les lieux et de réaménager les outils de production afin de garantir l’emploi des salariés.

« Le feu est désormais derrière nous, une nouvelle page s’ouvre », insiste le directeur d’Aptar Annecy. L’incendie et la reprise du travail dans le bâtiment en août 2018 auront malgré tout nécessité un investissement de 20 à 25 millions d’euros. Désormais refaite à neuf, la structure dédiée à l’anodisation a permis de séparer les activités parfumerie et santé. Un soulagement administratif pour Aptar qui devait répondre aux exigences pharmaceutiques pour l’ensemble du processus, même lorsque les modifications ne concernaient que les pièces pour les emballages de parfum. La méthode de fabrication a elle aussi été améliorée, à en croire les cadences de production. « Avant l’incendie, entre 7,5 et 8 millions de pièces étaient fabriquées chaque jour, indique Jean-François Regnier. Mais depuis la reprise, nous avons établi un nouveau record de production en juin 2019 avec 9,47 millions de pièces traitées en une seule journée. »


Un système automatisé de palan permet de plonger les barres d'anodisation dans les différents bains chimiques pour donner la teinte recherchée aux pièces métalliques.

Un chiffre d'affaires en forte progression

Une performance notamment due à l’installation d’un système automatique par palan développé en interne. Il permet de gérer l’alimentation des lignes d’anodisation en déplaçant les barres auxquelles sont fixés les éléments métalliques d’un bain à l’autre. Depuis sa mise en place, il suffit d’une heure et quart pour qu’une barre soit chargée, traitée et déchargée. Aptar a également optimisé la dépose et la récupération des pièces sur les cassettes en titane des barres d’anodisation (photo ci-contre). En sortie de bain, elles sont déchargées automatiquement et de nouvelles pièces brutes sont fixées par un bras robotisé. Chaque machine peut charger et décharger jusqu’à 600 000 composants par jour. Depuis le rachat de Reboul par Aptar en mai 2018, l’une d’elles a même été adaptée à l’ensemble des modèles de rouges à lèvres. Trois autres machines de chargement et déchargement doivent être ajoutées entre les mois de décembre et février. La capacité annuelle de production devrait ainsi passer de 2,1 à 2,4 milliards de pièces.

Mais si le marché est demandeur, l’usine d’anodisation d’Aptar pourrait atteindre une production de 3 milliards de pièces chaque année. Pour l’heure, l’entreprise réalise à Annecy un chiffre d’affaires de 56 millions d’euros, en forte progression. « Aujourd’hui, la capacité n’est plus limitante, assure le responsable du site. L’ancien outil de production ne nous aurait pas permis de faire ce bond. Nous aurions dû procéder à une extension. » Des avantages tirés de la reconstruction du bâtiment incendié. « C’est la manière dont un désastre peut devenir une opportunité », conclut Jean-François Regnier.

Une attention portée à l’environnement

Située à proximité du lac d’Annecy, l’usine d’Aptar se doit de surveiller son impact environnemental. Ainsi, l’ensemble des bains chimiques nécessaires à la colorisation des pièces métalliques sont envoyés dans une tour d’extraction. Aptar s’est servi de son expertise dans le domaine de la chimie pour développer un solvant capable de capter l’acide phosphorique. Avec cette technique, 98 % de l’acide phosphorique produit est récupéré et réutilisé. C'est là un avantage écologique, mais aussi économique, en comparaison au prix d’achat de la matière sur le marché. Surtout, l’élimination de cette substance directement dans les effluents de l’usine demande un procédé très coûteux. Au sein de son activité d’emboutissage, Aptar a également mis en place un système de retour des morceaux d’aluminium non exploités. Avec un parc de seize presses, l’entreprise réalise des cache-pompe. Le procédé de presse-transfert permet d'élaborer ces pièces en partant d’une fine bande d’aluminium. Le dispositif qui contribue à dissimuler le mécanisme de la pompe est formé et détaché de la bobine d’aluminium. Les morceaux non employés ne sont pas jetés, mais cisaillés et compactés avant d’être retournés aux fournisseurs d’aluminium qui les réinventent dans leurs fonderies. Un moyen de réduire ses déchets, encore une fois de manière économique.

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