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Sécurité sanitaire

Les nanomatériaux doivent être mieux identifiés et évalués

Arnaud Jadoul
Les nanomatériaux doivent être mieux identifiés et évalués

L’Anses propose un état des lieux de la présence de nanomatériaux manufacturés dans l’alimentation ainsi qu’une méthode pour évaluer les risques sanitaires des aliments en contenant. -

Face à la diffusion des nanomatériaux manufacturés dans notre quotidien depuis la fin des années 1990, de nombreux questionnements relatifs à leur identification, leurs impacts sur la santé humaine et sur l’environnement, ainsi que la manière de les réglementer, ont vu le jour. Particulièrement attentive à ce sujet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a publié, depuis 2006, plusieurs expertises sur les nanomatériaux. Dans cette lignée, l’Agence propose aujourd’hui un état des lieux de la présence de nanomatériaux manufacturés dans l’alimentation ainsi qu’une méthode permettant de déterminer l’approche le plus adaptée pour l’évaluation des risques sanitaires des aliments contenant de tels matériaux.

900 produits alimentaires

Les nanomatériaux manufacturés sont utilisés dans le domaine alimentaire en tant qu’additif, pour améliorer l’aspect et l’appétence du produit alimentaire, en tant que matériaux au contact des aliments, pour leurs fonctions d’amélioration de la sécurité du conditionnement – par exemple, la fonction antimicrobienne assurée par le nano-argent, et encore comme ingrédients à vocation nutritive. En France, la déclaration des substances à l'état nanoparticulaire, obligatoire depuis 2013 à travers le registre R-Nano géré par l’Anses, prévoit que les fabricants, importateurs et distributeurs de plus de 100 grammes de substances à l'état nanoparticulaire par an fassent état de l’identité de ces substances, les quantités manipulées ainsi que les usages prévus. Malgré ces obligations, l’Anses considère que « l’identification et la traçabilité des nanomatériaux dans le domaine de l’alimentation s’avèrent encore aujourd’hui limitées », alors qu’elles constituent « une étape indispensable à l’évaluation des risques sanitaires ».

Sont ainsi référencées 37 substances pour lesquelles la présence de nanoparticules est avérée. Parmi celles-ci, le carbonate de calcium et le dioxyde de titane. Et près de 900 produits alimentaires en intègrent au moins une. « Pour autant, cela ne peut être assimilé à une présence de nanomatériaux dans chaque produit ou lot », observe l’Agence. Les secteurs le plus concernés sont le lait infantile (25,6%), les confiseries (15,6%), les céréales du petit déjeuner (14,8%), les barres céréalières (12,9%), les viennoiseries et desserts surgelés (10,9%). L’Anses précise que ce recensement a été effectué avant la suspension en France de l’additif E171 (dioxyde de titane).

Une évaluation du risque nanospécifique

Compte tenu « des incertitudes sur les risques que représentent les nanomatériaux dans l’alimentation », l’Anses recommande de limiter l’exposition des consommateurs « en évitant les usages superflus » et « en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux, et équivalents en termes de fonction et d’efficacité ». Elle considère également que, du fait de leurs propriétés, l’évaluation du risque sanitaire des substances comprenant des nanomatériaux manufacturés dans l’alimentation doit « faire l’objet d’une approche adaptée ». « Cette approche permet de statuer s’il faut procéder à une évaluation de risques standard ou bien nanospécifique », ajoute-t-elle. L’Agence projette d’appliquer cette approche à une sélection de substances et de proposer une méthodologie d’évaluation du risque nanospécifique. Les premiers résultats de cette analyse de l'impact sur la santé sont attendus d’ici à début 2021.

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