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ANNE FRITSCH

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Les accidents domestiques sont la première cause de mortalité chez les moins de cinq ans. Parmi eux, l'intoxication par ingestion de produits d'entretien banals. Le packaging offre pourtant plusieurs stratégies pour contrer la menace chimique.

A l'origine de 5 millions d'actes médicaux et 440 000 hospitalisations par an en France, les accidents domestiques sont trois fois plus nombreux que les accidents du travail et 10 fois plus que les accidents de la route... mais moins médiatisés. Ces accidents comprennent des chutes, coups, brûlures, coupures et intoxications par ingestion. Ces dernières touchent tout particulièrement les enfants pour lesquels elles représentent plus de 10 % de ces accidents. Elles sont dues à des produits ménagers aussi courants qu'un détergent pour lave-vaisselle ou un détartrant. Ce n'est pourtant pas faute d'étiqueter ! La législation est, en effet, contraignante sur ce sujet. Tellement contraignante en fait, qu'on peut se demander si elle ne crée pas parfois elle-même le danger en obligeant à multiplier les mentions de sécurité : quand toutes les étiquettes font état de produits dangereux, le consommateur ne sait plus relativiser les risques et finit par renoncer à lire les étiquettes.

Le conditionnement est parfois un avertissement plus convaincant : « Si le fabricant a pris la précaution d'équiper son flacon d'un bouchon de sécurité, alors le produit doit réellement être dangereux ! » Un raisonnement qui pousse à utiliser l'emballage sécurisé comme un outil de marketing, avec la menace d'une confusion que des produits à risque mais sans dispositif de sécurité soient ressentis comme inoffensifs.

Le danger commence sur le lieu de vente, reste présent pendant l'utilisation, puis même lorsque le conditionnement est vide. Ou presque ! Pourtant, il y a des solutions ! Elles sont même souvent fort simples. Celui dont les courses ont été inondées récemment par la faute d'un flacon fuyard regrettera que le fabricant n'ait pas tout simplement rétracté un manchon d'inviolabilité autour du bouchon de son détergent. Cela aurait évité que celui ci ne soit ouvert puis mal refermé par une cliente curieuse du parfum du nettoyant. Voyez les étagères des supermarchés : ce dispositif basique est négligé même sur des produits qui, sans être forcément mortels, n'en sont pas moins réellement agressifs. La plupart des flacons d'eau de javel diluée ne disposent ni de bouchon de sécurité, ni de manchon protégeant l'ouverture.

Législation insuffisante

Or, même diluée, la javel commerciale ne manquera pas de décolorer les vêtements, d'irriter les peaux fragiles, voire pire en cas d'ingestion. Comme elles risquent d'être prises pour des bonbons, les pastilles de javel ont droit quasi systématiquement, elles, à des bouchons à ouverture sécurisée. Il faut dire que, concernant les produits d'entretien, il n'y a pas de législation claire, obligeant tel ou tel produit à s'équiper d'un dispositif empêchant l'ouverture par des enfants. « On y viendra sans doute », prédit Alain Philippi, responsable commercial chez Condilog qui fabrique et commercialise des bouchons de sécurité « pressez-tournez » ou « poussez-tournez ». Mais faut-il attendre qu'un accident domestique soit médiatisé ?

Il existe d'autres stratégies pour limiter les risques chimiques. La sécurité commence par l'ergonomie : une bonne préhension, une poignée placée judicieusement pour limiter les efforts et donc accroître la précision lors du versage. Les bidons d'acide chlorhydrique vendus en grande surface de bricolage, pourraient ainsi s'inspirer des bidons de cinq litres d'huile automobile Esso qui offrent deux poignées : l'une en haut du bidon pour le transport et pour vider les premiers litres. L'autre au milieu du bidon pour les derniers litres.

Les manipulations liées au dosage sont limitées dès lors qu'on emploie un flacon autodoseur comme celui présenté par Pont Emballage lors d'Emballage 2002 ou celui imaginé par KB pour ses engrais liquides, et qui est très apprécié. Si les monodoses simplifient évidemment le dosage, elles ne sont pas toujours conditionnées de façon adéquate. On se salit souvent les mains en ouvrant une dose liquide, au risque de s'irriter les yeux en les frottant plus tard. Le pire, ce sont les doses dépourvues d'ouverture facile. Certaines tablettes solides pour lave-vaisselle, qui contiennent des détartrants agressifs, sont emballées sous un film scellé difficile à ouvrir vu sa petite taille. Faute de ciseaux à portée de main, on est tenté d'utiliser ses dents pour amorcer la déchirure... ce qui s'avère au final bien plus risqué que de doser une poudre ! Le nec plus ultra, ce sont évidemment les sachets hydrosolubles en alcool polyvinylique : aucun souci de dosage. Aucun contact. Peu de déchets d'emballage. Aucun résidu de produit. Aucun emballage souillé. Même les soucis de sécurité liés à la fin de vie sont balayés ! Ultra-pratiques, ces doses sont malheureusement coûteuses et dérangent les habitudes. KB les avait testées pour des engrais liquides à diluer ; Iba, sur un nettoyant pour le sol à diluer : dans les deux cas, le produit avait été retiré des ventes au bout de quelques mois. Mais les efforts de communication autour des lessives en doses hydrosolubles ont fini par rendre cette technologie familière et lui ouvrent désormais de nouveaux marchés.

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