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Verallia reçoit l’approbation de l’AMF en vue de son introduction en Bourse

Pierre Monnier

Mis à jour le 05/09/2019 à 16h50

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Verallia reçoit l’approbation de l’AMF en vue de son introduction en Bourse

Michel Giannuzzi, le Pdg du groupe Verallia.

© Verallia

Le groupe verrier a annoncé le 5 septembre que son document d’enregistrement a été validé par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Il s’agit d’une première étape importante dans le projet d’introduction en Bourse de Verallia qui pourrait se concrétiser dans les prochaines semaines. –

Le feuilleton industriel commencé en 2011 approcherait-il de sa conclusion ? Ce jeudi 5 septembre au matin, Verallia a annoncé l’approbation de son document d’enregistrement par l’Autorité des marchés financiers (AMF), survenue la veille. Une étape cruciale et indispensable à l’introduction en Bourse du fabricant d’emballages en verre. Désormais, le lancement du groupe sur les marchés n’attend plus que la validation de la note d’opération par l’AMF. Cela devrait intervenir « dans les semaines qui viennent », a indiqué Michel Giannuzzi, le Pdg de Verallia, lors d’une conférence de presse.

Une connaissance des introductions en Bourse

L’avancée de ce projet n’est pas sans rappeler la première tentative d’introduction en Bourse de l’entreprise en 2011. Pourtant, c’est dans un contexte totalement différent que Michel Giannuzzi et Didier Fontaine, le directeur financier du groupe, considèrent l’événement. En l’espace de huit ans, Verallia a d’abord cédé ses activités nord-américaines à son concurrent Ardagh en 2014, avant de changer d’actionnariat. Depuis 2015, le numéro un européen de l’emballage en verre est sorti du périmètre de Saint-Gobain. Avec le fonds d’investissement Apollo et la Banque publique d’investissement (BPI), respectivement actionnaires à hauteur de 90 et 10 %, Verallia a eu droit à une toute nouvelle équipe de direction.

En premier lieu avec l’arrivée de Michel Giannuzzi à la tête du groupe en septembre 2017. Une nomination suivie par celle de Didier Fontaine en février 2018 au poste de directeur financier. Le duo a su insuffler son expérience acquise dans le milieu automobile – chez Michelin et Valeo pour Michel Giannuzzi, chez Plastic Omnium, Inergy Automotive ou Faurecia échappement pour Didier Fontaine – pour redresser de manière significative la rentabilité de l’entreprise. Surtout, les deux dirigeants connaissent les rouages d’une introduction en Bourse. En 2013, le Pdg lançait sur les marchés le spécialiste des revêtements de sols Tarkett tandis que le directeur financier en faisait de même avec l’expert de l’aluminium Constellium. Une expérience qui ressurgit aujourd’hui à travers un calme et une sérénité dans la gestion du projet.

Une tendance favorable pour le verre

Présent dans onze pays, à travers 32 sites de production, trois usines de décor, cinq centres techniques et huit unités de traitement du calcin, le groupe Verallia compte près de 10 000 salariés. Le troisième verrier mondial a su faire preuve d’une forte résilience pour augmenter ses performances financières. Porté par une croissance des volumes de 2,1 % sur la période 2016-2018, le fabricant a constaté un point de bascule en 2013. Le marché jusqu’alors quasi stable est reparti à la hausse. De plus, la « prise de conscience des consommateurs et des citoyens » vis-à-vis du plastique offre une « tendance favorable », assure Michel Giannuzzi. Cette « image premium » et écoresponsable du matériau est d’ailleurs confirmée par une étude de la Fédération européenne du verre d’emballage (FEVE) publiée en 2017. Les conditions de marché qui avaient entraîné l’échec de l’entrée en Bourse en 2011 se focalisaient en partie sur la possibilité d’un basculement des conditionnements en verre au profit des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET).

L’anticipation est également un des points forts du groupe. L’industrie verrière, très énergivore, exige une connaissance des évolutions de prix du gaz, du fioul et de l’électricité. Il en va de même pour les émissions de production, comme le CO2 (environ 600 000 à 650 000 tonnes émises chaque année), qui impose l’achat de quotas carbone. La mise en place d’une nouvelle politique d’achat intégrant cette variable a permis de réduire l’exposition de l’entreprise à la volatilité des cours de matières premières. Les hausses de prix annuelles contribuent ainsi à dégager une balance d’inflation globalement positive. Un choix qui s’est reflété dans les résultats financiers de 2018 et confirmé sur le premier semestre 2019.

Un gain de capacité de production par  dégoulottage 

Enfin, les dirigeants de Verallia ont su apprivoiser le système d’investissements récurrents de la fabrication du verre, notamment en raison des reconstructions régulières de four. Augmentation de capacité de production, rapidité de retour sur investissement ou réduction d’impact environnemental, la performance industrielle est au cœur des préoccupations. Fin 2017, le groupe verrier a d’ailleurs instauré une méthodologie éprouvée – particulièrement dans l’automobile – de diminution des coûts de production. Ce plan d’amélioration a généré une économie de 36 millions d’euros en 2018, soit 2 % de son chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros. Cela a dans le même temps permis d'accroître la capacité de fabrication de 70 000 tonnes par  dégoulottage, à frais fixes. Une quantité qui a immédiatement trouvé preneur puisque le marché du verre d’emballage est sous-capacitaire.

Autant de facteurs qui se sont traduits par une progression de la rentabilité de Verallia. Si le chiffre d’affaires du groupe affichait une croissance de 2,7 % (et même 5,3 % à taux de change constant) entre 2016 et 2018, l’Ebitda se montait quant à lui à 7,9 % sur la période. Le tout s'est répercuté sur le cash-flow de l’entreprise (près de 60 % de conversion cash), mais aussi par une réduction de l’endettement. Michel Giannuzzi s’est même essayé à comparer la société à « une rotative qui imprime des billets de banque ».

Apollo et BPI toujours majoritaires dans l'actionnariat

À l’avenir, Verallia souhaite se positionner comme l’entreprise la plus rentable d’Europe de son domaine. Parmi les objectifs à moyen terme (2020-2022), la croissance organique du chiffre d’affaires devrait osciller entre 3 et 5 %. La marge atteindrait plus de 25 % d’ici à 2022 – avec l’exemple de l’espagnol Vidrala comme modèle, un verrier aux marchés équivalents aux siens. Environ 8 % des ventes seraient réinjectées dans les investissements récurrents. Enfin, le taux d’endettement devrait être compris entre deux et trois fois l'Ebitda ajusté pour garder la possibilité de procéder à des acquisitions ou des investissements non récurrents, tels que la création de fours ou d'usines supplémentaires.

La prochaine étape du processus d’introduction en Bourse sera la publication de la note d’opération – après sa validation par l’AMF. Elle détaillera la part du capital qui sera alors mis en vente sur le marché. Seule certitude, Apollo et BPI resteront les actionnaires majoritaires à l'issue de l'introduction en Bourse, au moins pour un temps. Ce document permettra aussi de connaître la valorisation de Verallia, présentée comme la plus importante des dernières années. Après un premier chiffre de 4 milliards d’euros, les rumeurs avaient enflé avant l'été pour lui faire atteindre 5 milliards d’euros, voire bien au-delà. Réponse « dans les prochaines semaines », conclut Michel Giannuzzi.

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