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Lutter contre le gaspillage alimentaire est rentable

Arnaud Jadoul

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Lutter contre le gaspillage alimentaire est rentable

À Clamecy (Nièvre), Jacquet a réduit ses pertes de 9%.

Avec l’Ademe, dix-neuf industriels de l’agroalimentaire ont réduit de 15% leurs pertes dans le processus de production, pour un gain total de 1,3 million d’euros. -

« Lutter contre le gaspillage alimentaire est rentable ». À partir de cette conviction, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a lancé l’opération « Moins de pertes pour plus de performance », en partenariat avec Coop de France, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) et l’Institut de liaisons et d’études des industries de consommation (Ilec). Bilan : une réduction de 15% en moyenne des pertes et 1,3 million d’euros de gains au total pour l’ensemble des entreprises participantes.

Plans d’actions sur mesure

En France, l’Ademe chiffre à 10 millions de tonnes la quantité d’aliments produits pour la consommation humaine qui est gaspillée sur l’ensemble de la chaîne, dont 21% lors de la phase de transformation. Cela représente 2,2 milliards d’euros et 3,3 millions de tonnes équivalent CO2 d’émissions. « Des coûts ignorés par la moitié des entreprises », selon Pierre Galio, chef du service consommation et prévention de l’Ademe. Pour « inverser cette méconnaissance », l’agence a proposé à dix-neuf entreprises volontaires un audit de leur process comprenant un diagnostic des pertes, un plan de trois à dix actions sur mesure pour les réduire et mieux les valoriser – « pouvant nécessiter des investissements, mais parfois de simples changements d’organisation ou une sensibilisation des salariés »  –, un accompagnement à la mise en œuvre et une évaluation finale, économique et environnementale. L’opération était financée à 80% par l’Ademe. En moyenne, chaque site industriel perdait quelque 880 tonnes, soit près de 9,4% de la production, pour un coût de 1,18 million d’euros – près de 4,4% du chiffre d’affaires – et une empreinte carbone de 1550 tonnes équivalent CO2.

Double réduction

Au terme de l’opération, les pertes ont baissé de 60 000 tonnes, soit une diminution moyenne de 15% par site et par an, ce qui se traduit par une double réduction, des coûts complets – liés à la fabrication des produits et à la gestion des déchets – d’une part, de 67 000 euros, et de l’empreinte carbone correspondante d’autre part, de 86 tonnes de CO2. Au niveau du conditionnement, le taux de perte moyen passe de 2,1 à 1,7%. Chez Jacquet, le numéro deux français du pain préemballé, par exemple, l’usine de Clamecy, dans la Nièvre, les talons exclus lors du tranchage, les rebuts de fin de série en sortie de four et les produits écartés à l’occasion du conditionnement représentaient un volume de 730 tonnes, sur une production de 38 000 tonnes, soit 1,6% du chiffre d’affaires. La révision des process et des outils industriels a permis de réduire ces pertes de 9% et leurs coûts de 8%, en valorisant les produits concernés en chapelure notamment. Le gain est estimé à 29 000 euros par an. L’industriel compte désormais dupliquer ces bonnes pratiques sur d’autres lignes de production et sites et les étendre plus tard à la pâtisserie. En outre, les sachets éliminés, en polypropylène (PP) aujourd’hui, mais en polyéthylène (PE) à terme, pourraient être collectés pour être recyclés. « Alors que nous avons des difficultés à convaincre les entreprises d’entreprendre ces démarches, nous démontrons ainsi que la transition écologique et solidaire permet de réaliser des économies financières sans coûter d’emplois », conclut Arnaud Leroy, le président de l’Ademe.

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