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Economie circulaire

Verallia dévoile sa feuille de route pour l’environnement et le social

Pierre Monnier

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Verallia dévoile sa feuille de route pour l’environnement et le social

Michel Giannuzzi, le Pdg de Verallia, détaille la feuille de route de l'entreprise en matière d'environnement, de social et de gouvernance (ESG).

© Verallia

Le groupe verrier a présenté le 21 janvier les objectifs qu’il se fixe pour l’horizon 2025. Verallia vise, entre autres, à augmenter le taux de collecte des emballages en verre, mais aussi à incorporer davantage de calcin dans ses bouteilles. –

« Il y avait un peu de frustration de mon côté. » Les mots de Michel Giannuzzi laissent transparaître l’attachement du Pdg de Verallia aux critères ESG (environnement, social et gouvernance). Depuis octobre 2019 et son introduction en Bourse, le fabricant d’emballages en verre n’avait pas pris le temps de se fixer des objectifs dans ce domaine. Entre émergence de la pandémie de Covid-19, lancement d’un plan de transformation et formulation de sa raison d’être, l’année 2020 a été chargée. Mais le 21 janvier 2021, le groupe a présenté à ses investisseurs sa feuille de route et ses ambitions à l’horizon 2025 en matière d’ESG. Une présentation en dehors des classiques bilans financiers pour leur donner plus d’impact.

Pousser la collecte pour utiliser plus de calcin

Dans la lignée de sa raison d’être – Réimaginer le verre pour construire un avenir durable –, les enjeux environnementaux sont clairement affichés. Tout d’abord, Verallia souhaite favoriser l’économie circulaire du verre en passant de 76 % de matière collectée en 2019 à 83 % en 2025. Cet objectif doit permettre au groupe verrier d’augmenter le taux d’intégration de calcin dans sa production de dix points : de 49 % en 2019 à 59 % en 2025. Pourtant, le producteur de bouteilles et de pots n’a pas la main sur la collecte. Et ce, malgré les huit centres de traitement du calcin (verre collecté pour être réinjecté dans la production) qu’il dirige. Selon le Pdg, il s’agira de motiver et de pousser tout un écosystème lié à la collecte.

« Techniquement, nous sommes capables d’incorporer plus de calcin qu’aujourd’hui, assure Michel Giannuzzi. Le goulot d’étranglement se trouve au niveau de la collecte. » D’ailleurs, la mise en avant du taux de calcin présent dans une bouteille ne réjouit pas le dirigeant. Il refuse même l’idée de concevoir des bouteilles composées à 100 % de matières collectées, assimilant cette demande à du « greenwashing ». « C’est un argument dangereux, souligne-t-il. Ce n’est pas ça qui résout le problème de la planète. Je peux très bien faire des bouteilles avec 100 % de calcin, mais cela implique qu’il y aura d’autres bouteilles avec 0 % de calcin. »

Un pilote pour des bouteilles réutilisables en France

Toujours en lien avec l’économie circulaire, le numéro trois mondial des emballages en verre veut promouvoir la réutilisation viable des bouteilles et pots lorsque cela fait sens. Avec le Brésil, l’Allemagne constitue aujourd’hui un véritable exemple dans ce domaine. Entre juin 2019 et juin 2020, les bouteilles réutilisables d’eaux minérales en verre ont pris 5,4 points de part de marché outre-Rhin. Des ventes grappillaient aux solutions en plastique, qu’elles soient réutilisables ou à usage unique. Verallia va donc lancer un premier pilote en France d’ici à 2025 dans le but de vérifier la possibilité d’un déploiement de la réutilisation dans l’Hexagone. L’entreprise restera vigilante sur les coûts environnementaux d’une telle mise en œuvre. Il sera question d’initiatives à l’échelle locale afin de ne pas perdre les avantages d’une production moindre par une augmentation du transport.

Si cette volonté peut paraître étrange pour un fabricant de bouteilles, il s’agit en réalité de toucher de nouveaux segments. Le verre est le matériau avec le taux de pénétration le plus faible dans l’alimentaire et les boissons non alcoolisées : seulement 10 %. « Or, pour les 90 % restants, une grosse partie est occupée par le plastique », précise le Pdg. Certes, la vingtaine de rotations d’une bouteille réutilisable peut être assimilée à la perte de vingt bouteilles en production, et donc de vingt bouteilles collectées. Mais ici, l’entreprise se place dans un contexte de diminution de l’usage du plastique dans lequel la réutilisation est un débouché supplémentaire qui ne va pas à l’encontre de la croissance de l’entreprise ou du recyclage du verre. « Cela permet de gagner des parts de marché contre le plastique », explique le dirigeant.

Réduire considérablement les rejets en carbone

Les émissions de CO2 figurent d’ailleurs sur la feuille de route du verrier. « Nous connaissons la faiblesse de la production de verre. C’est la production de CO2 », reconnaît Michel Giannuzzi. Depuis plus de vingt ans, l’industrie verrière voit ses rejets en carbone diminuer de l’ordre de 1 % par an. Mais Verallia veut créer une rupture. Pour 2030, le groupe se fixe une réduction de ses émissions de 27,5 %. Pour cela, deux axes de travail sont mis en place. D’une part, l’entreprise compte travailler sur la composition et la conception de ses emballages, d’autre part, le mix énergétique cherchera à mettre davantage l’accent sur les énergies renouvelables.

En accord avec ses objectifs sur l’économie circulaire, l’augmentation du taux de calcin dans la composition des bouteilles participera à limiter les émissions. Lorsque 10 % de calcin sont incorporés dans un emballage, le CO2 émis lors de la production diminue de 5 % et l’énergie consommée chute de 2,5 %. L’écoconception des solutions packaging sera privilégiée avec l’objectif de réduire de 3 % le poids moyen des réalisations d’ici à 2025. Un aspect recherche et développement (R&D) non négligeable espère supprimer le carbone à sa source. Le fabricant mène des recherches pour fabriquer ses bouteilles à partir de matières premières non carbonatées. Avec ces matériaux alternatifs, il n’y aurait plus d’émissions de carbone lors de la fusion des composants dans le four.

La sécurité et l’engagement des salariés

La chauffe de la matière représente la plus haute dépense énergétique dans le processus de fabrication du verre : environ 80 %. L’utilisation d’énergie renouvelable aura quasi doublé en 2025 pour atteindre plus de 60 % du mix énergétique de Verallia. Cela passera notamment par l’installation de panneaux photovoltaïques dans les usines du groupe. Parallèlement, le fabricant compte planter 100 000 arbres par an, soit 500 000 à l’horizon 2025. Pour autant, Michel Giannuzzi assure que les objectifs de diminution des émissions de CO2 ne comportent aucune compensation. « Sinon, c’est trop facile, il suffit de faire un chèque », critique le Pdg de Verallia.

Dans le domaine social, le groupe affiche son envie de proposer un environnement de travail sûr et inclusif. La sécurité constitue l’un des principaux enjeux. Les accidents au travail doivent être divisés par deux en l’espace de cinq ans. L’indice TF2, qui exprime le nombre total d’incidents par rapport aux millions d’heures travaillées, est actuellement de 5,5 (en 2019) et sera inférieur à 2 en 2025. L’inclusion reste néanmoins une valeur forte de Verallia. L’index d’égalité hommes-femmes mis en place en France a été transposé à l’ensemble des pays où l’entreprise est présente. Sur l’ensemble du monde, cet indice atteint 60 sur 100 actuellement avec l’ambition de le porter à 75 en 2025. La part d’employés en situation de handicap sera aussi rehaussée de 3 % actuellement à 6 %, toujours sur la même échéance. Enfin, le groupe souhaite poursuivre sa politique d’actionnariat salarié. Très suivie à l’été 2020, cette opération permet aux collaborateurs de s’engager au capital du groupe. Aujourd’hui, plus d’un tiers du personnel détient des actions Verallia avec un total de 3,3 % des parts totales. D’ici à 2025, le fabricant espère voir cette participation grimper à 5 % de son capital.

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