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Claranor industrialise la lumière pulsée

ARNAUD JADOUL

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La technologie de la lumière pulsée passe du banc d'essai à une utilisation industrielle. Elle peut s'appliquer aux emballages et aux aliments, sans altérer leurs qualités organoleptiques, avec la garantie de l'efficacité microbiologique du traitement.

La sécurisation microbiologique à froid, par voie sèche, des aliments et des emballages dans des conditions industrielles ? A Annot (Alpes-de-Haute-Provence), Claranor relève le défi avec sa technologie de décontamination par lumière pulsée. Appliqué à l'embouteillage, sur des bouchons, à une cadence de 40 000 cols par heure, le traitement de surface assure une réduction microbiologique de 2 à 5 log, c'est-à-dire une inactivation des bactéries, levures, virus et moisissures, y compris sous forme sporulée.

L'entreprise a réussi là où plusieurs avaient échoué depuis une vingtaine d'années, au Japon, aux Etats-Unis et en Europe. En France, Solsys a travaillé sur le procédé. Tous les intervenants ont buté sur le manque de répétitivité des traitements, obstacle à leur industrialisation. Or Claranor garantit jusqu'à 5 millions de tirs par lampe, et des études réalisées par l'unité 1014 « Sécurité des aliments » de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), à Nantes, et par le Centre technique de la conservation des produits agricoles (CTCPA), valident ce passage du banc d'essai à une utilisation industrielle. La technologie repose sur l'émission d'un flash de lumière intense de 1 200 watts, de large spectre, entre 180 et 1 100 nanomètres, et d'une durée de 300 microsecondes, par une lampe à vapeur de xénon. L'énergie délivrée, de plusieurs centaines de joules électriques par lampe, détermine l'effet antimicrobien du traitement. Pour assurer la répétitivité de l'opération, les électrodes sont éloignées de 200 millimètres environ, afin d'augmenter leur durée de vie. En contrepartie, une énergie plus importante est requise pour exciter les gaz. Claranor a donc diminué le diamètre interne de la lampe, entre 3 et 7 millimètres. Ainsi, la pression du gaz s'accroît sans demander beaucoup plus d'énergie. La largeur de la lampe permet de traiter jusqu'à six bouchons simultanément. Un circuit de refroidissement a aussi été installé, avec un débit d'eau très rapide, de 7 à 10 litres par minute, pour évacuer les calories produites. Enfin, pour balayer l'ensemble des surfaces, y compris les zones moins accessibles, l'entreprise a, grâce à un outil de modélisation, développé un réflecteur optique, adapté à la forme du produit à stériliser.

Solution propre et sûre

Résultat ? Un seul flash permet d'obtenir une réduction du nombre de bactéries de plus de 7 log par unité de surface. En outre, l'échauffement provoqué est négligeable. La solution est propre : il n'est consommé ni eau ni produit chimique. L'absence de contact et de rejets ôte tout risque pour l'opérateur. Et l'équipement, composé d'une armoire électronique et d'une cavité optique, s'insère facilement dans une ligne de production. De quoi constituer une alternative sérieuse aux traitements au peroxyde d'oxygène, à l'acide peracétique ou aux ultraviolets. « Pour un coût d'investissement entre 50 000 et 150 000 euros, selon la cadence et le nombre de lampes, et, en fonctionnement, un changement de lampe de 1 à 4 fois par an, au prix unitaire de 1 500 euros, hors consommation électrique », souligne François Cazalas, président de Claranor. Les industriels confirment cet intérêt. Nestlé Waters exploite deux machines aux Philippines et en Arabie Saoudite pour la décontamination de bouchons. Danone a également référencé la technologie. D'autres devraient suivre rapidement avec l'extension des applications aux préformes - dès le début de 2006 -, aux pots préformés, aux films d'operculage transparents, mais aussi aux aliments : eau, lait, jus de fruits, produits surgelés, pain, produits à surface humide tels que jambon, poisson ou fromage... et très rapidement, la nutrition infantile. D'autant que le procédé préserve les qualités organoleptiques des produits traités. Sur les viandes, par exemple, il ne provoque ni changement de couleur ni oxydation. Cependant, un agrément Novel Food sera nécessaire. Le traitement peut aussi être envisagé pour les semences ou, dans le médical, pour les préparations pharmaceutiques ou vaccinales et les produits sanguins.

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