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« Nous sommes prêts à nettoyer tout ce qui peut se nettoyer pour être réutilisé ! » : Clément Houllier, directeur général d’Auum

Henri Saporta

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« Nous sommes prêts à nettoyer tout ce qui peut se nettoyer pour être réutilisé ! » : Clément Houllier, directeur général d’Auum

Clément Houllier a fondé Auum avec trois partenaires.

Clément Houllier, l’un des quatre fondateurs d’Auum, explique comment est née la technologie de nettoyage à la vapeur de tasses réutilisables. La start-up vient de lever 1,3 million d’euros auprès de Maif investissement social et solidaire. -

Emballages Magazine : Comment est venue l’idée de créer Auum ?

Clément Houllier : Mathieu Bourhis, Thomas Munoz, Maxime Prieto et moi-même, nous sommes partis d'un constat lié à notre expérience professionnelle : les technologies de nettoyage n’ont pas vraiment évolué ces dernières années. Nous avons créé Auum, l'acronyme d’Arrêtons l’usage unique maintenant, pour développer une technologie de vapeur sèche permettant de nettoyer, désinfecter et sécher des objets. Après la technologie, nous nous sommes demandé ce que nous allions pouvoir nettoyer. Nous sommes partis de la solution pour parvenir au besoin… Nous avons choisi un objet très symbolique : le gobelet à usage unique, qu’il soit en carton ou en plastique. C'était en 2018. Aujourd’hui, le contexte réglementaire et les attentes de la société nous montrent que nous étions vraiment dans le sens de l'histoire. Ce n’est pas un hasard, plutôt une convergence logique.

Quel cheminement avez-vous suivi ?

L'exemple d’Autolib est très instructif. Dans ce système de partage de voitures, tout était prévu, sauf le nettoyage. Avec le résultat que l'on connaît ! Des voitures sales. Notre proposition de valeur est très simple : une technologie de nettoyage accessible, rapide, sûre et économe. La désinfection et le séchage des tasses sont garantis en 10 secondes. Une fois la vapeur obtenue à 100 degrés, elle est portée à 140 °C. C’est le cœur de notre procédé. Le travail de mise au point a essentiellement porté sur la forme du verre de 25 cl et de son conformateur, le rayon des courbes et la vitesse de circulation des fluides dans cet espace contraint. C’est tout l’intérêt d’avoir des verres spécifiques développés par Bodum. J’ajoute que la double paroi évite la transmission de chaleur, c’est important compte tenu de la température de traitement. Sur le plan de la recherche et du développement, nous avons commencé par de très nombreux tests empiriques avant d’apporter la preuve du concept (PoC) par de la simulation numérique. Les calculs sont vraiment très complexes et prennent beaucoup de temps.

Pourquoi désinfecter les tasses ?

La crise sanitaire est venue opportunément rappeler qu’au-delà de la propreté, il y a un vrai besoin d’hygiène. Nous garantissons la destruction des virus et des bactéries. Ce n’est pas de la sur-qualité ! Les gobelets à usage unique se sont justement développés pour rompre les chaînes de contamination. Nous pensons que nous pouvons créer de nouveaux usages avec nos machines au design très soigné. Le besoin est là ; l'innovation viendra de la qualité de l'offre.

Avez-vous réalisé des analyses de cycle de vie ?

Les analyses de cycle de vie démontrent qu'un salarié qui lave son mug dans les toilettes de son entreprise utilise en moyenne deux à trois litres d'eau. C'est beaucoup ! Et très chronophage. Notre technologie, brevetée, est très économe en eau et en énergie : 2 cl et 4 Wh par cycle. C’est aussi plus efficient qu’un lave-vaisselle ou qu’une laveuse industrielle. L’habitude est plutôt d’utiliser beaucoup d’eau, parfois à haute pression. Nous voulons casser cette logique. Selon les besoins, les machines sont reliées à une alimentation et une évacuation ou alors il y a deux bacs qu'il faut remplir et vider régulièrement. Comme une machine à café…

" Nous avons déjà une trentaine de clients "

Où en êtes-vous dans les développements ?

Nous venons de lever 1,3 million d’euros auprès de Maif investissement social et solidaire. Nous avons quatre machines pour travailler l'optimisation. Nous avons déjà une trentaine de clients, des grands groupes pour l'essentiel, qui nous ont passé des réservations. Les premières machines seront prêtes en mars 2021. Le confinement n’a pas trop perturbé nos plans car nous étions en phase de conception. Les machines sont assemblées dans nos locaux parisiens. Nous tenons à maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeur. Notamment pour pouvoir intégrer très rapidement les modifications nécessaires avec les retours des premiers utilisateurs. Nous sommes dans un modèle de prestations de service avec location de machines, notre savoir-faire est dans le « hardware ».

Et demain ?

Après les gobelets, plusieurs marchés nous intéressent. Je citerai la consigne des emballages en verre, le nettoyage des flacons réutilisables ou encore des contenants pour le vrac… Nous sommes prêts à nettoyer tout ce qui peut se nettoyer pour être réutilisé ! 

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