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AGNÈS LEGOEUL

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Emballages Magazine propose une série d'enquêtes sur des entreprises, des hommes ou des technologies qui ont fait l'histoire de l'emballage. Au sein de Saint-Gobain, le verrier Saint-Gobain Desjonquères, de la pharmacie à la parfumerie en passant par les pompes, associe plusieurs spécialités. Arrêt sur les flacons de parfums qui constituent la moitié de l'activité.

Du bois, de l'eau et des flacons de parfum... C'est au coeur de la vallée de la Bresle, dans un haut lieu de l'industrie du verre, que s'est installée, dans le courant du xviiie siècle, la future société Saint-Gobain Desjonquères. A l'époque baptisée tout simplement Verrerie du Tréport, elle est reprise par Henri Desjonquères en 1896.

Dans la verrerie Desjonquères, des souffleurs à la bouche créent des flacons de parfumerie, de la verrerie de table mais aussi du verre destiné au vitrage. La production est alors emballée manuellement pour être expédiée, par rail, depuis la gare du Tréport, à travers tout le territoire français. Après la première guerre mondiale, le propriétaire Henri Desjonquères s'intéresse aux nouvelles techniques.

En 1924, après le choc de la première guerre mondiale, Henri Desjonquères transfère la verrerie du Tréport (Seine-Maritime) à Mers-les-Bains (Somme), l'agrandit, et la dote de nouveaux ateliers et hangars. Entre les deux guerres, le marché de la parfumerie est en train d'exploser. Pour accompagner ce mouvement, l'usine s'équipe des premières machines automatiques et se spécialise dans la production de flacons de parfumerie de luxe.

Durant la seconde guerre mondiale, Luc Desjonquères, qui a pris la succession de son père Henri, décide de maintenir l'usine en état de marche. Ainsi, dès la fin des hostilités, l'usine est prête à redémarrer et devient très vite la première verrerie européenne de production automatique de flaconnage de haute qualité.

En 1945, l'usine Desjonquères met en route son premier four à bassin qui sera suivi par cinq autres installés entre 1948 et 1957. L'entreprise ne se contente plus du marché français, déjà très demandeur, mais commence aussi à se développer à l'exportation.

En 1962, le premier système automatique de chargement des fours et de composition des matières premières fait son apparition, permettant alors d'accroître considérablement la productivité. En 1972, la reprise de la société Desjonquères par Saint-Gobain donne naissance à Saint-Gobain Desjonquères.

Lettres patentes

De son côté, la Compagnie de Saint-Gobain bénéficie d'un très riche passé. A l'origine du groupe, la Manufacture Royale des Glaces et des Miroirs est créée en 1665 par lettres patentes de Louis XIV et sur proposition de son célèbre ministre, Colbert. Le roi voulait développer ce savoir-faire en France, afin de pouvoir, enfin, concurrencer Venise où sont fabriqués glaces et miroirs, quasiment pour toute l'Europe.

Pour découvrir les mystères de la fabrication, Colbert n'hésite pas à enlever les principaux maîtres verriers vénitiens et à les installer Faubourg Saint-Antoine, à Paris. Richard Lucas invente peu de temps après, en 1669, le procédé de coulage des glaces qui va faire la gloire et la richesse des miroitiers français, tout en leur conférant une réelle suprématie sur l'ensemble de l'Europe.

L'association des deux spécialistes entraîne, dès 1972, une accélération de l'évolution des techniques et des savoir-faire. Les dirigeants décident de spécialiser chaque four dans une production spécifique. Les techniques de soufflage sont optimisées, et la créativité exacerbée.

En 1981, la société met au point la technique de l'or sur flux à effacement qui donne plus de relief à l'or. En 1984, apparaissent les premiers flacons en verre rouge et, dès 1987, Saint-Gobain Desjonquères est également le premier à travailler du verre rouge en dégradé, notamment pour le parfum Fahrenheit de Christian Dior, et, plus tard, pour Venise d'Yves Rocher.

En 1987, le verrier met également au point la teinte opale bleu et, deux ans plus tard, le jaune pour le parfum C'est la Vie de Christian Lacroix. Sans oublier le verre noir pour Jacomo de Jacomo ou pour Antaeus de Chanel.

Dès le début des années 90, Saint-Gobain s'est doté d'un outil informatique particulièrement sophistiqué, pour, non seulement, la production mais aussi le développement de ses produits. Pour répondre aux attentes spécifiques de ses clients, la société a créé un bureau d'étude verrier doté d'équipements infographiques, d'un système de relevé de maquettes et d'outils de création de maquettes par laser.

Covington

Le bureau d'études verrier est aussi à l'origine de l'amélioration de la qualité et de la standardisation de l'outillage. Ainsi, à partir des dessins et maquettes fournis par le client, il est possible de réaliser, de manière industrielle et de la façon la plus fidèle, des objets en verre de formes variées, sans trahir l'idée première du client ou du designer. Ce résultat est souvent le fruit d'un travail de partenariat entre l'ensemble des acteurs de la chaîne, client, designer et fabricant.

En 1992, un septième four voit le jour. Le four n°7 se distingue des autres générations de fours par son degré de sophistication. Cet équipement est sans doute le mieux adapté à la réalisation de flacons de parfum, mais aussi le plus productif. Cet investissement est suivi quatre ans après par l'installation d'un huitième four dans la vallée des Pêchers à Covington, près d'Atlanta aux Etats-Unis. Conçue comme une véritable extension outre-atlantique du site de Mers, cette implantation audacieuse a pour ambition de rapprocher l'entreprise de ses clients américains.

Parachèvement

Au final, sept fours sont dédiés à la production de flacons de parfums et de cosmétiques tandis qu'un huitième, situé à Mers-les-Bains, est réservé à la pharmacie. Il fonctionne d'ailleurs en salle propre, répondant aux normes Iso 9002. Pas moins de 3 millions et demi de flacons sont sortis de ce four l'année dernière.

Aujourd'hui, forte d'un effectif de 1 400 salariés, la capacité de production de la société Saint-Gobain Desjonquères dépasse, au total, un milliard de flacons par an, ce qui représente environ 300 créations nationales et internationales.

A cet équipement de pointe s'ajoutent encore deux filiales dédiées au parachèvement des flacons, les Verreries de la Somme et les Verreries de l'Orne. Toutes les techniques y sont exploitées, des plus traditionnelles aux plus innovantes, de la sérigraphie au marquage à chaud, en passant par le satinage, la décalcomanie, le transfert, la tampographie, le pistolétage, le sablage, le rodage ou encore le siliconage.

Autant de techniques qui permettent de réaliser des décors personnalisés et parfaitement adaptés à l'image de chaque parfumeur.

Le secret de certaines d'entre elles est précieusement gardé dans le respect de la tradition verrière et des maîtres verriers. Ainsi un flacon signé Saint-Gobain Desjonquères possède cette petite touche singulière qui fait qu'il ne ressemble à aucun autre.

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