Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Economie circulaire

Le réemploi des emballages testé à Rennes

Le réemploi des emballages testé à Rennes

© AJ

Lancé par Scarabée Biocoop, Triballat-Noyal et Uzaje, le projet collaboratif ZeroWest est déployé dans neuf magasins de l’agglomération rennaise et porte sur 150 références de produits. Il vise à expérimenter un circuit efficace à l’échelle régionale. -

L’opération devait commencer en mars dernier mais, en raison du confinement, elle a été lancée en juillet. D’une durée de six mois, le projet collaboratif ZeroWest est porté par la start-up Uzaje, la coopérative Scarabée, rattachée au réseau Biocoop, et l’industriel laitier Triballat Noyal. Il vise à « organiser un circuit efficace de réemploi des contenants à l’échelle régionale », selon ses promoteurs.

Visuel « Rapportez-moi »

Les contenants en verre d’une sélection de quelque 150 références, de quinze formats différents, repérables par le visuel « Rapportez-moi » sur les étiquettes de prix dans les linéaires, sont ramenés par les consommateurs et déposés dans les caisses dédiées à l’entrée dans les neuf magasins Scarabée Biocoop de l’agglomération rennaise (Ille-et-Vilaine), sans système de consigne monétaire. Ils sont ensuite lavés et désinfectés dans « la station », l’atelier de La Feuille d’érable, partenaire local d’Uzaje, puis retournés aux producteurs pour reconditionnement. Pour le moment, treize entreprises et marques, régionales et nationales, sont embarquées dans l’expérimentation : Tante Hélène (groupe Triballat Noyal), Karine & Jeff, Côteaux nantais, Les 4 Gourmands, la Brasserie du vieux singe, la brasserie La Lie, la brasserie Skummen, Les Vergers de l’Ille, Karma (Biogroupe), Les P’tits Fruits de la forêt, Nomad’Yo, Gaborit et Recolt. Afin de participer, Tante Hélène a substitué un bocal en verre au pot en plastique – avec banderole en carton – pour son fromage blanc en format 400 g. Le centre de lavage est situé à 8 km en moyenne des magasins pour rester dans un circuit logistique court.

Après un éventuel trempage, les contenants sont lavés à 65 °C puis rincés (et désinfectés) à 90 °C. Un contrôle visuel est assuré à la sortie du tunnel de séchage.

De 20 à 90% de retour

Un bilan d’étape a été dressé la semaine dernière en présence de Thierry Burlot, vice-président de la région Bretagne en charge de l’environnement, Laurence Maillart-Méhaignerie, députée LREM d’Ille-et-Vilaine et nouvelle présidente de la Commission du développement durable à l’Assemblée nationale, et Jean Hornain, directeur général de Citeo, qui soutient l’initiative. « Après deux mois et demi, le bilan est extrêmement positif, avec un taux de retour moyen de 20% pour les pots et de 30% pour les bouteilles, et même de 90% pour la marque artisanale Nomad’Yo, dont les clients sont toutefois très sensibilisés à ces enjeux », confie Isabelle Baur, présidente de la coopérative Scarabée.

Lors du bilan d'étape, en partant de la gauche, Thierry Burlot (région Bretagne), Jean Hornain (Citeo), Emmanuel Auberger (Uzaje), Laurence Maillart-Méhaignerie (députée) ; à droite, Isabelle Baur (Scarabée Biocoop).

 

Création d’emplois locaux

« C’est un changement d’habitude pour les consommateurs, observe Emmanuel Auberger, cofondateur et président d’Uzaje. Il faut convaincre. Mais cela répond aux attentes de sortie du tout-jetable et du tout-plastique, et ces projets sont à même de créer des emplois locaux. » Chez La Feuille d’érable, une entreprise adaptée, qui traitait 2 millions de contenants par an avant la crise sanitaire – en majorité des gobelets réutilisables distribués lors des festivals – la station pourrait être équipée d’une laveuse de bouteilles et l’effectif pourrait passer de quatre personnes à une vingtaine, dont la plupart en situation de handicap.

Enjeu de standardisation

De son côté, Jean Hornain déclare : « Le réemploi est un des leviers pour réduire l’impact environnemental des emballages. Mais il faut à la fois massifier le système de retour logistique, multiplier les points de lavage sur le territoire et standardiser les contenants, pour que cette solution soit efficiente. » Justement, Triballat indique y réfléchir pour certains produits, dans le cadre de l’approfondissement de sa stratégie d’écoconception.

Perspectives d’élargissement

Les différents partenaires entendent ainsi démontrer la viabilité économique du dispositif et évaluer son bénéfice environnemental. Ils s’appuieront sur la mesure de l’intérêt des consommateurs et de leur motivation à rapporter les contenants, sur la validation de la faisabilité technique du système – règles d’hygiène, reconditionnement, étiquettes, adaptation des lignes de production – et du modèle économique – coûts logistiques et de lavage – ainsi que sur une analyse de cycle de vie des contenants. En décembre prochain, un bilan définitif sera réalisé. Mais sont déjà envisagées des perspectives d’élargissement à d’autres producteurs régionaux et d’extension de la gamme d’emballages, ainsi que d’intégration d’autres distributeurs et d’acteurs de la restauration commerciale et collective.

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

La Feve veut promouvoir le verre à travers une nouvelle gravure des bouteilles

La Feve veut promouvoir le verre à travers une nouvelle gravure des bouteilles

La Fédération européenne du verre d’emballage a dévoilé le 24 novembre un nouveau logo. À travers lui, l’association professionnelle souhaite rappeler aux consommateurs les avantages de cette[…]

26/11/2020 | BoissonsTous secteurs
ASV Packaging mise sur les barquettes Halopack

Economie circulaire

ASV Packaging mise sur les barquettes Halopack

Un double emballage compostable pour les tomates Elmira’s Own

Un double emballage compostable pour les tomates Elmira’s Own

Un AMI pour la préparation du polystyrène à recycler

Profession

Un AMI pour la préparation du polystyrène à recycler

Plus d'articles