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Enquête

ANNE FRITSCH

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Au salon Cosmopack, qui s'est tenu du 7 au 10 mars dernier à Bologne au sein de Cosmoprof, on a fait comme si. Comme si l'actualité politique n'avait pas prise sur le monde de la beauté et des cosmétiques. Et, de fait, Cosmopack a fait le plein d'exposants et a fourni son lot d'innovations. Sous forme d'airless et autres crayons... Visite.

Au sein de Cosmoprof, Cosmopack est un salon dans le salon. Un espace à part qui a sa vie propre dans le cadre bien défini des halls 19 et 20. Un peu trop défini même, puisque l'espace manque (lire 610). Une cinquantaine d'exposants sont sur liste d'attente, alors qu'un peu plus loin trois ou quatre grands groupes cosmétiques étalent leur notoriété sur un hall entier... Près de 300 exposants se sont donc partagés les 11 000 mètres carrés alloués à Cosmopack. La moitié venait d'Italie, les autres d'une quarantaine de pays différents. Les fabricants de machines - ils proposaient pour la plupart des systèmes de remplissage - se comptaient sur les doigts de la main. La priorité était clairement le contenant, toujours en quête de séduction et d'originalité.

Incertitude ? Morosité ? « Il y aura toujours des lancements », entendait-on dans les allées. Et de citer le nouveau Chanel, Chance, qui arrive en France le 7 avril. D'une forme simple - un cercle - mais parfaite, le flacon associe le verre, le plastique pour son bouchage et le métal pour un cerclage de sa tranche. Premier client de Toly, Chanel a confié la réalisation de l'anneau métallique qui entoure la tranche du flacon à Metapack, spécialiste du zamac et racheté dernièrement à hauteur de 50 % par Toly. Ce dernier se présentait sur un stand commun avec son proche confrère Geka, spécialiste des tubes de mascara. Les deux sociétés familiales ont créé le premier janvier 2003 un mini-joint-venture : un bureau joint aux Etats-Unis. Ce premier bébé est le test qui décidera de l'éventuelle mise en couple de ces partenaires de longue date.

Techpack (Pechiney) présentait son savoir-faire en termes de collage verre-polymère, à travers l'exemple du flacon d'eau de parfum de Gucci. Un insert moulé en copolyester cristal est ainsi assemblé dans la coiffe en verre par collage UV. Pour les mascaras, le centre d'innovation de Techpack a imaginé une flaconnette en forme de faux tube de gouache. Le fond est, en effet, fermé par écrasement et soudure du fond du tube, et présente ostensiblement des stries comme les petits tubes de gouache en aluminium. L'italien SCC présentait ce même type de contenant en 10 et 30 millilitres, mais coiffés d'une pompe, pour des fonds de teint ou des crèmes.

Les solutions airless sont toujours l'objet d'amélioration et de sophistication. Le souci croissant d'hygiène, la tendance à rejeter les conservateurs poussent, en effet, cette technologie qui protège au mieux des formules qui sont particulièrement fragiles. Sur Emballage 2002 à Villepinte en novembre dernier, Lablabo présentait un double airless à poche.

Piston

A Cosmopack, c'est Airlessystems qui mettait en vitrine le double système Oméga Duo, à piston cette fois. Certes, le principe était déjà visible à Luxe Pack à Monaco, mais il ne s'agissait alors que d'un concept. Cette fois, c'est prêt : l'échantillonnage commencera en avril et le début de production est planifié en juillet pour livraison en septembre aux premiers clients qui recevront six sous-composants. Simples ou doubles, les flacons airless sont donc efficaces, industrialisables... mais toujours limités en termes de formes. Pour le marché des fonds de teint par exemple, le français Sériplast proposait de cacher un système airless d'Airlessystems dans deux demi-coques en polypropylène de façon à donner à l'ensemble un faux air de tube elliptique que Sériplast décore en sérigraphie sur 360°.

Mais ces « anciens » de l'airless pourraient bien être agacés par l'arrivée d'un challenger : Coster. Le spécialiste des pompes s'est associé à l'espagnol Sofiplast, du groupe espagnol Vemsa, pour se positionner sur le marché des flacons airless à piston et proposer un système annoncé environ deux fois moins cher que ceux d'Airlessystem, Lablabo ou Saint-Gobain Emballage. Présenté pour la première fois sur Cosmopack, le flacon baptisé Ox-Less associe la pompe airless 32 CCP de Coster et un flacon de 50 ou 100 millilitres en polypropylène injecté de Sofiplast, qui se remplit à l'envers. Les deux industriels ont prévu une capacité de production de 20 millions de pièces par an et tablent sur 1 à 2 millions pour cette année de lancement.

Pompe

Ce qui n'empêche pas Saint-Gobain Calmar de lancer sa nouvelle pompe pour le secteur des cosmétiques : Aria. Elle reprend, en s'adaptant aux doses, viscosités, tailles et codes esthétiques du secteur, les principes qui ont fait le succès de la pompe P2000 dans le domaine de l'hygiène. A savoir la « verrouillabilité », une étanchéité dans toutes les positions, qui n'est rompue qu'en position intermédiaire du ressort, une garantie de non-oxydation du produit puisque le ressort est extérieur au circuit du produit et que la bille est en résine acétal (POM). Cette pompe en polypropylène est disponible sous des dosages de 175 et 250 millilitres.

Après la musique, la poésie : un gros modèle délivrant 300 ou 500 millilitres est attendu en janvier 2004 sous le nom de Sonnet. En test actuellement, il s'agit d'un vaporisateur tête en bas pour les liquides et produits peu visqueux. On peut vaporiser des heures avec le flacon à l'envers, le bout du tube plongeur hors du liquide... grâce à une pièce qui fait glisser la bille et laisse ainsi entrer le produit à hauteur du ressort. Avec ce système, Calmar s'adresse au marché des produits solaires et après-solaires à vaporiser, ou encore aux produits capillaires. Bref ceux pour lesquels la pulvérisation tête en bas a le réel avantage d'éviter des contorsions.

Crayon

Que n'a-t-on pas vu sous forme de crayon à Cosmopack ? Evidemment, un crayon est nomade, précis, propre. Le stand le plus fréquenté du secteur était sans aucun doute celui de l'allemand Faber-Castell. On y sentait clairement des souvenirs d'école primaire planer au-dessus des tables rondes jonchées de crayons en bois... et en plastique. C'est ce dernier qui offre les meilleures croissances, d'après Mary Faber-Castell, qui dirige la société avec son mari. « Faber-Castell réalise aujourd'hui 20 % de son chiffre d'affaires dans le secteur cosmétique, estime-t-elle. Cette année, c'est le packaging et non les formules qui tireront le marché ». En variant le diamètre, crayons pour les yeux, pour les lèvres, fards à paupières, rouges à lèvres, peuvent se conditionner sous forme de crayons en plastique dont on tourne le bout pour faire avancer la mine par un mécanisme hélicoïdal. Mieux : le modèle à deux vis. C'est alors la tête qui tourne, et l'on peut associer des produits de diamètres différents, par exemple un eye-liner et une ombre à paupière. « La tendance est aux crayons transparents. Ils mettent en valeur tous ces mécanismes. Nous espérons développer quelques-uns des concepts que nous présentons ici avec des marques de prestige », ajoute Mary Faber-Castell. Si les crayons en bois sont, pour la plupart, fabriqués dans l'usine brésilienne, les développements sont généralement réalisés en Allemagne.

C'est le cas du crayon-rouge à lèvres à tailler, qui n'était montré qu'en coulisses du salon, et qui sort à peine de quatre ans de recherche et développement. L'idée est simple et séduisante : un contenant en forme de gros crayon en plastique, dans lequel on glisse le raisin, et qui se taille au fur et à mesure. Cela économise un mécanisme, mais pas le taille-crayon. Et le conditionnement semble facile, puisqu'il s'apparente à du remplissage simple. « Pas si simple que cela en fait », rectifie Mary Faber-Castell. Il a fallu résoudre un problème de réaction des huiles au contact du plastique lors du remplissage du produit chaud. « Nous avons introduit des additifs dans le polypropylène et, maintenant, il semble que ce soit au point. Plusieurs grandes marques testent ce concept en ce moment. »

Un peu plus loin, au même étage, l'allemand Gutberlet distribue ouvertement de gros petits crayons en plastique pleins de rouge à lèvres, décorés de raies blanches qui leur donnent un petit côté écolier. On peut s'essayer à les tailler sur le stand. Ici, on n'évoque pas de souci de compatibilité formules-contenant. A suivre...

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