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Forte d'un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de francs (182,94 millions d'euros) dans l'emballage et le conditionnement, la Touraine affiche une extrême diversité des productions, des savoir-faire, des marchés et des entreprises.

La Touraine, et plus précisément l'Indre-et-Loire, a depuis des années un pôle en emballage et conditionnement très fort. Au même titre que le tourisme, ce secteur fait partie des locomotives économiques de la région. Trente deux entreprises ont une activité industrielle dans les domaines du conditionnement primaire ou à façon, de la fabrication d'emballages et, par extension, de la production de machines d'emballage.

A l'exception du verre, elles transforment une gamme quasi complète de matériaux : les plastiques (pour le quart des sociétés), les papiers et cartons, le bois, les métaux...

Au fil des années d'autres sociétés sont venues s'implanter sur ce territoire faisant naître de nouvelles synergies. Installé à Tours, Val de Loire Électronique est un bon exemple de ce phénomène. Avec 40 salariés, cette société est aujourd'hui le premier fabricant français d'emballage pour composants électroniques. De leur côté, Touraine Emballage Recyclage, situé à La Riche, et Beccavin Transport Palettes, à Mettray, ont investi le marché du recyclage.

Le chiffre d'affaires de ce secteur emballage est estimé à 1,2 milliard de francs en 2000. La part des exportations est logiquement faible à 8,4 % en moyenne mais à près de 15 % dans les métaux. Au total, conditionnement et emballage pèsent 2 000 emplois en Touraine, dont le quart dans des entreprises de plus de 100 salariés. La taille moyenne des entreprises se situe à 63,3 salariés.

2 000 emplois

Des chiffres qui font de l'Indre-et-Loire, un pôle fort de la filière avec aussi la présence de grands groupes : Polyflex (Crown Cork), Biemont Soneco Industries (LMI), Knauf Pack Ouest (Knauf), Gault et Frémont (Oxalis), Cibem Azay (SEEC), Delmas (Laboratoire Aguettant), Biophelia (Nextpharma) et Field Boxmore (Chesapeake).

Dans la constitution de ce pôle, la déconcentration industrielle de la région parisienne a joué un rôle indéniable, entre 1955 et 1970. Mais la tradition manufacturière régionale explique aussi pour partie cet héritage florissant.

L'imprimerie est présente ici, à grande échelle, depuis le XVIe siècle, et le bois - notamment les bois tendres des bords de rivière - depuis toujours. Au XIXe siècle, on fabriquait déjà des engrais et des produits chimiques dans le Val-de-Loire. Les laboratoires, gros consommateurs d'emballages, ont ainsi trouvé un terrain favorable, faisant de la région Centre, et de l'Indre-et-Loire, la seconde région pharmaceutique française, après l'Ile-de-France mais avant Rhône-Alpes.

Région parisienne

Aujourd'hui encore, la proximité de la région parisienne est un atout, et un argument très fort, en faveur des liens commerciaux et techniques avec sièges sociaux, bureaux d'études et designers. Elle explique aussi, en partie, la polyvalence des savoir-faire et des matériaux utilisés dans le secteur des conditionnements.

Ici aussi, l'emballage plastique s'impose dans tous les domaines. L'application des normes européennes et le prix des matières premières n'altèrent pas la dynamique de cette croissance.

Chez Davoise Productions, à Château-Renault, qui pratique toutes les formes d'impression et de façonnage sur papier-carton et sur plastique, c'est ce dernier qui prend le pas.

Effet de mode qui répond à la clientèle issue du luxe - Rochas, Guerlain, Guy Degrenne, Maison du chocolat - de Davoise. Assise sur ses Oscars de l'emballage, Trophées et autres Ruban Bleu, cette société joue un peu les porte-drapeaux de la filière. Laurent Thénault, responsable financier, confirme : « c'est notre capacité à apporter une réponse globale qui fait la différence. Nous sommes plus tournés maintenant vers le haut de gamme et vers les gros faiseurs que sur les détaillants ».

Chez Polyflex, implanté à Langeais, même souci pour le directeur de production, Dominique Bidault, de mettre en avant « une capacité à répondre » à des cahiers des charges de plus en plus élaborés par les services marketing et leurs designers. Pour mettre au point la fabrication des flacons destinés à Procter et Gamble, l'Oréal ou Yves Rocher, « des équipes de développement travaillent avec le client » et valorisent un savoir-faire, l'extrusion soufflage de pièces en plastique.

Appartenant aussi à un groupe important, Knauf Pack Ouest illustre une autre facette de l'emballage tourangeau. La stratégie groupe lui impose en effet de s'en tenir au marché régional pour ses produits en polystyrène expansé (PSE). 80 % de son chiffre d'affaires est réalisé sur la barquette pour l'alimentaire, une des rares spécialités où il existe réellement une concurrence locale.

C'est la capacité à innover qui fait la différence. Carpy, installé à Joué-les-Tours, vit d'abord de la super-caissette en polypropylène pour micro-ondes qu'il a inventée en 1981. Le reste venant des pots de rillettes et de crème fraîche.

Créneaux régionaux

Quant à Groupemball Diffusion, qui se trouve près d'Amboise, il s'est fait une spécialité du contrôle de la diffusion du froid pour le transport des produits pharmaceutiques, en petite ou grande série, via la maîtrise du choc thermique et du traitement des mousses. Daniel Cholet vient d'ailleurs de mettre au point Isola Santé, « un emballage isotherme qui permet de transporter et de protéger des médicaments pendant 96 heures ».

Dans le papier-carton, le marché reste bien orienté malgré les hausses des prix de la matière première. Si quelques petites entreprises exploitent des créneaux régionaux, la Touraine est d'abord le royaume de Gault et Frémont : 100 millions de boîtes pâtissières, 80 millions de sacs à poulets, 700 millions de sacs pour croissants. 2 000 références, des milliers de clients et 240 salariés. L'ancienne entreprise familiale a été rachetée en 1997 par le groupe Oxalis qui réalise 750 millions de chiffres d'affaires avec 650 salariés. Alain Chateau, son Pdg, expose sa stratégie : « d'abord retrouver un rôle leader (40 %) sur le marché national ». La nouvelle direction s'est donné le temps de rénover et d'adapter machines et bâtiments, de construire les surfaces nécessaires pour stocker.

Appels d'offres européens

Par étapes, Gault et Frémont fait évoluer ses produits et conforte ses positions auprès des détaillants comme de la grande distribution. La suite ? « On commence à se rapprocher des marchés industriels. Mais ça doit se faire prudemment, dans la durée ».

Sur la même zone industrielle de Saint-Pierre-des-Corps : Field Boxmore. Le recentrage de Chesapeake sur les emballages de spécialité place l'unité dirigée par Alain Houziel dans une dynamique d'investissements - 14 millions de francs (2,13 millions d'euros) en 2000 - et d'innovation. Et lui permet d'être très réactive face aux appels d'offres européens.

Sa compétence dans l'impression du carton plat se tourne vers les emballages spéciaux répondant aux exigences nouvelles du packaging : étuis spéciaux à haute valeur marketing ajoutée : emballage « sécurité-enfant », emballages antivols ou anticontrefaçons, augmentation de la surface de communication.

La société travaille pour la pharmacie et la santé (70 %), et pour l'alimentaire, l'habillement, la chaussure, l'industrie, les loisirs... La dominante pharmaceutique induit une recherche de sécurité - aucun croisement de flux sur les chaînes - et un respect absolu des procédures.

Mais la métallurgie reste le secteur numéro un de l'industrie tourangelle depuis un demi-siècle. On ne retrouve pas ce rôle leader dans l'emballage, mais quelques sociétés ont mis en avant des créneaux originaux. Ainsi, Humery à Château-Renault a deux fers au feu : l'automobile et... les parfums. Pour l'automobile, Humery produit des conteneurs spécifiques qui servent à alimenter les chaînes robotisées. Gilles Selma, directeur administratif et financier, précise : « Nous ne sommes pas des sous-traitants, nous sommes des fournisseurs spécialisés, nous concevons des solutions correspondant à un cahier des charges de fonctionnalités ».

Nouvelle activité

Dans la cosmétique, Humery s'est mis au parfum de Mugler pour faire face à la délocalisation de sa grande spécialité, la boucle de ceinture. Le personnel et le matériel ont été reconvertis et cette nouvelle activité atteint l'équilibre : « Elle est stable dans un horizon visible. Les développements peuvent être considérables si les choix se portent sur nous, mais nous ne sommes pas les créateurs ».

Chez Biemont Soneco Industries, né de la fusion de deux sociétés locales et appartenant au groupe LMI, les grands pétroliers et chimistes sont en référence-clients pour les conteneurs en inox et en alu, et pour le matériel de process pour les labos pharmaceutiques. « Nous travaillons à l'export, à la demande, selon les impératifs et les spécificités des clients », assure l'entreprise. Là encore, c'est un savoir-faire bien particulier - la fabrication de matériels de stockage et de manutention de produits à risque et pulvérulents - qui permet à BSI d'être l'un des meilleurs exportateurs de la filière.

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