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L’UFC-Que choisir donne un mauvais point pour le recyclage

Arnaud Jadoul
L’UFC-Que choisir donne un mauvais point pour le recyclage

À la suite d’une étude menée par Consumers International sur des produits de grande consommation dans neuf pays, l’association française demande aux pouvoirs publics d’accentuer la pression sur les producteurs pour réduire les déchets à la source. -

« Bonnet d’âne de la France pour le recyclage » : ainsi l’association de consommateurs française UFC-Que choisir juge-t-elle la recyclabilité et le recyclage des produits de grande consommation dans l’Hexagone, à la suite d’une étude menée par Consumers International dans neuf pays à travers le monde – Australie, Brésil, France, Hong-Kong, Inde, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Portugal et Royaume-Uni – pour évaluer la réalité de la question et l’information fournie aux consommateurs. « Le constat est sans appel : les metteurs sur le marché sont bien peu scrupuleux sur la recyclabilité et la France se singularise par des taux de recyclage significativement inférieurs à ses voisins européens », ajoute l’UFC-Que choisir, qui ne précise cependant pas les différences de structures et de comptage entre les systèmes nationaux.

Incurie des metteurs sur le marché

L’association dénonce d’abord les fabricants, « sourds à l’exigence de consommation responsable des consommateurs », qui mettent sur le marché des emballages « impossibles à recycler ». Elle vise les contenants multimatériaux tels que les films plastique métallisés des sachets de nourriture pour chat Whiskas et des barres Kit Kat, non recyclés dans six des neuf pays analysés, dont la France. Autre « cas emblématique d’une conception oublieuse de la fin de vie du produit » : les chips Pringles et leur tube en carton doublé d’aluminium, au fond métallique et fermé par un couvercle en plastique, recyclable dans aucun des pays étudiés. Le plastique fait l’objet d’une charge particulière, l’enquête stigmatisant « l’incurie des metteurs sur le marché » : les onze produits du panier* comportent chacun au moins un composant en plastique. De dénoncer son omniprésence, « au mépris d’alternatives plus vertueuses », « malgré la litanie de ses effets néfastes, depuis sa production jusqu’à la fin de vie, sur notre santé et l’environnement ».

Vœu pieux

L’UFC-Que choisir pointe d’autant plus cette omniprésence que le matériau est « très mal recyclé » en France. Elle se base sur les « trop faibles capacités de recyclage des filières » qui ne permettent pas de traiter, par exemple, les plastiques fins des sucreries et barres chocolatées, et en veut pour preuve l’avant-dernière place au classement établi, avec un taux de 26,4%, contre 42% au Portugal et 44% au Royaume-Uni, entre autres. « Dès lors, l’objectif de 100% de recyclage du plastique à l’horizon 2025 fixé par la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec), ambitieux sur le papier, relève du vœu pieux en l’absence d’une réelle volonté de l’atteindre », conclut-elle. Dans ce chapitre, elle ajoute le poids total de chaque emballage de produit testé qui ne sera pas recyclé, de 35% en moyenne dans les neuf pays et de 39% en France.

Confusion accrue

Enfin, dans le domaine de l’information aux consommateurs, l’étude regrette la multiplicité de logos qui ne font qu’accroître la confusion dans les consignes de tri. Les pratiques sont également diverses : deux marques, Heinz (ketchup) et Whiskas (aliments pour chat), restent même silencieuses et obligent à consulter leur site Internet pour connaître le geste adapté. L’UFC-Que choisir se réjouit donc de la généralisation sur tous les emballages, d’ici au 1er janvier 2022, du Triman, le « seul affichage qui vaille ».

Incitation financière et interdiction

À partir de ces constats, l’association de consommateurs invite les pouvoirs publics à agir pour réduire les déchets à la source. Elle réclame, en particulier, le durcissement des mesures d’incitation financière pour les metteurs sur le marché prévues par la loi Agec et l’interdiction de recourir à des matériaux qui ne disposent pas d’une filière de recyclage mature dès lors qu’il existe une alternative. Quant aux consommateurs, elle les appelle à tenir compte du critère de recyclabilité dans leurs choix.

 

* Les neuf associations participantes ont étudié les produits suivants : Nescafé sélection (200 g), M & M’s (165 g), Coca-Cola (6 x 330 ml), Toblerone (3 x 50 g), Pringles (175 g), Nutella (400 g), Heinz Tomato Ketchup (220 ml/250 g), San Pellegrino (1 L), Dove Nutrition intense (750 ml), KitKat barres chocolatées (6 x 41,5 g), Whiskas 1 an + (12 x 100 g). « Les 11 produits choisis sont disponibles dans les neuf pays de l’étude dans des contenances identiques ou similaires et sont donc comparables d’un pays à l’autre », précise l’UFC-Que choisir.

 

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