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Enquête

Bopack construit son identité européenne dans l'étiquette

Gilles Solard
Depuis l'an 2000, le fabricant d'étiquettes Bopack a définitivement tourné la page de la société familiale. Le belge a adopté une structure de groupe et part à la conquête de l'Europe pour prendre une place de numéro un en passant devant des concurrents comme Avery Dennison ou la Seec. Portrait d'une rivière qui pourrait un jour se transformer en fleuve...

Q uel est le rapport entre la société familiale des Frères Boehlen créée voici 35 ans et le groupe Bopack aujourd'hui dirigé par Marc Boehlen ? Peu de choses à vrai dire. Si ce n'est une implantation... Ce dernier est, en effet, non seulement resté fidèle à la Belgique où il a implanté le siège social du groupe malgré une origine familiale suisse, mais surtout à Anvers, le berceau de naissance de l'entreprise en 1969. Mais entre l'entreprise spécialisée dans les scellés de garantie destinés aux saucissons et le groupe qui s'est hissé à la troisième place européenne du marché des étiquettes, il y a désormais un fossé.

Certes, l'entreprise a su garder un caractère familial puisque Marc Boehlen détient la majorité du capital. Mais avec l'entrée en 2000 des deux investisseurs que sont Halder et Sofindev à hauteur de 40 %, c'est une nouvelle page qui a été tournée. « La question était de rester une entreprise locale ou de globaliser en Europe », explique Marc Boehlen. C'est la deuxième solution qui a été définitivement choisie. Avec un objectif ambitieux : il s'agit désormais de doubler de taille dans les cinq ans qui viennent, pour atteindre les 200 millions d'euros de chiffre d'affaires et prendre une place de numéro 1 européen.

Trop à l'étroit en Belgique, Bopack déborde rapidement de ses frontières. Vers le sud, Bopack devient actif en France en 1987. Avec un simple bureau de vente au départ, puis avec les rachats successifs de France Etiquettes en 1992, de TEA Rouen et Lorient en 1997 et de la société Luck en 2000. Avec quatre sites industriels à Strasbourg (Bas-Rhin), Rouen (Seine-Maritime), Bazouges-sur- le-Loir (Sarthe) et Lorient (Morbihan), la société pèse 70 millions d'euros de chiffre d'affaires, quasiment les deux tiers des ventes totales du groupe qui se montent à 110 millions d'euros. « Nous cherchons aujourd'hui à réaliser l'acquisition d'un site industriel dans la région Rhône-Alpes où nous disposons déjà d'un bureau commercial », indique Gaby Brams, directrice des ventes arrivée dans l'entreprise en avril 2003, au moment de la mise en place d'une structure de groupe.

Manchon

Au nord de la Belgique, Bopack s'est naturellement étendu aux Pays-Bas. Le rachat récent du néerlandais Correct Etiketten conforte aujourd'hui la présence du groupe dans le pays où le fabricant d'étiquettes devient leader. Désormais, c'est l'ensemble du territoire européen qui est visé. En Allemagne, l'installation d'un bureau de vente à Duisbourg préfigure sans doute une implantation industrielle. « Nous regardons également du côté des pays de l'Est où les opportunités de rachat ne sont cependant pas nombreuses », explique Gaby Brams. Et de nouveaux marchés, comme celui du manchon, sont étudiés de près.

Le groupe Bopack compte actuellement deux divisions : la division étiquettes, forte d'un chiffre d'affaires de 90 millions d'euros et qui comporte six imprimeries, et Bopack Systèmes, 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, spécialisé dans la traçabilité et l'identification. Dans la division étiquettes, l'agroalimentaire représente 34 % de l'activité et même 45 % en France. « Aujourd'hui, le marché est demandeur d'étiquettes avec plus d'informations sur moins de surface », explique Didier Gaufre, responsable grands comptes agroalimentaire qui rappelle au passage que le prix d'une étiquette a été divisé par quatre sur les vingt dernières années.

Le département cosmétique, qui représente le quart de l'activité, table sur un parc de machines très diversifié qui permet de réaliser des tirages courts de 5 000 exemplaires ou, au contraire, des longues séries de plusieurs centaines de millions d'exemplaires. « Ce secteur est demandeur de touchers doux, de reliefs, d'encres phosphorescentes ou sensibles à la chaleur », indique Xavier Baulleret, responsable du département cosmétique.

Une forte croissance en 2004-2005 permet au groupe d'envisager l'introduction de nouvelles technologies d'impression comme l'héliogravure pour la dorure à chaud et surtout l'offset qui permettrait d'agrandir les laizes de fabrication et donc de diminuer les coûts. La tendance à la montée en gamme des étiquettes favorise aujourd'hui l'innovation avec l'apparition de nouvelles techniques comme le flockage. Depuis l'année dernière, Bopack est même arrivé à réaliser une étiquette embossée (en relief) sur un support adhésif avec pose automatique pour le parfum Harley Davidson. Les professionnels des spiritueux se sont montrés intéressés... Le département pharmacie, lui, fait face à des contraintes très différentes. Les étiquettes sont, en effet, réalisées dans des salles closes sans fenêtres, isolées par des sas et occupées par des personnes vêtues de tenues adaptées et habilitées à y travailler. Ici, le cahier des charges d'une étiquette est lourd et les bonnes pratiques de fabrication sont rigoureusement suivies.

Un rôle de conseiller

Numéro un en France de l'étiquette pharmaceutique avec 1 milliard d'exemplaires par an, Bopack est l'un des seuls à maîtriser la fabrication d'étiquettes synthétiques en polyester destinées aux seringues. Il maîtrise aussi ce marché spécifique de l'étiquette séquentielle pour les médicaments belges. La législation de ce pays imposera le 1er juillet prochain l'apposition d'un code à barres unique sur chaque boîte. C'est une machine d'impression numérique, gérée par informatique, qui réalise aujourd'hui ce travail. D'autres pays comme l'Italie, la Grèce et le Portugal pourraient également adopter ce système... Bopack dispose aussi d'une division systèmes. Celle-ci comprend un département étiquetage qui réalise des machines de dépose d'étiquettes adhésives, des imprimantes thermiques et à transfert thermique, des logiciels d'interfaçage ainsi que des consommables. Le département « Data Handling » conçoit des systèmes liés à la lecture de codes à barres et des terminaux embarqués. Le département « coding » représente la société Domino en Belgique. Enfin, le département packaging et robotique, permet de réaliser des machines de fin de ligne sur le marché belge. Bref, le groupe dispose aujourd'hui en interne de toutes les compétences pour remplir un rôle de conseiller, le credo de Bopack pour les années qui viennent. A suivre...

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