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Dossier

Dévoiler sans altérer

ARNAUD JADOUL

L'un est assimilé à la qualité et à la valorisation de l'offre, l'autre est davantage synonyme de fonctionnalité, de modernité et de créativité. Mais tous deux sont les matériaux de la transparence par excellence, le verre depuis plus de vingt siècles, le plastique depuis une centaine d'années.

En repli régulier dans les emballages alimentaires - en volume, les pots et flacons ont reculé de 2 % depuis cinq ans et les bocaux de 10 %, le verre reste cependant la référence sur de nombreuses niches telles que les confitures, les sauces et condiments, les aliments pour bébés, l'ultrafrais premium, etc., « là où la conservation des aliments nécessite une parfaite étanchéité et neutralité dans les échanges contenant/contenu, indique Jean-Pierre Prouhèze, directeur commercial et marketing Pots chez Saint-Gobain Emballage. Nu ou décoré, lissé ou gravé, transparent ou satiné, incolore ou teinté, il renforce la symbiose de l'emballage avec son contenu. » Le plastique, lui, léger, malléable, réputé incassable, a investi quasiment tous les segments, jusqu'aux conserves et au camembert. « Mais le verre s'améliore constamment, souligne le verrier : nous travaillons toujours à son allégement, nous optimisons les formes et rayons des pots pour renforcer sa résistance aux chocs et à la pression, et les techniques de décoration progressent pour faire varier la transparence. » Le groupe pourrait proposer bientôt des formes carrément surprenantes.

Cependant, les polymères ne sont pas en reste. « L'ère des emballages en plastique d'une transparence proche de celle du cristal s'ouvre, estime Jens Bornstein, directeur général de Faerch Plast. En témoigne la montée en puissance de matériaux comme le polyéthylène téréphtalate amorphe (APET) et le polypropylène (PP). Ainsi, nous développons le PP ultra-transparent en priorité pour le marché des plats préparés vapeur. »

La compétition entre les producteurs est exacerbée. « Le défi est de maintenir la transparence tout en apportant des fonctions supplémentaires comme la résistance mécanique, thermique et/ou chimique (aux graisses, huiles, alcools...), la barrière aux gaz ou à l'humidité, expose Mauri Azagury, responsable développement packaging Europe chez DuPont Packaging and Industrial Polymers. » Les multicouches y répondent ? « La barrière Evoh peut avoir une légère incidence, avertit Antoine Cassel, directeur recherche et développement qualité de Wipak Gryspeert. C'est surtout la couche de scellage qui affecte la transparence. Plus le film est épais, moins il est transparent. »

Ultratransparence

 

Parmi les lancements récents, on trouve un PP qui peut se substituer au polystyrène (PS) et au polyéthylène téréphtalate (PET) thermoformés dans les films et barquettes chez ExxonMobil, un polychlorure de vinyle (PVC) chloré dans la gamme Lucalor d'Arkema pour emballages stérilisables ou résistant au four, dont « la transparence a été le paramètre critique de développement », une nouvelle version ultratransparente du plastique styrène-butadiène Styrolux chez BASF, ou encore un PP métallocène, au trouble réduit à 3 %, pour couvercles thermoformés de pots et barquettes chez Total Petrochemicals. Wipak a mis au point le film Superclear pour le thermoformage, fabriqué selon un procédé basé sur le refroidissement « bulle », par l'eau. La préoccupation gagne aussi les biomatériaux. DuPont présente le polytriméthylène téréphtalate Biomax PTT, qui contient du Bio-PDO à base d'amidon de maïs, comme une alternative au PP, à la clarté exceptionnelle.

Mais si les propriétés des plastiques sont sans cesse améliorées, les additifs font souvent la différence. Milliken propose un nouvel agent clarifiant qui réduirait de 50 % l'opacité du PP. Pour l'acide polylactique (PLA), DuPont annonce le modifiant Biomax Strong tandis qu'Arkema a lancé l'agent de mise en oeuvre Biostrength 700. Tout n'est pourtant pas parfait : « de nombreux additifs antibuée peuvent affecter la scellabilité, en particulier pour les opercules pelables », signale Mauri Azagury, qui en profite pour promouvoir les résines Appeel, un revêtement antibuée pour barquettes, qui évite ces défauts. Ces avancées sont telles que Charal, qui a bâti son succès sur l'Hebdopack, un emballage opaque, vient d'opter pour des étiquettes transparentes sur du haché frais. « Les films actuels nous permettent de mettre en avant le produit, qui est la meilleure caution de la qualité », commente Alain Nouvellon, directeur innovation.

Et la lumière ? Les ultraviolets (UV) sont le plus grand ennemi des produits alimentaires. « De nombreux polymères sont transparents tout en fournissant une bonne barrière aux UV : PVC, PVDC, et certains polyamides comme le Selar PA, facilement complexable à d'autres polyamides pour améliorer ses propriétés optiques et barrières aux gaz et sa machinabilité », répond Mauri Azagury. Wipak a également élaboré des absorbeurs d'UV, à incorporer dans la couche de scellage en PE. De toute façon, « il y a la solution de la création de fenêtres par l'impression par zones », ajoute Antoine Cassel. Voie pour laquelle le transformateur allemand propose aussi le traitement Iriodin, qui permet d'obtenir brillance et opacité. Les emballages secondaires apportent également une réponse, à l'image des yaourts Taillefine. En l'espèce, Danone a voulu traduire dans les banderoles des pots la transparence évoquée dans un discours plus fonctionnel. « Mais cela sublime la fonction d'information et non celle de séduction, puisque ces pots sont cachés par un fourreau en carton, de sorte que, au moment de l'achat, ce n'est pas la transparence des pots qui attire le consommateur, analyse Vincent Ferry, responsable du développement packaging des produits laitiers chez Danone R & D France. Ce qui montre aussi que l'on peut innover tout en restant dans une technologie standard. »

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